jeudi 05 septembre 2013

Ecole et Cinéma par Blow up

L'inventive équipe de Blow Up a concocté un pot-pourri de films mettant en scène la vie à l'école. Cela fête la rentrée et cela me permet d'annoncer une chronique « imminente » (hum!) sur le sujet des « écoles différentes ». Wait and see.

mercredi 28 août 2013

Deux enquêtes de Hap Collins et Leonard Pine par Joe R. Lansdale

joe-lansdale-vanilla-ride.jpg joe-lansdale-diable-rouge.jpg

Lire les deux dernières enquêtes de Hap Collins, le blanc hétéro et démocrate, et Léonard Pine, le gay noir et républicain, c'est la promesse de se fendre la poire avec leurs techniques très personnelles d'investigation, de s'attacher à deux grands cons impulsifs, de rire jaune de leurs excès de violence, de savourer leurs discussions féroces et leur sens cinglant de la répartie, de se réjouir du cœur mis à démolir tous les connards qu'ils rencontrent, d'être attendri par l'amitié inébranlable qui les unit, d'apprendre à faire le fendard même dans les pires situations, de goûter aux doux moments romantiques passés au milieu de la tempête, de vivre au final des aventures noires et truculentes.

Dans Vanilla Ride et Diable Rouge, un nouveau personnage fait son apparition : une femme fatale connue sous le nom de Vanilla Ride qui a fait de son métier, tueur à gages, un art dans lequel elle se révèle toujours la meilleure. D'affaires personnelles en affaires moins personnelles, les deux gus croisent sa route pour le meilleur et pour le pire faisant très vite connaissance avec sa redoutable réputation. Une note instructive de l'auteur nous avise :

« A vanilla ride » (« une chevauchée sans encombre ») signifie aller droit au but et sans détour. C'est aussi une relation sexuelle réussie. Une tueuse à gages ainsi nommée est donc forcément performante et sexy.

Les précédentes aventures de ces deux insolites et dangereux bienfaiteurs ne sont pas indispensables pour se plonger dans les derniers romans parus de la série, vous pouvez donc sans souci commencer par Vanilla Ride (septième de la série) et enchaîner illico sur l'épouvantable Diable Rouge. De plus, les autres opus de la série qui a débuté avec l'excellentissime L'Arbre à Bouteilles, ne sont pas tous du même tonneau.

mardi 19 mars 2013

Sous les Palétuviers avec Pauline Carton et André Berley (1936)


Extrait du film Toi c'est moi

vendredi 08 mars 2013

Soie, de Alessandro Baricco

    « ... C'était au reste un de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie, considérant comme déplacée toute ambition de la vivre. On aura remarqué que ceux-là contemplent leur destin à la façon dont la plupart des autres contemplent une journée de pluie. »

Soie_Alessandro_Baricco.gif

L'encéphalogramme est plat sur le site depuis quelques semaines. Nous nous trouvons accaparés ailleurs, le temps à consacrer à notre site se réduit comme peau de chagrin. Nous espérons revenir bientôt à des chroniques plus fréquentes. En attendant, je vois un billet de Renaud se préparer en coulisse sur un récit de voyage par un aventurier refaisant une des nombreuses routes de la soie (lire le billet en question). Plusieurs fois, sans nous concerter dans nos lectures, nous nous retrouvons tous les trois à lire ou à aborder des thèmes très proches dans nos chroniques. L'occasion se renouvelle avec Soie.

La route de la soie, c'est la voie empruntée par les caravanes pour transporter principalement la soie depuis la Chine ancienne jusqu'en Occident et qui a favorisé les échanges entre civilisations, ainsi l'Empire romain par exemple était par cette fameuse route de la soie en relations commerciales avec la Chine. Ce court roman de Alessandro Baricco qui se lit d'une traite, tisse en une centaine de pages une fascinante histoire d'amour et de guerre entre le héros - Hervé Joncour - et une jeune fille mystérieuse. Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des œufs sains.

Cette route de la soie est un passage entre deux mondes et de lieux pleins d'oppositions : les monts du Vivarais en Ardèche et le Japon d'antan. Baricco utilise la répétition de phrases et de paragraphes de façon intéressante dans ce livre. Les voyages de 8000 km de Hervé Joncour au Japon sont traitées en seulement quelques lignes et répétées à quatre reprises dans le roman à la manière d'un refrain d'une chanson dans lequel on décèlerait quelques subtils changements. Il y a dans la beauté de cette histoire quelque chose d'évidemment romantique et de fabuleux propice à la rêverie. Cette sensibilité de l'auteur par ses aspects variés et par les émotions tendres et mélancoliques qui jaillissent au cœur de l'action peut malgré tout inspirer un léger sentiment de lassitude.

jeudi 10 janvier 2013

Le Démon : Une enquête de Jack Taylor, de Ken Bruen (2012)

« Le bien dont on n'use pas est enclin à se transformer en mal. »

Le démon, de Ken Bruen (2012)

Ce roman noir chouravé dans la hotte de Noël de mon fréro s'inscrit dans la lignée de Angel Heart de William Hjortsberg (fraîchement chroniqué ici) avec lequel on peut tirer plusieurs parallèles, à commencer par l'antihéros de l'histoire :

Jack Taylor,

Profession : détective privé, ex-flic mis à l'amende.
Genre : lettré, paumé, arrogant, cynique, alcoolique, et drogué.
Point particulier : on devine parfois chez lui une sensibilité à fleur de peau derrière un tempérament de tête brûlée.
Pedigree :
  • Delirium Tremens, Une enquête de Jack Taylor (2001)
  • Toxic Blues, Une enquête de Jack Taylor (2005)
  • Le martyre des Magdalènes, Une enquête de Jack Taylor (2006)
  • Le dramaturge, Une enquête de Jack Taylor (2007)
  • La main droite du diable, Une enquête de Jack Taylor (2008)
  • Chemins de croix, Une enquête de Jack Taylor (2009)
  • En ce sanctuaire, Une enquête de Jack Taylor (2010)

Ken Bruen fait partie de ces incontournables auteurs contemporains de romans noirs au côté de James Ellroy, Joe R. Lansdale, Cormac McCarthy - et bien d'autres - ou encore Fred Vargas, DOA, Serge Quadruppani pour ne citer que trois de nos plumes françaises. Bien que ce soit mon premier Bruen, je ne me suis pas senti en marge de l'histoire du fait de ne pas avoir lu les précédentes enquêtes de Jack Taylor. En prenant le train en marche, on s'expose bien sûr aux allusions à ses vieilles rencontres, à ses enquêtes révolues et à ses affres de passé d'ex-flic et de détective privé, mais rien qui pénalise ou gène dans le plaisir sardonique d'écouter le récit des déboires de Jack par Jack à la répartie savoureuse.

En essayant de fuir ses vieux démons, Jack Taylor se retrouve flanqué d'un Malin aux basques. Le récit entre-ouvre la porte du fantastique entretenant ce suspens qu'à tout moment les personnages pourraient en franchir le seuil. A l'instar de Angel Heart, le livre est épris du même souci de réalisme d'une époque, cette fois-ci la nôtre (crise financière, toussa toussa), et d'un pays, cette fois-ci feu sur l'Irlande : sa Guinness, son whisky, son patois, ses us, son catholicisme, ses petits gens, son chômage, sa précarité. Autre particularité, notre antihéros lettré, flânant de pubs en pubs pour se requinquer, balise son récit de nombreuses références littéraires, musicales, et cinématographiques jetées pêle-mêle aux lecteurs curieux. Son chemin jalonné de frasques cinglantes et de cadavres troublants se clôt - non pas en twist final façon Angel Heart - mais par un non moins démoniaque cliffhanger. Lisez le..! C'est exquis..!

vendredi 04 janvier 2013

Angel Heart, de William Hjortsberg (1978)

Angel_Heart_Hjortsberg.jpg

Harry Angel,

Profession : détective privé.
Genre : antihéros, paumé et désabusé.
Point particulier : on devine parfois chez lui une sensibilité à fleur de peau derrière un tempérament de tête brûlée.
Enquête : en 1943, un célèbre crooner du nom de Johnny Favorite, a été grièvement blessé lors d'un raid de la Luftwaffe sur les forces alliées en Tunisie, après quoi il fut interné dans un hôpital où il se volatilisera quelques années plus tard. Harry Angel est engagé en 1959 pour le localiser pour le compte d'un client mystérieux qui se fait appeler Louis Cyphre.

Angel Heart aka Le sabbat dans Central Park de William Hjortsberg est un roman noir au dénouement diabolique qui a fait l'objet d'une adaptation à l'écran en 1987 par Alan Parker. Le roman est servi par une intrigue remarquablement bien construite qui devait mener le lecteur vers un twist final dont bien malin serait celui qui devinerait la chute avant les dernières pages. Roman qu'on trouvera aussi bien rangé en littérature blanche qu'en collection science-fiction (Folio SF) de quoi entretenir la confusion concernant le genre littéraire auquel il appartient. Un peu comme si certains ouvrages se prêtant mal à une classification précise peuvent se permettre de se chercher plusieurs chapelles.

Angel-heart.jpg

Le diable est dans les détails, c'est pourquoi, malgré l'ambiance fascinante du film, l'intrigue m'y paraît un chouïa décousue (en passant par exemple trop succinctement sur des rencontres clé) là où le récit s'articulait avec plus de fluidité grâce à sa construction "marabout, bout de ficelle". Le chef d'œuvre de William Hjortsberg reste un véritable page turner qu'il faudrait avoir lu avant de découvrir le film. Ce dernier n'en reste pas moins un petit bijou à la fois lumineux et ténébreux, une photographie époustouflante de la suburb américaine d'une époque pas si lointaine, et une bande son originale mirifique qui participe pleinement à l'ambiance délétère du film. Enfin, les acteurs brillants livrent chacun leur prouesse !

- Mickey Rourke incarne dans une interprétation pleine de fragilité, et de nervosité le détective privé Harry Angel. Le personnage est rongé par des cauchemars et des hallucinations morbides qui participent lentement aux glissements du film vers une atmosphère surnaturelle.

Angel_Heart_film.jpg

- Lisa Bonnet interprète une jeune prêtresse Vaudou aux apparitions sulfureuses. Dans le livre, Epiphanie Proudfoot est la propriétaire d'une herboristerie.

Lisa_Bonet_2.jpg

Lisa_Bonet.jpg

- Robert De Niro interprète Louis Cyphre avec un calme, un charisme et une autorité naturels. A l'image de cette scène où il est filmé entrain d'écaler des œufs durs et de les aligner en face de lui. Il révèle alors que dans certaines cultures, l'œuf est considéré comme le symbole de l'âme. Une réplique qui pourrait paraître grotesque dans de mauvaises mains devient tout simplement une scène culte grâce à son mordant.

Robert_de_Niro_Angel_Heart.jpg

Cette magistrale enquête à tiroirs qui voit un antihéros empêtré dans un inquiétant milieu occulte nous repousse en dehors du domaine des choses habituelles, comprises, bien connues pour nous mettre face à la part d'ombre, des puissances mauvaises qui semblent guetter la vie, une lancinante musique du diable, que tout cerveau d'Homme porte en lui avec épouvante.

lundi 03 décembre 2012

Ciné SF d'en France

Je vous propose ici une sélection de 5 films forcément subjective de ce que je considère comme le meilleur du cinéma de science-fiction made in France. Ces films ne sont pas tout jeunes, et force est de constater que depuis le Cinquième Élément réalisé en 1997 par Luc Besson, on trouve peu de choses à se mettre sous la dent !


La Jetée - Chris Marker (1962)
à l'origine de L'Armée des Douze Singes de Terry Gilliam
La Jetée
Cet OFNI de 29 minutes qui se compose presque entièrement de photographies noir et blanc ou sépia, emprunte son étrange forme cinématographique à une visionneuse appelée « Pathéorama »  (cf. le texte de Chris Marker : C'était un drôle d'objet ). L'histoire se déroule après la « troisième guerre mondiale » et la destruction nucléaire de toute la surface de la terre. Le héros est le cobaye de scientifiques qui cherchent à rétablir un corridor temporel afin de permettre aux hommes du futur de changer d'époque. Le héros est obsédé par une image d'enfance. Hanté par le visage d'une femme, et la scène de la mort d'un homme sur la jetée d'Orly, il semble rejouer une version désorganisée et méconnaissable de sa propre vie. Le montage génial de La Jetée allie le fond (voyages ou virtualités temporels, et non-fiabilité ou imprévisibilité de la mémoire) à la forme du film (l'ordonnance labyrinthique des souvenirs du héros à travers une succession de scènes fixes). Chris Marker nous entraîne, grâce à une organisation inhabituelle du scénario, vers une fin dans laquelle s'invite un sublime paradoxe temporel.


Barbarella - Roger Vadim (1968)
d'après la BD de Jean-Claude Forest

Barbarella
Mon second est un nanar de la plus belle eau, à l'esthétique outrageusement kitsch et au scénario ouvertement humoristique. Barbarella est un conte futuriste avec des personnages aux figures manichéennes. Les aventures ubuesques de Barbarella - une space-blond-girl interprétée par la très séduisante Jane Fonda - sont rythmées par ses apparitions héroïques et « érotiques ». Au fil de ses péripéties, Jane Fonda apparaît vêtue de tenues toujours plus saugrenues, et toujours plus légères à l'image de la séquence d'ouverture où elle exécute un strip-tease en apesanteur s'extirpant doucement de sa combinaison spatiale au rendu aluminium du plus bel effet. Ce classique semé d'accessoires bizarres, de détails co(s)miques pourraient toutefois faire sentir le poids de la fatigue sur vos paupières ou soutirer d'inévitables éclats de rire face aux situations tragi-comiques de Barbarella. A bon entendeur.


La Mort en Direct - Bertrand Tavernier (1980)
d'après le roman de D.G. Compton
La Mort en Direct
Qui mieux que son immense réalisateur, Bertrand Tavernier, pour pitcher le film : « Dans le futur tel que je l’imagine, les gens mourront de moins en moins, grâce aux progrès de la médecine. Les rares moribonds deviendront des bêtes curieuses qu’on montrera à la télévision. La mort en direct est l’histoire d’un homme chargé de suivre une femme atteinte d’une maladie mortelle. Cet enquêteur a pour mission de filmer les derniers moments de Romy Schneider, grâce aux caméras qu’on lui a greffées dans les yeux. »

La Mort en Direct est une œuvre d'anticipation sur le thème de la télé-réalité, on trouve sur ce sujet un autre long métrage - plus orienté film d'action - réalisé par le réalisateur français Yves Boisset intitulé Le Prix du Danger et adapté d'une nouvelle de Robert Sheckley (auteur connu pour ses "parodies" des histoires de l'âge d'or [1920-1950] de la science-fiction). La Mort en Direct est une œuvre lyrique déchirante, l'action se déroule dans la ville de Glasgow mettant en scène des monuments de la ville tels que la cathédrale, la nécropole, le City Chambers et l'Université de Glasgow. Ce paysage écossais futuriste et ses visions de destructions urbaines dépeignent une société condamnée à la pauvreté. Cette chasse voyeuriste construite sur le mensonge débouche sur un dénouement où poésie et tragédie s'allient à une émouvante réflexion sur l'acceptation de la mort. Romy Schneider y est superbe.


Malevil - Christian de Chalonge (1981)
d'après le roman de Robert Merle
Malevil

Mon quatrième est une histoire post-apocalyptique qui se déroule dans, et autour du château de Malevil, lieu où quelques cul-terreux survivront et tenteront de réorganiser une vie après l'explosion d'une (probable) bombe atomique. Cette adaptation du livre de Robert Merle aussi belle soit-elle ne peut pas se substituer à la lecture du roman. Quelques passages de ce dernier ont été supprimés afin de ne pas allonger la durée du film, et le regard minutieux de Robert Merle sur les comportements humains n'apparait pas toujours dans toute sa force. Pourtant, on ne boude pas le plaisir de voir rassembler dans ce paysage rural une belle ribambelle d'acteurs : Michel Serrault, Jacques Dutronc, Jean-Louis Trintignant, Jacques Villeret, Robert Dhéry, Emilie Lihou...  Malevil est un très beau film, au charme suranné qui met en relief les effets de leadership, et d'interdépendance au sein d'un groupe dans un contexte de fin du monde.



Gandahar - René Laloux (1988)
d'après le roman Les Hommes-machines contre Gandahar de Jean-Pierre Andrevon
gandahar.jpg
René Laloux a réalisé deux autres films d'animation science-fictifs antérieurs à Gandahar à savoir La Planète sauvage avec Roland Topor en 1973, et Les Maîtres du temps avec Moebius en 1981 qui traitent des thèmes similaires d'oppression, de libre arbitre, et de voyage dans le temps. On doit l'ambiance extraordinaire de Gandahar au célèbre dessinateur Caza qui est une figure importante de la littérature de science-fiction. Au même titre que Manchu ou Siudmak, Caza a réalisé de nombreuses illustrations pour les couvertures des livres de science-fiction parues dans des éditions défuntes (ou pas), en voici quelques-unes :
hopital_des_etoiles.jpg futur_interieur.jpg parabellum_tango.jpg  les_voiliers_du_soleil.jpg gandahar_livre.jpg

Il est probable que Miyazaki (Nausicaä, Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro...) verrait dans René Laloux une âme sœur qui partage plusieurs des mêmes convictions : l'importance de la nature, la coexistence avec nos frères humains (ou non-humains), et la valeur de la pensée libre. Gandahar est un conte futuriste et la bande annonce (accessible ici) me semble le meilleur moyen de vous plonger dans l'histoire et de vous rendre compte par vous même de son atmosphère si particulière.

dimanche 02 décembre 2012

Kané, de Fauve