jeudi 17 janvier 2019

La Vallée des Merveilles dans le Parc du Mercantour

Le Parc national du Mercantour est une région qui s’étend sur 68 500 hectares à l'extrême Sud-Est de la France, à la frontière italienne, et dont le point culminant, la Cime du Gélas, s'élève à 3 143 mètres d’altitude au Sud du massif. La diversité naturelle et géologique, très singulière, s'explique principalement par la proximité des montagnes avec la mer : au carrefour d'influences climatiques et altitudinales multiples, le Mercantour est constitué d’une mosaïque de milieux naturels dont la grande hétérogénéité se traduit par une richesse conséquente de la faune et de la flore. Une variabilité climatique qui peut, ceci étant dit, réduire drastiquement les opportunités de randonnées en bivouac à cause d'épisodes orageux pouvant s'avérer très fréquents.

Un périple de trois jours en fin d'été 2018 dans les vallées de la Vésubie (du nom de la rivière) et des Merveilles (du nom — assez peu humble en apparence — des gravures) permet de découvrir les beaux paysages des Alpes du Sud dans leur diversité, au travers des différents étages de végétations : étage montagnard (forêts mixtes de feuillus et résineux : 1000 à 1600 mètres), étage subalpin (forêts de résineux comme le mélèze, le sapin ou l'épicéa : 1600 à 2300 mètres) et étage alpin (pelouses, éboulis, rochers : 2300 à 3000 mètres). Au-delà de 3000 mètres, on parle d'étage nival. En altitude, on se retrouve vite isolés, comme coupés du monde, dans ce milieu préservé où la faune sauvage est reine, permettant d’observer de très nombreux chamois (plus ou moins timorés, sortant la tête des rochers çà et là), mais aussi des familles de bouquetins perchés sur les falaises et les traditionnelles marmottes affalées sur des cailloux en pleine bronzette ou au contraire à l'affût à l'entrée de leurs terriers. On croise aussi de nombreux troupeaux de chevaux et de vaches en estive (parfois gardés par des patous pour les protéger des loups a priori très présents dans toutes les Alpes). Cet itinéraire de randonnée est aussi rythmé par les nombreux lacs rencontrés tout au long des trois jours, offrant régulièrement de belles zones de bivouac paisibles, idéales pour profiter aux premières loges des magnifiques lumières de couchers et levers de soleil.

La randonnée se termine (en suivant le sens de notre boucle, cf. la carte plus bas) par la vallée des Merveilles : les merveilles en question sont d'ordre géologique, archéologique, floristique et faunistique. C’est un ancien glacier, il y a 20 000 ans, qui a creusé cette vallée et qui dans sa progression a dessiné les falaises, strié les roches, charrié d’énormes pierres et creusé des cuvettes, aboutissant ainsi à des paysages aux géométries étonnantes. On s'est demandé plus d'une fois comment tel rocher s'est retrouvé en équilibre à tel endroit et à une telle hauteur. Une partie du site est classée "monument historique" du fait de la présence de gravures rupestres datant de l’âge du bronze (de 3000 à 1000 av. J.-C.) : taureaux, champs cultivés, poignards, bateaux… Vous aurez peut-être la chance, en été, de croiser des animateurs du parc pour vous aider à décrypter ces dessins gravés dans la roche et pour partager quelques anecdotes rigolotes (un article à ce sujet : lien). De quoi relativiser la notion de tags et de graffitis, voire même de vandalisme : on peut par exemple trouver, côte à côte sur une même roche, une figure de l’âge du bronze, une gravure du moyen âge et le texte d’un berger du 20ème siècle. Mieux : on peut lire sur ces roches au pied du Mont Bégo l'inscription en latin, datant du 1er siècle, "hoc qui scripsit patri mei filium pedicavit" ("celui qui a écrit cela a sodomisé le fils de mon père"). Humour cryptique des temps anciens...

N.B. : en plus des options de logement déjà bien référencées dans le coin, on peut recommander le très chaleureux gîte Belvédère (quartier Condamines), discret et en pleine nature.

Émilie et Renaud.

N'hésitez pas à cliquer sur les images pour les afficher en plein écran.

INFORMATIONS DIVERSES

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Le tracé en 3D de la randonnée : jour 1 en rouge, jour 2 en bleu, jour 3 en vert.

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Distance et dénivelé des trois jours de randonnée : 12 km de long pour 1700 / 1050 mètres cumulés en positif / négatif (jour 1), 11 km de long pour 1000 / 900 mètres cumulés en positif / négatif (jour 2), et 16 km de long pour 950 / 1700 mètres cumulés en positif / négatif (jour 3).

JOUR 1

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Départ de la randonnée dans les étages montagnards, avec vue (au dernier plan) sur la Cime du Gélas.

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Les petites particularités de la montée depuis la vallée de St Gras : de jolies fleurs, des créations artistiques originales, et les marmottes aux aguets.

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Premiers points de vue en hauteur, première pause bien méritée face aux massifs montagneux.

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Des reflets de cols.

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D'autres chaînes de montagnes, vue sur la Baisse des cinq Lacs, et un aperçu du hameau de la Madone de Fenestre (autre point d'entrée pour accéder à la Vallée des Merveilles).

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Même les fientes d'oiseaux sont belles ici... Et les stridulations des criquets et sauterelles sont omniprésentes.

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Les étages subalpins se suivent et ne se ressemblent pas, toujours aussi imposants. Dans les parties alpines, la rocaille règne.

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Première vraie difficulté : randonner dans la grisaille, dans le froid et dans la roche. Et avec du dénivelé. Mais l'espace de quelques instants, on peut contempler les sommets des alentours qui percent à travers la brume : largement de quoi oublier les conditions défavorables.

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Des chamois en veux-tu en voilà. De dos, de face, de profil, dans les fleurs ou dans les rochers. Petite préférence pour ceux qui nous regardent tranquillement, perchés bien au-dessus de nous, curieux et en sécurité, avec presque uniquement les cornes et les oreilles qui dépassent.

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Dernier morceau avant la fin de la journée, prévue sur un plateau herbeux au-dessus du Refuge de Nice.

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Derniers rayons de soleil sur les plus hauts sommets avant qu'il ne se couche. Bivouac au calme, promesse d'une bonne nuit de repos... mais c'était sans compter sur une horde de chevaux affamés venus brouter l'herbe autour de la tente pendant toute la nuit. Précision importante : des chevaux munis de cloches autour du cou pour certains. Avec de nombreuses tentatives pour les éloigner (des cris, des lumières, et au final, le plus efficace, le bruit de la toile de tente qu'on remue !), la nuit ne fut pas de tout repos. Maigre compensation : une photo de la lune.

JOUR 2

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Randonnée matinale dans les cailloux, surtout. Quelques centaines de mètres de dénivelé positif pour se réveiller. Et quelques petits lacs gelés (au sens où l'on n'a pas vraiment envie d'y mettre un doigt de pied) magnifiques, aux teintes turquoises et ferrugineuses.

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Des chamois, encore et toujours... mais aussi des bouquetins ! À noter la ressemblance entre les bouquetins femelles (photo n°4), avec leurs petites cornes, et les chamois mâles (photo n°2). On peut se tromper au début. Aucune confusion possible avec les bouquetins mâles, par contre : la taille de leurs cornes impose le respect. N.B. : un chamois s'est glissé dans la dernière photo.

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Passage de l'autre côté du col, accès à une nouvelle vallée. Rocaille matin, midi et soir.

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Premières vues sur le Lac du Basto. Spot de baignade idéal, mais on hésite... Ahglagla. Finalement, ce sera un spot de pique-nique.

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Quelques fleurs, tout de même.

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Et enfin l'arrivée aux lacs noir et vert (attention, vue du ciel, le lac noir est vert et le lac vert est noir). Petite pause bière & goûter au Refuge de Valmasque, avant de bivouaquer dans le plus grand calme. On se souvient encore de la baignade dans le lac tant l'eau était... pas très chaude, disons.

JOUR 3

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Mise en jambe du matin : ascension pour atteindre le premier col de la journée, avec une belle vue sur la fameuse (et presque merveilleuse) Vallée des Merveilles.

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Voilà à quoi ressemblent les gravures, et voilà pourquoi les bâtons de marche et autres crampons agressifs sont interdits dans la vallée. Des histoires de champs, de bétail, de flèches et de couteaux. Et des blagues graveleuses en latin vieilles de 2000 ans.

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C'est l'heure du casse-croûte et de la sieste, au bord du Lac Fourca, non loin du Lac Long Supérieur.

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Dernier passage de col de la journée et du circuit. La vallée tout en bas est celle par laquelle on est arrivés il y a trois jours.

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Bien sûr, les chamois ne nous ont pas lâchés d'une semelle. Adiós, amigos !

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Retour à la case départ. Tout ça pour ça ? Eh oui. L'estomac prêt à être rassasié, les jambes perfusées d'acide lactique, et surtout des étoiles plein les yeux.

mercredi 16 janvier 2019

Everything Goes Wrong, de Constant Mongrel (2012)

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Post-Punk australien flirtant aux limites avec le Garage, avec un savoir-faire évident en matière d'atmosphères. Il suffit d'écouter le morceau "Felony Fights" et son ambiance poisseuse, sa guitare sale et distordue, son saxophone qui s'intègre à merveille (un peu comme il le faisait chez  […]

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Ga, Ga – Gloire aux héros, de Piotr Szulkin (1986)

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La dystopie polonaise, de "O-bi, O-ba" à "Ga, Ga" Ga, Ga – Gloire aux héros présente un lien direct avec O-bi, O-ba – La Fin de la civilisation, sorti l'année précédente, au sein d'une série de films de science-fiction dystopiques assez peu joviaux réalisés par le polonais Piotr  […]

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mardi 15 janvier 2019

La Fiancée du pirate, de Nelly Kaplan (1969)

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Déflagration anarchiste et libération sexuelle de la femme dans la France pompidolienne Une bien curieuse décharge électrique et anarchiste dans la grisaille de la France pompidolienne : La Fiancée du pirate est une expérience très particulière, principalement parce que Nelly Kaplan entretient un  […]

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lundi 14 janvier 2019

O-bi, O-ba – La Fin de la civilisation, de Piotr Szulkin (1985)

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Emprise soviétique et mirage de l'Occident O-bi, O-ba, à travers la peinture dystopique d'une micro-société sur le déclin suite à une guerre nucléaire, contient une double démonstration tout à fait surprenante. Avec un budget qu'on n'a aucun mal à deviner très limité, produit dans un pays du bloc  […]

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First Friday, de First Friday (1970)

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First Friday est un très agréable mélange de plusieurs sonorités, à la frontière entre Blues Rock et Prog Rock (à des doses suffisamment raisonnables : les solos de guitares ne bouffent pas tout l'espace) avec quelques notes de Psyché et de Jazz par-ci par-là. Le groupe américain originaire d'une  […]

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dimanche 13 janvier 2019

Khroustaliov, ma voiture !, d'Alexeï Guerman (1999)

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Chaos, confusion et cauchemar au cœur du complot des blouses blanches Sans l'ombre d'une hésitation, voilà un grand film de grand malade. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la découverte du monde selon Alexeï Guerman ne s'est pas faite en douceur, dans la joie et la bonne humeur... 2h20 dans  […]

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samedi 12 janvier 2019

Honneur et gloire, de Hynek Bočan (1969)

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Les plaies ouvertes de la guerre de Trente Ans Impossible de ne pas associer le film de Hynek Bočan au beaucoup plus célèbre Marketa Lazarová de František Vláčil, sorti en 1967, tant la proximité thématique est évidente. Même si le budget était vraisemblablement moins conséquent, et même si  […]

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jeudi 10 janvier 2019

Real Life, d'Albert Brooks (1979)

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La (critique de la) téléréalité avant l'heure Real Life n'est sans doute pas le premier film satirique à critiquer les dérives de la télé, mais dans le registre de la comédie déboulonnant la téléréalité avant l'heure, il pourrait bien faire office de jalon temporel. Albert Brooks, devant et  […]

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mercredi 09 janvier 2019

Threads, de Mick Jackson (1984)

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"The connections that make society strong also make it vulnerable." Threads forme avec The War Game ("La Bombe" en VF) de Peter Watkins un diptyque à 20 ans d'intervalle sur le thème de la menace nucléaire, avec deux approches radicalement différentes, mais qui trouvent un écho  […]

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