lundi 01 juillet 2019

Le Gouffre aux chimères, de Billy Wilder (1951)

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"We're all in the same boat! — I'm in the boat. You're in the water. Now let's see how you can swim."

Existe-t-il un autre réalisateur, toutes époques confondues, présentant des signes de bipolarité cinématographique aussi prononcés que ceux qui émanent de la filmographie de Billy Wilder ? D'un côté, les comédies sophistiquées : Some Like It Hot, The Major and the Minor (Uniformes et Jupon court), Kiss Me, Stupid, etc. De l'autre, les films noirs radicaux : Sunset Boulevard, Double Indemnity (Assurance sur la mort), etc. La dichotomie ne s'étend pas de manière exhaustive à l'ensemble de ses films, mais ces deux composantes restent suffisamment proéminentes pour en faire une œuvre très atypique. Ace in the Hole (Le Gouffre aux chimères) appartient en tous cas très nettement à la seconde catégorie, et nous embarque dans un voyage au Nouveau-Mexique aux côtés de Charles Tatum, un journaliste relativement étranger au concept de probité. Kirk Douglas, toujours aussi impressionnant de constance quel que soit le genre et l'époque, est au centre d'un portrait de la société du spectacle (longtemps avant que la dénomination ne soit formalisée) incroyablement visionnaire.

La description du personnage de Tatum est ébauchée en seulement quelques traits, mais ils sont largement suffisants : on apprend qu'il a été licencié de plusieurs journaux américains renommés en dépit de son grand talent (c'est ainsi qu'il se voit en tous cas), suite à diverses histoires d'alcool, de femme, et d'éthique. Son sourire semi-carnassier parle de lui-même, c'est un homme sûr de lui qui ne prend que très peu de risques — comme son patron, il porte d'ailleurs ceinture ET bretelles. C'est ainsi qu'il débarque dans un trou paumé des États-Unis, non loin de la frontière mexicaine, un coin où la chasse au crotale constitue la principale activité des habitants et la principale matière première du journal local. Heureusement pour lui, Léo, un mineur indien, aura la bonne idée de se retrouver coincé au fond d'une galerie effondrée : une occasion en or, car comme il le répètera, "Bad news sells best". Difficile de le contredire. C'est le carré d'as au fond du trou à l'origine du titre original, et les chimères au fond du gouffre dans sa traduction française. De ce fait divers a priori anodin et inoffensif, Tatum batira un empire médiatique monumental sur lequel il règnera sans partage. Au "We're all in the same boat!" que lui lancera un ancien confrère à son arrivée sur les lieux, il lui répondra un cinglant "I'm in the boat. You're in the water. Now let's see how you can swim."

Kirk Douglas s'en donne à cœur joie dans le rôle de ce journaliste mégalomane. Le Gouffre aux chimères détaille avec une précision presque sadique (on oublie régulièrement qu'un homme est en train de crever au fond d'un trou) comment Tatum manipule l'ensemble des intervenants locaux, de la femme de la victime (réplique ultime : "I don't go to church. Kneeling bags my nylons.") jusqu'au shérif, afin de s'arroger une exclusivité absolue sur l'événement. Il manipule les politiciens en les faisant entrer dans un cirque médiatique dont ils sauront tirer un grand profit (financier pour l'un, électoral pour l'autre) dans un joli concerto de magouilles, il flirte avec la femme du mineur (en lui assurant que l'accident aura des répercussions intéressantes sur son commerce) tout en fraternisant avec ce dernier lors de ses captations d'informations régulières. Toute la litanie de la presse à scandale est déjà là, avec la photo voyeuriste et sordide en première page ou encore les détails croustillants qui auront tôt fait d'intriguer les badauds passant par là avant de s'étendre à très grande échelle. La curiosité malsaine ne connaît aucune limite, et l'hypocrisie de Tatum atteindra des sommets de perfidie lorsqu'il persuadera les secours d'adopter la méthode de sauvetage la plus lente tout en assurant à Léo que tout est fait pour le sortir de son désespoir au plus vite.

Au milieu de cet océan d'obscénité et de cupidité agrémentées de corruption, quelques îlots satiriques subsistent : c'est notamment le cas de l'immense panneau situé à l'entrée du site de la grotte, affichant la mention "Free" au tout début de l'histoire avant de voir son tarif augmenter vers 25 cents, 50 cents et 1 dollar à mesure que la popularité de l'événement croît, pour in fine se transformer en une petite pancarte indiquant de manière ironique que l'argent récolté alimentera un fonds de soutien pour la mission de secours de Léo. Mais l'apogée de cette trajectoire fulgurante, au sens propre comme au sens figuré, c'est bien sûr lorsque Kirk Douglas, du haut de la montagne, s'adresse à la foule immense de curieux amassés par milliers devant la grotte de la bien-nommée "montagne des sept vautours". C'est en sa qualité de demi-dieu sur Terre qu'il leur annonce la fin tragique de l'histoire, avant que toute la populace ne s'éclipse en un clin d'œil, une fois la source tarie. La critique n'épargne donc pas le public : derrière l'audience, il y a bien des auditeurs, et si les médias arborent régulièrement leurs costumes d'abominables monstres, les vautours affluent en masse pour dépecer la charogne (https://www.youtube.com/watch?v=feNQK5hE5B4, âmes sensibles s'abstenir).

L'ultime partie du film prend une dimension un peu théâtrale en prolongeant le déchaînement de Tatum jusqu'à son anéantissement, entre un épuisement absolu et une blessure non-soignée, en s'effondrant aux pieds de son patron. La conséquence d'un revirement soudain, in extremis, à demi-rédempteur, comme s'il avait fini par contracter une petite part d'humanité au contact de Léo que son système ne tolérait pas. Wilder termine ainsi son pamphlet sur une note emphatique (et très peu empathique) quelque peu dommageable, même si elle n'entache en rien la parabole d'une cruauté et d'une noirceur implacables. La férocité de la charge et la lucidité du constat restent intactes près de 70 ans plus tard.

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vendredi 28 juin 2019

Heart Of The Congos, de The Congos (1977)

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Petite incursion du côté de The Congos, un groupe jamaïcain de Roots Reggae imprégné de Dub, avec Heart Of The Congos, un album issu des années 70 soignant étonnamment ses mélodies. Le morceau Congoman, hypnotisant :

À écouter aussi : Fisherman (lien youtube).

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jeudi 27 juin 2019

Le Mari de la femme à barbe, de Marco Ferreri (1964)

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Freak show simiesque

Lorsque arrive la séquence au cours de laquelle Annie Girardot, une femme à la pilosité déréglée (une conséquence de l'hypertrichose, un dérèglement hormonal dont "femme à barbe" paraît être un sacré euphémisme tant on est proche du pelage animal : le titre italien se traduit d'ailleurs "La Femme singe"), se produit sur scène dans un numéro de strip-tease très dérangeant mêlant érotisme sulfureux et exploitation de freaks, on se demande dans quel cerveau étrange a bien pu naître une telle idée de scénario. Mais l'essentiel est là : Ugo Tognazzi et Annie Girardot, dans les rôles respectifs d'Antonio et Maria, soit un petit escroc fourbe et vénal exploitant une pauvre femme anormalement velue qu'il trouva cachée au fond de la cuisine d'un couvent, forment un couple incroyable.

Marco Ferreri, dans une période infiniment plus sobre que celle de La Grande Bouffe, parvient à trouver une position d'équilibriste entre comédie et tragédie, les deux composantes se relançant et se répondant sans cesse. Il est beaucoup question d'exploitation humaine, puisque Antonio n'hésitera pas un instant à utiliser la particularité de Maria à dessein, au sein d'un triste spectacle forain qui pourrait rappeler le cirque de Freaks — dans une version beaucoup plus soft. Leur relation n'évoluera qu'au gré de l'aliénation de Maria et des compromissions successives. Elle, réticente dans un premier temps, se laissera séduire par cet homme qui posera pour la première fois un regard dénué d'horreur (il s'agit en réalité de cupidité), un signal qu'elle interprète comme de la gentillesse, chose qu'elle n'avait jamais ressentie auparavant. Lui ne reculera devant rien afin de maintenir opérationnelle son entreprise très lucrative : s'il faut coucher avec cette "femme singe" puis envisager un mariage pour la garder près de soi, ainsi soit-il. Sur le ton de la comédie, Ferreri brosse le portrait effrayant d'un homme avide et de son emprise sur sa créature. Il exploitera jusqu'à la fin l'amour que cette femme lui témoignera, et il ira jusqu'aux cabarets parisiens pour faire fructifier sa chose sur les conseils d'un impresario français, avant de reprendre les corps embaumés de sa femme et de sa propre progéniture, devenus pièces de musée, pour un ultime numéro d'exhibition.

La séduction comme moyen d'obtention du consentement : derrière la comédie, loin du mélodrame larmoyant, le message est d'une abominable cruauté.

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mercredi 26 juin 2019

Les Fiancés, de Ermanno Olmi (1963)

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Des réminiscences d'un relation passée à la flamboyance d'un amour ravivé

Le précédent film d'Ermanno Olmi, L'Emploi, ne le laissait pas présager car il utilisait le mutisme de son protagoniste à des fins humoristiques, en dépeignant un monde du travail complètement absurde au milieu duquel déambulait un jeune candide. Mais ce qui frappe dans Les Fiancés, c'est ce minimalisme absolu, tant dans le scénario que dans la mise en scène, et son incroyable pouvoir de suggestion. Rien ne passe par les canaux d'expression habituels, rien n'est exprimé de manière directe ou classique pendant les trois quarts du film. Il faudra attendre la toute fin pour goûter à une conclusion d'une puissance difficilement prévisible.

Tout le film est basé sur une narration étrange, ni linéaire, ni réaliste, ni chaotique, ni onirique. Olmi manipule tous ces ingrédients avec un soin tout particulier apporté à la subtilité de leurs effets. C'est la raison pour laquelle on ne comprend pas tout de suite l'objet de cette fête servie en guise d'introduction, avec un couple étonnamment distant, a priori plongé dans une incompréhension mutuelle. Quelques fragments de ce qui s'apparente à un passé proche surgit de manière épisodique, sous la forme de flashbacks portés par quelques brèves images, permettant de dresser les contours de la situation. L'homme est ouvrier dans le Nord de l'Italie, et pour une raison laissée floue, il a choisi d'abandonner sa femme et son père afin d'aller travailler au Sud pour une durée indéterminée, en Sicile. On ne voit pas d'autres raisons : un joli pécule et une qualification supérieure.

Sa découverte de l'Italie du Sud est captée dans une atmosphère très étonnante, mêlant confusion, incompréhension, léthargie et autres incertitudes. Une poésie triste s'installe, entre réalisme et impressionnisme. Il ne semble pas éprouver de grands regrets à l'égard de sa vie passée mais manifestement, quelque chose le ronge de l'intérieur. L'aridité de ce long moment est frappante, un passage tout en intériorisation et en retranchement, dans une absence quasi totale de dialogue et de musique. L'état d'esprit du personnage est dépeint très sporadiquement, avec quelques images mentales, l'enfermant toujours un peu plus dans une forme de tristesse, une bulle de mélancolie qui éclatera bien plus tard dans le film. Dans cette longue partie centrale, le déracinement est retranscrit sur un ton banal, désarçonnant. Et soudain, à la faveur d'une lettre de sa fiancée, le récit s'embrase. Le couple se reforme spontanément, à distance, renforcé par leur séparation. On passe des réminiscences d'un relation passée à la flamboyance d'un amour ravivé, au cœur d'un lyrisme épistolaire bouleversant.

Il m'a cueilli en seulement deux films, Olmi. Cette subtilité dans la pratique du minimalisme, soit comique soit dramatique, un pied dans le réalisme et l'autre dans l'impressionnisme... J'en redemande.

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dimanche 23 juin 2019

Les Étendues imaginaires, de Yeo Siew Hua (2018)

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Voyage halluciné au bout de la nuit

Pendant un petit moment, au début du film, on croit avoir une prise sur un scénario aux contours bien définis, en l'occurrence une enquête policière menée par un flic hagard sur la disparition d'un ouvrier sur son chantier. Peu à peu, quelques éléments mystérieux se glissent dans le champ. D'abord quelques scènes vaguement oniriques. Puis une scène rassemblant deux temporalités dans le même mouvement, avec dans le premier plan le flic dans son enquête en cours, et dans l'arrière plan, après une longue mise au point et un lent zoom avant, le personnage qu'il est censé rechercher : il s'agit donc d'un flashback, illustrant le moment où il s'est blessé, le début de ses pérégrinations. Suite à cela, Les Étendues imaginaires n'aura de cesse d'entretenir le doute sur la temporalité ou le niveau d'abstraction dans lequel on se situe.

Évidemment, avec un tel parti pris nous laissant très vite flotter dans un magma narratif flou et incertain, l'expérience est déroutante. Formellement, il n'y a pas grand chose à dire tant Yeo Siew Hua a soigné l'ambiance générale et en particulier celle qui règne dans la salle de jeux, avec tous ces ordinateurs, casques, souris et claviers arborant des lumières oscillantes à la limite de l'irréel. Ce lieu sera d'ailleurs le seul point commun entre les deux personnages principaux, l'enquêteur et l'ouvrier blessé, achevant de consacrer la dimension mixte du film, entre réalisme et onirisme. Même s'il n'est pas irréprochable sur bien des effets, on ne peut pas lui enlever ce côté envoûtant, pour peu qu'on se prête au jeu. Un peu comme chez Bi Gan, il faut parfois savoir lâcher prise et se laisser aller au gré du courant flou, se laisser flotter sur la toile d'un réseau scénaristique non-conventionnel.

On repère quelques excès un peu gênants essaimés par-ci par-là, peut-être la marque des premiers films, avec par exemple cette dernière scène un peu trop frontalement ouverte, comme un appel à l'imagerie de Mulholland Drive et tous ses questionnements identitaires. Mais Les Étendues imaginaires, d'une certaine façon, fait une proposition de cinéma hybride assez forte, comme un polar vaporeux au bord du cauchemar, le long d'un trip hallucinatoire. Quelques complications excessives, quelques ellipses en trop, et une certaine prise de risque qui fait défaut quand il s'agit de dépeindre l'envers du décor social au-delà du miracle économique singapourien, avec l'exploitation de ces ouvriers immigrés qui en constitue la face sombre. Importer du sable étranger pour gagner quelques mètres par an sur l'océan, comme une lutte acharnée et futile, comme des étendues imaginaires explorées au terme d'un voyage halluciné.

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vendredi 21 juin 2019

War Photographer, de Christian Frei (2001)

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"Horrors of war can only be exposed at close range."

La biographie partielle du photographe de guerre James Nachtwey proposée dans War Photographer pose des questions très intéressantes, dépassant largement le cadre de la seule photographie par temps de guerre. Quelle que soit la nature du conflit, quelle que soit l'origine de la misère, la problématique éthique émerge de manière aussi rapide que naturelle. La photo de Raymond Depardon prise par Gilles Caron (lire le billet), pendant la guerre civile au Biafra, exprimait parfaitement cette contradiction (apparente) entre impératif de témoignage et déontologie du regard. Comment font ces gens pour gérer les puissantes décharges d'émotions qui jalonnent leurs parcours, comment plonger au plus près de l'horreur sans endosser le rôle du charognard, comment concilier la nécessité de la documentation et le respect de l'intimité souvent exposée à nu dans ces situations ? Comme le pense Nachtwey, “tragic situations are not necessarily devoid of beauty.Christian Frei donne ici quelques éléments de réponse.

Si l'incongruité instinctive qui se dégage de ces scènes de guérilla ne me choque plus totalement, grâce à (ou à cause de) l'habitude de l'œil, celles où l'on voit un photographe occidental au milieu d'un chaos lointain, pointant son objectif en direction des victimes locales, me dérangent beaucoup plus. Certains dispositifs de mise en scène sont également difficiles à accepter. Deux tout particulièrement : d'une part, la présence de cette éternelle musique larmoyante, comme si le contenu des images ne se suffisait pas à lui seul pour transmettre la dureté et la douleur des situations, et d'autre part, la mini-caméra (à une époque où la GoPro n'existait pas) fixée sur l'appareil de Nachtwey qui nous fait suivre "en immersion" son quotidien sur le terrain de manière un peu trop intrusive. Ce dernier point entre en contradiction presque totale avec ce qui se dégage de son travail photographique. "If war is an attempt to negate humanity, then photography can be perceived as the opposite of war."

Mais pour le reste, le docu vise juste et fait le portrait d'un photographe discret et réservé, en détaillant avec pertinence ses motivations. Reporter pour l'agence Magnum pendant près de 15 ans, il a été de toutes les guerres, de tous les conflits de la fin du XXe siècle : Afghanistan, Bosnie-Herzégovine, Tchétchénie, Rwanda, Kosovo, Salvador, Irlande du Nord, Kurdistan, Somalie, Afrique du Sud, mais aussi de nombreux reportages aux confins du globe, par exemple en Indonésie au plus près des travailleurs des mines de souffre ou des exclus vivant entre deux chemins de fer. Ses tourments, sur le paradoxe de faire de l'art à partir de la détresse, sur l'exploitation de la misère des uns pour la prise de conscience des autres, sont exprimés avec une intelligibilité tout à fait honorable.

“The worst thing is to feel that as a photographer I am benefiting from someone else’s tragedy. This idea haunts me. It is something I have to reckon with every day because I know that if I ever allow genuine compassion to be overtaken by personal ambition I will have sold my soul. The stakes are simply too high for me to believe otherwise.”

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mercredi 19 juin 2019

In Between Tears, de Irma Thomas (1973)

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Irma Thomas est une de ces nombreuses pépites Soul perdues dans les limbes du temps, une chanteuse de La Nouvelle-Orléans qui n'a jamais trouvé la voie de la renommée. Pourtant, c'est une Soul très généreuse, parcourant les thématiques classiques du genre (les ruptures, la solitude, et toute la tristesse qui peut accompagner les relations amoureuses). Irma Thomas a une très belle voix, de celles qui procurent des frissons quand elle crie "don't you think someone should care?". Et derrière cette stature imposante, il y a une fragilité touchante.

Son premier album Wish Someone Would Care (1964) n'est pas dans son ensemble à la hauteur de sa chanson-titre servie sur un plateau d'argent en introduction, mais il reste parfaitement recommandable. In Between Tears, sorti en 1973, forme le point culminant d'une longue et dense discographie : un concentré de Soul qui remue fortement les tripes, en reprenant les meilleurs ingrédients des albums précédents pour en faire une nouvelle tambouille à haute teneur émotionnelle. Un album entièrement dédié aux romances contrariées, dans la peau de femmes trompées et de femmes qui trompent. C'est enflammé, passionné, avec un climax démentiel atteint sur le morceau "Coming From Behind / Wish Someone Would Care", qui commence par un long monologue presque dénué d'accompagnement musical et se termine sur une charge désespérée avec le retour des instruments et du groove (une reprise de "Wish Someone Would Care" déjà interprétée sur l'album éponyme). Pfiou.

D'autres morceaux à écouter : In Between Tears, Wish Someone Would Care, Baby Don't Look Down et Wait, Wait, Wait.

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