lundi 29 octobre 2018

Fudge Sandwich, de Ty Segall (2018)

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Un album de reprises de la part de Ty Segall, ce n'est pas vraiment la chose à laquelle on s'attend le plus de la part de quelqu'un qui s'est autant attaché à explorer les horizons du Garage expérimental ces dernières années — quitte à s'y perdre un peu, trop à mon goût. Et pourtant, surprise, non seulement ce Fudge Sandwich me paraît supérieur au "vrai" 'album sorti en tout début d'année (Freedom's Goblin, aux côtés de 4 autres albums sortis en collaboration avec d'autres artiste cette année, un vrai stakhanoviste), mais ces reprises font en outre la lumière sur certaines inspirations de Segall et permettent de mieux comprendre son parcours. Bien plus intéressant que ce qu'on pourrait penser de prime abord.

Ty Segall reprend entre autres The Spencer Davis Group, John Lennon, Funkadelic, Neil Young, et Grateful Dead. Sur chacun des 11 morceaux, il y injecte son style propre et le résultat est souvent très probant, à quelques exceptions près (surtout dans la fin de l'album, avec la berceuse acoustique un peu chiante Pretty Miss Titty et un final pas super inspiré dans Slowboat). Pour le reste de l'album, il y a à la fois le cœur du morceau original allié à une touche de Garage personnalisée, combinés au sein du même objet. J'aime beaucoup comment il parvient à transformer certaines rythmiques et certaines mélodies avec une assez grande variété de styles. Seul le fuzz est un peu trop omniprésent, peut-être, mais ce serait le seul vrai reproche. Que ce soit le côté menaçant de Low Rider, la guitare poussant la distorsion qui remplace l'orgue sur I'm a Man, le respect qui transpire de Isolation (j'avais sous-estimé l'influence des Beatles sur sa musique en général), le délire légèrement Psych sur Hit It And Quit It, ou les plus classiques The Loner et Rotten To The Core à l'échelle de sa propre musique : c'est un vrai régal.

Un extrait, avec Rotten to the Core :

Et aussi I'm a Man ou The Loner.

mardi 23 octobre 2018

Le Démon des armes, de Joseph H. Lewis (1950)

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"It's just that some guys are born smart about women and some guys are born dumb. You were born dumb."

Le Démon des armes se situe sans doute plus du côté de la curiosité à être découverte par les cinéphiles amateurs du film noir que du côté du film à voir dans l'absolu, pour ses qualités intrinsèques. Dans la perspective de la première option, si l'on considère le fait qu'il fut produit sous le Code Hays et en plein maccarthysme, et si l'on se focalise sur l'originalité manifeste dont il fait preuve en 1950, comme un avant-goût de Bonnie and Clyde qui sortira tout de même 17 ans plus tard, il vaut assurément le détour.

Il est souvent difficile de situer avec précision la frontière entre un film de série B et un film que l'on qualifierait de "normal", mais quelle que soit la catégorie la plus convenable dans le cas présent, Joseph H. Lewis a su utiliser son budget à bon escient pour bien dissimuler les coutures. Cela se sent principalement dans la configuration de certains décors, mais les très bonnes idées de mise en scène sont très fréquentes au sein du film. La créativité qui naît de la contrainte, encore une fois... La caméra posée à l'arrière d'un véhicule pendant une longue scène de pré-braquage, ce final onirique dans un marécage brumeux (dont l'ambiance nous sort énergiquement du cadre du cinéma américain de cette époque), ou encore les nombreux sous-entendus induits par la censure alors à l'œuvre aux États-Unis (Bart astiquant son révolver quand Laurie sort de la douche et enfile des collants...) : les fulgurances ne manquent pas en moins d'une heure et demie.

De par son sujet et son traitement, Gun Crazy s'écarte cependant assez vite des sentiers battus du film noir. Les nombreuses idées de mise en scène presque baroques et le regard concentré sur cette romance un peu détraquée, à travers une relation aux armes à feu vaguement fétichiste qui trouve son origine dans l'enfance, donnent au film une couleur singulière, presque anticonformiste. On peut noter quelques faiblesses, notamment dans l'association à la dialectique un peu forcée entre l'homme fragile et bon, fondamentalement incapable de tuer, et la femme vénale, obsédée par l'argent et la transgression. Ce n'est pas ici le ressort classique de la femme fatale, sophistiquée, celle qui fait chavirer les cœurs, mais plutôt celle qui sert de contrepoids narratif, dans la construction purement mécanique de son personnage, pour que la balance morale penche de temps en temps du mauvais côté et insuffle ainsi du rythme à l'ensemble.

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lundi 22 octobre 2018

Knightriders, de George A. Romero (1981)

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Les chevaliers motorisés de la table ronde

Victime de la représentation que l'on peut communément se faire de l'œuvre de Romero, c'est-à-dire une collection plus ou moins fleurie et bigarrée de films de zombies, Knightriders peut susciter une surprise conséquente. Et même au-delà, indépendamment de cette perspective-là, il est tout de même question d'un ovni cinématographique dans lequel l'Amérique du début des 80s nourrit une version motorisée du mythe des chevaliers de la table ronde. L'appartenance à un groupe digne de celui qui entourait le roi Arthur est claire dans ses références, mais sa transposition peut dans un premier temps dérouter, et ce sévèrement : il s'agit d'une communauté de marginaux itinérants, très bien organisés, qui se donnent en spectacle à l'occasion de joutes médiévales... à moto.

Knightriders date de 1981 et pourtant on jurerait qu'il s'agit d'un pur produit de la contre culture des années 70. Encore une dimension déroutante, dans ce décalage de contexte de production, qui s'ajoute à celle liée au contenu purement thématique alliant Moyen Âge et motocross.

La première scène joue énormément sur l'incertitude (renforcée par la représentation que l'on peut avoir d'un film des années 80 d'une part, et d'autre part de la partie émergée de la filmographie de Romero). Ed Harris est présenté comme un roi baignant dans l'eau d'un lac, dans un décor bucolique, avec sa Guenièvre l'aidant à revêtir son armure avant de monter sur son destrier. Une moto. La scène bénéficie d'une atmosphère magique, et ce qui s'apparente à un gag en clôture (l'apparition du destrier motorisé) enfonce encore davantage le clou du ton déroutant.

Aucun trace de fantastique ici, et presque aucune place à la violence. Tout tourne autour de cette communauté aux mœurs inhabituelles, avec un postulat de base (les chevaliers de la table ronde dans le décor d'Easy Rider, grosso modo) pouvant être difficile à accepter de prime abord. Romero s'engageant dans une déclaration d'amour à la réalisation d'une utopie de marginaux ajoute une pierre à cet édifice bizarre et déconcertant. Et pourtant, chose difficile à croire, la mélancolie qui se dégagera de leur mode de vie assorti de certaines contraintes est vraiment émouvante. On finit par y croire, au code d'honneur dont le roi Arthur du XXe siècle se porte garant et à cette micro-société hors du temps basée sur une forme d'idéalisme chevaleresque étonnante.

Il est d'ailleurs difficile de savoir s'ils sont sérieux, au début, tant on les sent prêts à mourir pour la cause qu'ils défendent. Le thème du compromis est cristallisé par le personnage de Tom Savini, lui qui goûtera au luxe de la société de consommation (déjà au cœur de Zombie sorti 3 ans plus tôt, par exemple) et qui en deviendra un parangon pitoyable (la séance de shooting photo, tout en cuir & fourrure, est d'un kitsch absolu et génial). La critique de l'autorité policière suit la même logique, même si elle est beaucoup plus évidente, bas du front, et un peu caricaturale. Face à cette évolution du monde saturé de vices, leur échappatoire semble relever de la nécessité.

Aussi improbable que cela puisse paraître, cette fable contestataire sur la difficulté à faire vivre des idéaux recèle une part de poésie aussi déstabilisante que le décorum constitué de chevaliers à motos.

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lundi 15 octobre 2018

Petit Dieter doit voler, Werner Herzog (1998)

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Trajectoires colinéaires et aspirations à l'élévation

Difficile de ne pas être bouleversé par le récit sidérant de Dieter Dengler, déroulé dans Petit Dieter doit voler sans émotion apparente devant la caméra de Werner Herzog, qui limite cette fois-ci la voix off au strict minimum. Cet aviateur américain d'origine allemande, pilote à la Navy pendant la guerre du Vietnam, fut prisonnier dans un camp au Laos pendant six mois avant de s'évader et d'être secouru. Après sa mort en 2001, Herzog reviendra sur cette histoire à travers la fiction en 2006, dans Rescue Dawn, prolongeant ainsi les segments de ce documentaire dans lesquels il fait rejouer à Dengler quelques épisodes de sa condition de prisonnier.

On n'est plus surpris, au terme de sa filmographie contenant déjà à l'époque un joli lot de pépites littéralement extraordinaires (de par leur sujet et de par le fil rouge continu que l'on peut suivre du début à la fin), par la capacité du réalisateur à trouver et raconter des histoires incroyables, et qui à ce titre paraissent presque relever de la fiction. Mais tout de même, quand Dengler raconte sans emphase comment son camarade Duane se fait décapiter à la machette alors qu'ils s'étaient évadés ensemble du camp laotien, il y a de quoi rester abasourdi, l'estomac noué.

Petit Dieter doit voler entre assez naturellement dans la grande famille des films de Herzog aux frontières du réel, dès lors qu'on apprend que nombre des éléments évoqués dans le film sont de pures inventions. Les rêves de Dengler, les tatouages, le tic monomaniaque de fermer et rouvrir les portes ("symbole de liberté quand on a passé six mois emprisonné"), etc. : tout ceci constitue un tissu d'inventions classique dans sa méthodologie cinématographique, un biais fictionnel à l'intérieur de la réalité nous permettant d'accéder au monde intérieur du personnage. De par leurs nombreux points communs (ils sont allemands, enfants de la Seconde Guerre mondiale, ils ont enchaîné les petits boulots pour concrétiser leur rêve adolescent, et partagent une passion pour l'élévation dans les airs), Herzog et Dengler sont deux personnages que l'on a spontanément envie de rapprocher et dont les carrières colinéaires, en partie, intriguent très fortement.

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lundi 08 octobre 2018

Phenomena, de Dario Argento (1985)

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Montagnes russes dans les montagnes suisses

Parcourir la filmographie de Dario Argento s'avère beaucoup plus intéressant que prévu, pour le meilleur comme pour le pire, tant l'expérience s'apparente à des montagnes russes en termes de sobriété (parfois) et de jusqu'au-boutisme (souvent), tant sur la forme que dans les thématiques explorées. Phenomena, c'est un peu l'autre bout sobre de son œuvre, avec Le Chat à neuf queues ou L'Oiseau au plumage de cristal, qui enserre une partie beaucoup plus folle et excessive (Suspiria, Inferno, Ténèbres) avec tous son potentiel de sidération mais aussi de maladresse. Cette histoire de jeune fille somnambule dotée d'un pouvoir de communication avec les insectes (rien que ça) reprend pas mal d'ingrédients constitutifs du cinéma d'Argento des années 80, mais avec une sauce légèrement différente et un sens de la mesure plus prononcé. Mais on peut affirmer, sans prendre trop de risques, que la suite de sa carrière contient un joli lot de pépites nullissimes : reste à identifier le point de bascule, au tournant du siècle.

On retrouve dans Phenomena, dans une certaine mesure, des éléments graphiques propres à Inferno ou Ténèbres, avec ces atmosphères furieuses à base d'éclairages colorés sans retenue. Cette configuration peut très bien fonctionner dans l'ostentation, et Suspiria en est sans doute le meilleur exemple, mais elle est utilisée ici de manière remarquablement sobre — la plupart du temps. Les séquences en extérieur jouent beaucoup sur le charme bucolique et le cadre magnifique des montagnes suisses, tandis qu'à l'intérieur de la maison, dans la portion finale, ce n'est qu'horreur et dégoût. Cette fosse aux cadavres a de quoi durablement marquer les esprits... L'horreur ultime, qu'un bain de minuit viendra laver, justement, au terme d'une séquence sous-marine aux couleurs forcées mais pas poussives. Comme dans un rêve, comme la conclusion d'un conte.

Mais la sobriété (qui même relative n'est pas une nécessité, encore une fois, et surtout pas chez Argento) n'est pas omniprésente pour autant. Le scénario est très souvent adepte des passages ridicules, à différents degrés. La relation de Jennifer Connelly avec les insectes, par exemple, est amenée de manière très étrange, à tel point qu'on ne sait pas vraiment si on doit prendre ça au sérieux ou en rire. Même chose pour l'histoire de la mouche sarcophage transformée en chien policier... Mais le pire est clairement atteint lorsque l'identité de l'assassin est dévoilée, de manière assez originale au demeurant, sans effet de manche. Dans cette dernière demi-heure, le film s'engouffre dans une spirale de grotesque sans fin. C'est tout bonnement incroyable.

C'est une manie chez Argento de se tirer plusieurs balles dans le pied et de gâcher un potentiel évident. La surenchère finale laisse un goût très amer alors que l'univers (visuel, notamment) qu'il était parvenu a composer était particulièrement envoûtant. La prise de risque n'est toutefois pas totalement inutile : Jennifer Connelly en ange vêtu de blanc au milieu de cette fange crasseuse sur fond d'Iron Maiden et Motörhead, ça ne s'oublie pas.

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lundi 01 octobre 2018

Amphetamine Ballads, de The Amazing Snakeheads (2014)

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Toute l'énergie noire d'un Punk sale concentrée dans une pépite de Garage écossais, tranchante comme une lame de rasoir. Des riffs empreints d'un Blues crade qui s'éternisent, lancinants, torturés, rejoints par des cuivres dans la seconde moitié de l'album. Une décharge de rage primitive, en prise directe avec les bas-fonds de Glasgow, que Dale Barclay avait trainé dans son autre groupe, And Yet It Moves, après la dissolution de The Amazing Snakeheads. Il est mort le 26 septembre des suites d'une tumeur au cerveau à 32 ans.

I've got a feeling in ma bones
Like no feeling I've had before
It's shaking me down
It's shaking me to my core
And I take it and I take it
And I take it and I take it
I take it where ever I go!

(I'm a Vampire : www.youtube.com/watch?v=dtfHzU0ai0Q)

I'm gonna take you dancing all night long
I'm a soulsucker, I'm here to suck your soul
I'm taking you places you never ever ever been before
I don't come alive 'till nighttime
Oh, they say I'm bad, I'm bad to the bone
But I know something that they don't know

(Nighttime : www.youtube.com/watch?v=usRx9I_u3NI)

I went walking in the woods one day
Thats where i go to play
You better pray that you dont meet me
I'll be swinging from a tree
Because thats where i go to play

(Swamp Song : www.youtube.com/watch?v=yOdSOdbtjuM)

Here It Comes Again : www.youtube.com/watch?v=m8ONa0WJtgw

Et la pépite de l'album, brûlante et acérée : Where is my Knife.

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vendredi 28 septembre 2018

Le Temps des forêts , de François-Xavier Drouet (2018)

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Essai binaire sur la gestion des forêts

On questionne très souvent la qualité des cultures liées à l'agro-alimentaire, en termes de productivité, d'intrants phytosanitaires, de biodiversité, de préservation des sols ou encore de gestion durable via l'agroforesterie, mais la question qualitative se pose très rarement dans le cadre de la gestion de la forêt. Un raccourci discursif consiste à considérer comme forêt n'importe quelle région boisée, de manière indifférenciée, qu'il s'agisse d'un coin de nature authentique ou d'une monoculture de conifères sélectionnés et plantés de façon à maximiser le rendement de la ressource en bois à destination des grandes surfaces de bricolage. À travers cette opposition binaire, dans une logique presque pédagogique, Le Temps des forêts prend le temps de poser le cadre d'un débat assez peu répandu mais très intéressant.

Même s'il ne s'agit pas d'un film à thèse, la dimension militante se fait parfois un peu sentir, au détour de certaines considérations manichéistes : il y aurait d'un côté la logique productiviste purement comptable ("on plante l'essence qui produit le plus, on élimine tous les autres végétaux, on attend quelques dizaines d'années, on coupe, et on recommence"), et de l'autre la gestion raisonnée et historique des forêts telle que l'ONF l'assurait pendant des décennies, jusqu'au début du 21ème siècle. La confrontation entre ces deux logiques est sans doute un état de fait aujourd'hui, mais il manque tout de même beaucoup d'informations, d'éléments de contexte et de témoignages pour se faire sa propre idée à ce sujet. Attendre le générique de fin pour citer les noms et fonctions des personnes interviewées n'est en outre pas une très bonne idée quand on désire savoir qui s'exprime et depuis quelle position. Mais le documentaire a quand même le mérite de souligner un problème de fond : derrière les chiffres flatteurs affichés par les institutions (les surfaces forestières françaises sont en augmentation), à la différence des problématiques de déforestation dans d'autres régions de la planète, il serait ici question de "mal-forestation".

La démarche de François-Xavier Drouet est tout de même très appréciable, en ces temps de délires anthropomorphiques sous acides et d'analogies douteuses comme peuvent l'exhiber des films tels que L'Intelligence des arbres, à grand renfort de "plante mère" qui éprouverait de "l'amour" pour ses "enfants" et autres "voisins". L'opposition entre la mécanisation lourde (avec des engins de chantier impressionnants) et l’abatage à l'ancienne (avec une tronçonneuse, qui était sans doute il y a quelque temps elle-même le symbole de la mécanisation de l'abatage à la hache ou au merlin) relève un peu de la confrontation binaire, mais il y a derrière cela une illustration de l'évolution de la gestion de la sylviculture qui fait largement écho aux différences de modèles de l'industrie agricole. Du Limousin aux Vosges en passant par la Montagne noire, entre épicéa, châtaigner, chêne ou pin Douglas, le constat semble s'uniformiser.

Le même caractère binaire se retrouve dans l'opposition entre le politique et le garde forestier, avec d'un côté celui qui prône la modernisation ou la logique industrielle, et de l'autre celui qui revendique la connaissance technique du terrain et de tous les à-côtés (biodiversité, captation du carbone, diminution de l'érosion, réserve d'eau, etc.) niés par une gestion comptable. On ne saurait lui donner tout à fait tort sur ce point-là, tant les discours politiques, par exemple sur ce sujet, confinent souvent à la caricature. Des discours qui cherchent à nous persuader, la main sur le cœur, que l’exploitation d’une ressource vivante telle que l’arbre peut se calquer sur celle d’un stock de PVC, et que s’y opposer équivaudrait à refuser le progrès, la modernité, et la marche du monde.

La problématique, en définitive, revient presque à une considération d'ordre sémantique : peut-on appeler une forêt une parcelle boisée dans laquelle seul les pins Douglas sont autorisés à pousser et où l'on n'entend aucun oiseau chanter ?

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