lundi 23 juillet 2012

La Terre vue de nuit depuis la Station spatiale internationale (ISS)

Parue il y a quelques jours, une nouvelle vidéo de l'ISS nous montre à quoi ressemble la Terre, la nuit, en accéléré et vue de l'espace (Gilles nous en parlait déjà il y a quelque temps : ici). Montée à partir de clichés rares — et apparemment retouchés par un certain Knate Myers — issus de la Station spatiale internationale, le résultat est tout simplement sidérant. On peinerait presque à en saisir la dimension réelle...

lundi 16 juillet 2012

Miss Bala, de Gerardo Naranjo (2012)

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Miss Bala est un film mexicain réalisé en 2011 par Gerardo Naranjo, mais sorti seulement en 2012 dans les salles françaises. Basé en partie sur des faits réels, Miss Bala (traduction libre : Miss Munition) suit le parcours hallucinant d'une innocente coupable, Laura Guerrero (Stephanie Sigman, actrice inconnue mais épatante), jeune femme de la banlieue de Tijuana venue participer à un concours de beauté, le « Miss Baja California », qui va très vite tourner à la catastrophe... Suite à une fusillade, elle va se retrouver kidnappée par un cartel de la drogue, obligée de rendre des services en échange d'une liberté plus qu'hypothétique. Prise au piège d'un engrenage infernal, Laura nous entraîne avec elle dans ce drame haletant au dynamisme exceptionnel.

Pris en otage, le Mexique l'est aussi en quelque sorte, depuis de nombreuses années, et le Monde diplomatique de ce mois-ci (c'est ici) nous le rappelle encore. Gerardo Naranjo a eu l'idée de faire du kidnapping une métaphore de son pays, prisonnier de la violence, acculé entre les narcotrafiquants et la police, les deux camps se livrant une guerre sanglante. Tous les malchanceux comme Laura, qui passent au mauvais moment, au mauvais endroit, se retrouvent à la merci du crime, de la corruption ou de la répression. Sauver sa peau, à n'importe quel prix, voilà où on en est au Mexique, en 2012.

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Mais l'identité des narcotrafiquants reste floue, insaisissable — y compris celle du chef, interprété par Noe Hernandez, sorte de Charles Bronson hispanique dont la voix chuchotante, presque douce, a quelque chose d'inquiétant. L'héroïne, prise entre deux feux, est à la fois victime et coupable : seule, elle assure une mission en voyageant en jet jusqu'à la frontière, à San Diego, le buste sanglé par l'argent de la drogue. Le cinéaste ne la quitte jamais des yeux, elle est l'élément central (peut-être trop) du film. Grâce à une mise en scène soignée privilégiant les plans-séquences forts en adrénaline, il réalise un très bon film, sur une voie médiane entre la chronique sociale et la description d'un pays ravagé par la violence et la corruption. Et nous rappelle, au passage, que ce trafic génère 25 milliards de dollars par an, rien qu'au Mexique.

jeudi 05 juillet 2012

Le Monde diplomatique - Juin 2012

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En Chine, la vie selon Apple
Les villes-ateliers de Foxconn
Jordan Pouille (journaliste, Pékin)

Le géant taïwanais Foxconn, premier fournisseur mondial d'électronique et premier employeur privé en Chine, est désormais à l'étroit dans son bunker géant de Shenzhen Longhua, près de Hong Kong, sur la côte Est du continent asiatique. Jordan Pouille, journaliste à Beijing (Pékin) pour le Diplo, nous entraîne dans un voyage au cœur du Guangdong et du Sichuan, lieux emblématiques du renouveau industriel de la multinationale.

D'une usine à l'autre, d'iPod en MacBook, d'atelier d'assemblage en local de laminage, les produits « made in Apple » trouvent tous leur origine dans ces salles mal ventilées et bruyantes, où la chaleur suffocante et la poussière d'aluminium rythment les journées de millions d'ouvriers chinois. C'est ici, à Longhua, que le fondateur taïwanais de Foxconn, M. Terry Tai-ming Gou, a construit sa première usine chinoise en 1988. Engoncés dans un bunker de trois kilomètres carrés cerné par des dortoirs, trois cent cinquante mille personnes fabriquent jour et nuit les imprimantes HP, les ordinateurs Dell et Acer, les liseuses Kindle d'Amazon, la Playstation de Sony et, bien sûr, tous les produits de la gamme Apple qu'on s'arrache et qu'on consomme frénétiquement à l'autre bout du monde. Face à l'insatiable demande mondiale suscitée par ces derniers, Foxconn a même construit deux usines supplémentaires, l'une entièrement dédiée à l'iPad, dans le Sichuan, et l'autre à l'iPhone, dans le Henan. Chacune emploie environ deux cent mille ouvriers, entassés dans des milliers de chambres – filles et garçons séparés – appartenant à de riches propriétaires locaux. Dormez, braves gens, la pénurie d'objets aussi indispensables à notre quotidien n'est décidément pas pour demain.

« C'est vrai qu'on s'ennuie un peu ici, l'air est pollué, les rues sont sales, il n'y a pas de place pour cultiver son potager et on se sent un peu surveillé avec tous ces gardiens » ose toutefois Mme Jiang, 63 ans, récemment convertie à la vie citadine après avoir laissé derrière elle sa campagne natale. Il faut dire que lorsqu'ils arrivent avec leur baluchon devant l'imposant centre de recrutement, les jeunes migrants découvrent des slogans d'accueil tous plus mirifiques les uns que les autres : « Réaliser ses rêves », « Faire fortune »... tout en précisant, pragmatiques, qu'« il ne faut ni diplôme ni argent pour rejoindre l'entreprise. »

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La photo ci-dessus, prise par Wang Lei en 2010 à Shengzhen, montre un ouvrier de Foxconn fixant une enseigne qui indique « Prenez soin de votre vie. » Quel doux paradoxe...

Dans cet environnement ultra-calibré, des bus relient les ateliers A, B et C aux dortoirs 1, 2 et 3. C'est ce même paysage que l'on achève de façonner dans la banlieue de Chongqing, où Foxconn déménage une partie de son atelier d'imprimantes HP. La production démarre à peine mais, déjà, les bus universitaires ramènent leurs flots d'étudiants réquisitionnés pour un stage obligatoire en usine. Ils rejoindront sans doute, d'ici quelques années, ces dix mille ouvriers qui dorment tous dans les mêmes chambres, avec huit lits numérotés et huit tabourets. D'ores et déjà, ils savent que leur travail sera identique : ils assembleront chacun six cent imprimantes par jour, en espérant que le salaire suivra. Longue vie à Apple...


Des clubs de football égaux, mais pas trop
Entre idéal sportif et loi du plus fort
David Garcia (journaliste)

Article fort intéressant sur la situation des grands clubs de foot à travers le monde, où l'on apprend que le surendettement est la norme dans ces milieux qui sacralisent l'argent. Malgré le rappel à l'ordre récent signifié par l'UEFA (union des associations européennes de football), le « fair-play financier » prôné par Michel Platini, fraîchement réélu à sa présidence, ne semble pas inquiéter l'élite des clubs du continent européen... Aussi, pour se consoler, on peut toujours regarder le match Allemagne - Grèce revisité par les Monty Python, dans un registre philosophico-sportif d'une autre dimension...


À écouter du lundi au vendredi entre 15 et 16 heures : Là-bas si j'y suis, l'émission de Daniel Mermet sur France Inter, consacrée au Diplo une fois par mois. Celle de juin est accessible sur http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2487.

mercredi 04 juillet 2012

J'ai un doute...

Si vous en avez assez des sites d'informations conventionnels, J'ai un doute.com est fait pour vous.

jai_un_doute.pngTrès rigoureux sur le fond comme sur la forme, il s'agit d'un condensé d'informations mêlant vidéos personnelles et documentaires de qualité, au service d'une information simple et précise. Le but est clairement de souligner la désinformation environnante, sur des sujets parfois difficilement abordables mais pourtant essentiels.
Les articles sont regroupés par grands thèmes, comme Environnement, Politique, Économie, Santé, Médias, Sciences, Histoire... Chaque vidéo bénéficie d'un montage particulièrement soigné qui rend le contenu encore plus percutant. Enfin, le site est participatif : à tout moment, on peut apporter sa pierre à l'édifice en communiquant les éléments nécessaires à la confirmation ou l'infirmation d'une information donnée.

Dernier exemple en date, les événements récents en Libye.

Merci Robin, voilà un élément de plus dans mes raccourcis Firefox...

dimanche 01 juillet 2012

À l'ombre de la République, de Stéphane Mercurio (2012)

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À l'ombre de la République est un film documentaire réalisé par Stéphane Mercurio en 2012. La fille de – la femme de – Siné, qui a déjà tourné deux longs-métrages (À côté en 2008, sur les familles des détenus et Mourir ? Plutôt crever ! en 2010, hommage au dessinateur rebelle qu'elle a pour beau-père), nous propose de nous attarder sur des notions telles que l'enfermement, l'isolement, la durée des peines et l'humiliation ordinaire en milieu carcéral.

Pour la première fois, et après trois ans d'existence seulement, le Contrôle Général des Lieux de Privation de Liberté (CGLPL), présidé par Jean-Marie Delarue, a accepté qu'une équipe de tournage le suive dans son travail minutieux et essentiel de contrôle des droits fondamentaux dans les prisons, les hôpitaux psychiatriques ou encore les commissariats. À tout moment, sur l'ensemble du territoire français, les contrôleurs du CGLPL peuvent se rendre derrière les murs de leur choix. À toute heure, et pour la durée qu'ils jugent nécessaire.
C'est en immersion totale, caméra à l'épaule, qu'on suit une dizaine de ces contrôleurs qui « visitent » des lieux assez variés, de la maison d'arrêt de femmes de Versailles à la prison flambant neuve de Bourg-en-Bresse, en passant par l'hôpital psychiatrique d'Évreux en manque flagrant de moyens ou la centrale de l'île de Ré et ses condamnés à la perpétuité. Pendant quelques semaines d'immersion à leurs côtés, au cœur des quartiers disciplinaires, dans les cours de promenade des prisons ou dans le secret des chambres d'isolement, un voile semble se lever sur l'enfermement et la réalité des droits fondamentaux à l'intérieur de ces lieux interdits.

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Qu'y a-t-il de commun à tous ces lieux ? Comment faire respecter les droits des détenus, des malades mentaux ? Qu'est-ce donc qu'être enfermé en 2012 (ou plutôt 2010, année de tournage) ? Alors que le public préfère les criminels à l'ombre et les fous interdits de cité, là où ils ne nous gêneront pas, Stéphane Mercurio s'est aventurée dans ces lieux qui nourrissent le fantasme. Même si la réalité est parfois plus banale qu'on ne l'imagine, on se rend compte que l'horreur de l'incarcération se joue souvent sur d'infimes petites choses qui transforment le quotidien en cauchemar plus rapidement qu'on ne le croie. Le téléphone, auquel on n'a pas accès, l'éloignement de la famille qui délite les liens, la peur de la promenade où tout peut arriver...
Le contrôle effectué par le CGLPL mesure ce genre de détails. Il mesure aussi les conséquences du temps passé à ne rien faire qui fatigue, humilie et détruit. Stéphane Mercurio adopte un point de vue qui en dérangera certains : à l'instar du CGLPL, elle ne se préoccupe absolument pas des raisons de la détention de ses protagonistes. Ce n'est tout simplement pas l'objet du film, ce genre d'informations étant largement surreprésenté dans l'espace médiatique que nous connaissons. De très bons films abordent le sujet, avec des variations sur le même thème, parmi lesquels on peut citer les très bons Orange Mécanique (1973) de Stanley Kubrick, Midnight Express (1978) d'Alan Parker, Au Nom du Père  (1993) de Jim Sheridan, Un Prophète (2008) de Jacques Audiard, et Hunger (2008) de Steve McQueen.

En définitive, À l'ombre de la République adopte l'approche du constat, de l'observation neutre comme point de départ de nos réflexions personnelles et surtout multiples. On peut regretter le traitement parfois superficiel de thèmes essentiels, mais peut-être est-ce la volonté de la réalisatrice de se cantonner au côté factuel de l'observation (point corroboré par Stéphane Mercurio herself lors du débat organisé fin mai par le cinéma Le Cratère de Toulouse à l'issue de la projection). Quoi qu'il en soit, le film propose une vision tout à fait inédite du milieu, dans une ambiance étrangement intimiste. Certains témoignages, d'une troublante lucidité, ne vous laisseront pas indemnes. Chose étonnante, la quasi-totalité des détenus témoignent à visage découvert, donnant au film un caractère sincère, respectueux et profondément humain. Seul bémol : symbole d’une détresse plus grande encore, les centres de rétention brillent par leur absence à l'écran. Le générique de fin précise que le ministère de l’Intérieur s’est opposé à la présence de la cinéaste avec le CGLPL dans les centres de rétention...

mardi 12 juin 2012

Oslo, 31 août, de Joachim Trier (2011)

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Oslo, 31 août est un film de Joachim Trier sorti le 31 août 2011 en Norvège. Il s'agit d'une adaptation libre du roman de Pierre Drieu La Rochelle, Le Feu Follet, publié en 1931, et qui avait déjà été porté à l'écran en 1963 par Louis Malle.

Anders (interprété par Anders Danielsen Lie, parfait dans ce rôle écrit pour lui) en est au dernier jour de sa cure de désintox. De retour à Oslo, il va – essayer de – se replonger dans son passé, non pas par nostalgie mais plutôt par perplexité, par incompréhension, par inadaptation à un monde qui n'a désormais plus vraiment de sens pour lui. Revoir des proches, reprendre contact avec un amour de jeunesse, retourner dans ces soirées qui faisaient son quotidien quelques années auparavant... Vingt-quatre heures durant, il va essayer de se raccrocher à la vie, ou du moins d'en trouver les raisons suffisantes, dans une démarche proprement existentialiste qui brille par sa rigueur. Qui peut comme Anders se prévaloir d'une telle adéquation entre ses valeurs et ses actes ?

Voilà un film d'une beauté foudroyante et d'une lucidité perçante qui, au lieu de nous divertir aimablement comme tant d'autres, semble nous demander pourquoi on vit, nous rappeler pourquoi on meurt. L'effet de sidération commence dès le prologue, série de vues de la capitale norvégienne, étrangement déserte, sur fond de voix intérieures et de souvenirs divers, comme ces « marches interminables vers des fêtes bizarres auxquelles on ne savait jamais si on était vraiment invités ou pas... »

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La question du suicide hante le film. Anders, héros au bord du vide, sillonne les rues de la ville à la recherche d'une raison de garder sa place parmi les vivants. C'est en quelque sorte une journée probatoire, la vie doit faire ses preuves. Terrible et géniale scène de l'entretien d'embauche, en forme de miroir : il a beau être reçu par un employeur potentiel, c'est bien lui l'examinateur minutieux qui, face aux autres, scrute, juge et délibère. Il est un autre moment crucial : la confrontation avec son meilleur ami. Anders se retrouve face à un père de deux enfants, cet ex-compagnon des virées nocturnes d'autrefois qui se montre à la fois honteux et fier d'être papa. Le désarroi atteint son paroxysme chez Anders quand son ami confesse la routine de son quotidien, les contraintes de sa famille et de son travail, et avoue que le jeu vidéo a remplacé le sexe dans son couple. La discussion sur le sens de la vie, à la fois drôle et déchirante, point culminant du film, est exceptionnelle.

La dimension poétique est une composante fondamentale d'Oslo, 31 août, à l'image de cette scène sublime à vélo, à la tombée de la nuit, dans une rue déserte, où un extincteur pulvérise des nuages artificiels qu'on se plaît à traverser, les yeux fermés.
Un autre passage retient particulièrement l'attention, dans les minutes qui précèdent « the end of the night » comme dirait Jim Morrison. Dans l'ancienne maison de ses parents, Anders retrouve le piano de son enfance et se lance dans une interprétation de la suite n°15 de Händel (à vérifier, mais c'est presque une certitude). Métaphore conclusive sur l'existence, Anders a beau maîtriser sa partition à la perfection, l'instrument désaccordé l'empêche de s'épanouir et le contraint à mettre fin à ses efforts.

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samedi 09 juin 2012

Vertical Video Syndrome

Mario et Fafa, du site anglais Glove and Boots, attirent notre attention sur un phénomène inquiétant...

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