lundi 03 décembre 2012

Ciné SF d'en France

Je vous propose ici une sélection de 5 films forcément subjective de ce que je considère comme le meilleur du cinéma de science-fiction made in France. Ces films ne sont pas tout jeunes, et force est de constater que depuis le Cinquième Élément réalisé en 1997 par Luc Besson, on trouve peu de choses à se mettre sous la dent !


La Jetée - Chris Marker (1962)
à l'origine de L'Armée des Douze Singes de Terry Gilliam
La Jetée
Cet OFNI de 29 minutes qui se compose presque entièrement de photographies noir et blanc ou sépia, emprunte son étrange forme cinématographique à une visionneuse appelée « Pathéorama »  (cf. le texte de Chris Marker : C'était un drôle d'objet ). L'histoire se déroule après la « troisième guerre mondiale » et la destruction nucléaire de toute la surface de la terre. Le héros est le cobaye de scientifiques qui cherchent à rétablir un corridor temporel afin de permettre aux hommes du futur de changer d'époque. Le héros est obsédé par une image d'enfance. Hanté par le visage d'une femme, et la scène de la mort d'un homme sur la jetée d'Orly, il semble rejouer une version désorganisée et méconnaissable de sa propre vie. Le montage génial de La Jetée allie le fond (voyages ou virtualités temporels, et non-fiabilité ou imprévisibilité de la mémoire) à la forme du film (l'ordonnance labyrinthique des souvenirs du héros à travers une succession de scènes fixes). Chris Marker nous entraîne, grâce à une organisation inhabituelle du scénario, vers une fin dans laquelle s'invite un sublime paradoxe temporel.


Barbarella - Roger Vadim (1968)
d'après la BD de Jean-Claude Forest

Barbarella
Mon second est un nanar de la plus belle eau, à l'esthétique outrageusement kitsch et au scénario ouvertement humoristique. Barbarella est un conte futuriste avec des personnages aux figures manichéennes. Les aventures ubuesques de Barbarella - une space-blond-girl interprétée par la très séduisante Jane Fonda - sont rythmées par ses apparitions héroïques et « érotiques ». Au fil de ses péripéties, Jane Fonda apparaît vêtue de tenues toujours plus saugrenues, et toujours plus légères à l'image de la séquence d'ouverture où elle exécute un strip-tease en apesanteur s'extirpant doucement de sa combinaison spatiale au rendu aluminium du plus bel effet. Ce classique semé d'accessoires bizarres, de détails co(s)miques pourraient toutefois faire sentir le poids de la fatigue sur vos paupières ou soutirer d'inévitables éclats de rire face aux situations tragi-comiques de Barbarella. A bon entendeur.


La Mort en Direct - Bertrand Tavernier (1980)
d'après le roman de D.G. Compton
La Mort en Direct
Qui mieux que son immense réalisateur, Bertrand Tavernier, pour pitcher le film : « Dans le futur tel que je l’imagine, les gens mourront de moins en moins, grâce aux progrès de la médecine. Les rares moribonds deviendront des bêtes curieuses qu’on montrera à la télévision. La mort en direct est l’histoire d’un homme chargé de suivre une femme atteinte d’une maladie mortelle. Cet enquêteur a pour mission de filmer les derniers moments de Romy Schneider, grâce aux caméras qu’on lui a greffées dans les yeux. »

La Mort en Direct est une œuvre d'anticipation sur le thème de la télé-réalité, on trouve sur ce sujet un autre long métrage - plus orienté film d'action - réalisé par le réalisateur français Yves Boisset intitulé Le Prix du Danger et adapté d'une nouvelle de Robert Sheckley (auteur connu pour ses "parodies" des histoires de l'âge d'or [1920-1950] de la science-fiction). La Mort en Direct est une œuvre lyrique déchirante, l'action se déroule dans la ville de Glasgow mettant en scène des monuments de la ville tels que la cathédrale, la nécropole, le City Chambers et l'Université de Glasgow. Ce paysage écossais futuriste et ses visions de destructions urbaines dépeignent une société condamnée à la pauvreté. Cette chasse voyeuriste construite sur le mensonge débouche sur un dénouement où poésie et tragédie s'allient à une émouvante réflexion sur l'acceptation de la mort. Romy Schneider y est superbe.


Malevil - Christian de Chalonge (1981)
d'après le roman de Robert Merle
Malevil

Mon quatrième est une histoire post-apocalyptique qui se déroule dans, et autour du château de Malevil, lieu où quelques cul-terreux survivront et tenteront de réorganiser une vie après l'explosion d'une (probable) bombe atomique. Cette adaptation du livre de Robert Merle aussi belle soit-elle ne peut pas se substituer à la lecture du roman. Quelques passages de ce dernier ont été supprimés afin de ne pas allonger la durée du film, et le regard minutieux de Robert Merle sur les comportements humains n'apparait pas toujours dans toute sa force. Pourtant, on ne boude pas le plaisir de voir rassembler dans ce paysage rural une belle ribambelle d'acteurs : Michel Serrault, Jacques Dutronc, Jean-Louis Trintignant, Jacques Villeret, Robert Dhéry, Emilie Lihou...  Malevil est un très beau film, au charme suranné qui met en relief les effets de leadership, et d'interdépendance au sein d'un groupe dans un contexte de fin du monde.



Gandahar - René Laloux (1988)
d'après le roman Les Hommes-machines contre Gandahar de Jean-Pierre Andrevon
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René Laloux a réalisé deux autres films d'animation science-fictifs antérieurs à Gandahar à savoir La Planète sauvage avec Roland Topor en 1973, et Les Maîtres du temps avec Moebius en 1981 qui traitent des thèmes similaires d'oppression, de libre arbitre, et de voyage dans le temps. On doit l'ambiance extraordinaire de Gandahar au célèbre dessinateur Caza qui est une figure importante de la littérature de science-fiction. Au même titre que Manchu ou Siudmak, Caza a réalisé de nombreuses illustrations pour les couvertures des livres de science-fiction parues dans des éditions défuntes (ou pas), en voici quelques-unes :
hopital_des_etoiles.jpg futur_interieur.jpg parabellum_tango.jpg  les_voiliers_du_soleil.jpg gandahar_livre.jpg

Il est probable que Miyazaki (Nausicaä, Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro...) verrait dans René Laloux une âme sœur qui partage plusieurs des mêmes convictions : l'importance de la nature, la coexistence avec nos frères humains (ou non-humains), et la valeur de la pensée libre. Gandahar est un conte futuriste et la bande annonce (accessible ici) me semble le meilleur moyen de vous plonger dans l'histoire et de vous rendre compte par vous même de son atmosphère si particulière.

dimanche 02 décembre 2012

Kané, de Fauve

vendredi 23 novembre 2012

Générique d'ouverture de Skyfall

Le commentaire éclairant de Franz sur le forum de Culture SF évoque comme un retour au source le Bond interprété par Daniel Craig :

Dans les novels de Ian Fleming, Bond est un alcoolo toxico : 60 à 70 clopes par jour, toujours en train de se péter la ruche (il y a un fameux record dans les James Bond trivia : dans le bouquin At her majesty's secret service, il est décrit 46 boissons alcoolisées bues par 007), parfois en train de se taper des amphets dans Moonraker. Bond est censé être un tueur cynique et hédoniste d'après Fleming ; Sean Connery et Daniel Craig collent bien à la description littéraire du personnage (ce qui n'est pas du tout le cas pour Moore, Brosnan ou Dalton et à un degré moindre Lazenby et David Niven).

vendredi 02 novembre 2012

Alamut, de Vladimir Bartol (1938)

Alamut, de Vladimir Bartol

En Iran, à la fin du XIème siècle, plusieurs grands maîtres se disputent le pouvoir et se prétendent les héritiers du Prophète Mohammed.  Retranché dans Alamut, une citadelle dont-on dit imprenable, Hassan Ibn Sabbâh va mener une guerre sainte en exécutant un plan qui aura muri 20 ans dans sa tête.  Ce plan est l’édifice de sa vie et repose sur la doctrine ismaélienne dont il se sent le dépositaire.

Pour réaliser mon plan, pour faire sortir le monde de ses gonds, je n'avais besoin, comme Archimède, que d'un seul point fixe. Je ne demandais plus aucun honneur, aucune influence chez les maîtres de ce monde. Il me fallait seulement un château fortifié et les moyens de le modifier à ma guise.

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Une magnifique photo du rocher d'Alamut par Babak Tafreshi, The Starry Night of Alamut

A Alamut, chaque croyant de l’ismaélisme est devenu un soldat bien trempé et chaque soldat est en même temps le plus fervent des croyants. Parmi toutes ses mesures, Hassan considère que la plus importante est la création de l’école des « fedayin ». Une troupe d’élite qui sera prête à tous les sacrifices. On suit leur enseignement allant des mathématiques à la littérature, leur catéchisme, et leurs épreuves sportives et militaires où ils feront preuve de dépassement de soi. Mais la clef d’achoppement du plan d’Hassan se cache à l’abri des regards, un endroit où de jeunes femmes - et quelques eunuques qui prennent soin de leurs besoins - remplissent une grande partie de leur journée à un certain nombre de leçon, de joutes poétiques, et d'autres passe-temps artistiques : la vie leur est presque idyllique.

Au premier tiers du livre, on commence à comprendre petit à petit les rouages de ce plan machiavélique sans pouvoir encore toucher à l’essence, et aux buts de l’organisation. Quand la machine se met en branle, il est difficile de lâcher le roman au cours des intenses premiers combats entre les armées, ou des ruses et des manipulations successives d’Hassan. Avec une intelligence inquiétante et une détermination extraordinaire, il tire profit des facteurs prévisibles et imprévisibles qui participent à la réalisation de son plan. 

Au fil des chapitres, on se rapproche un peu plus vers les raisons profondes qui animent Hassan. Son but élevé a rapport à des vérités essentielles, mais mystérieuses qu’il cherche à résoudre avec la sagesse du philosophe, lui qui a consacré le reste de sa vie à la science et à l’exploration de la nature. Il se sacrifie à cet objectif et le moyen de parvenir à rallier les foules à sa cause ne lui pose pas un cas de conscience. Car, pour lui, la masse a toujours préféré un mensonge qui affirme quelque chose de solide à un savoir, même sublime, qui ne leur offre pas de prise ferme.

« … je partage l’humanité en deux catégories fondamentalement différentes : une poignée de gens qui savent ce qu’il en est des réalités et l’énorme majorité qui ne sait pas. »

Cette légende d’Alamut est une sorte d'allégorie politique intemporelle sur la manipulation des masses (et sur les bases des stratégies de consentement, religieuses ou non). Avec son atmosphère colorée et attrayante, avec une bonne dose d'aventure et d'intrigue romanesque, de réflexions politiques et philosophiques, Vladimir Bartol offre un roman aux accents merveilleux. Je referme ce livre en ayant pris la mesure d’une entreprise effroyable qui prend fin au terme d’une aventure palpitante.

« ... un projet gigantesque et grandiose comme le monde n’en avait jamais vu. Eprouver l’aveuglement humain jusqu’à ses limites extrêmes ! Atteindre ainsi la plus haute puissance et l’indépendance totale ! Incarner le conte ! Transformer la fable en réalité pour que l’Histoire en parle plus tard ! »

samedi 13 octobre 2012

Yucca Mountain, de John d'Agata (2012)

« What happens when an essayist starts imagining things, making things up, filling in blank spaces, or — worse yet — leaving the blanks blank? »

John d'Agata, The Next American Essay

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Les réacteurs américains sont inefficaces à 97% ce qui signifie qu'entre le moment où on place une barre de combustible dans un réacteur nucléaire et celui où on le retire, il conserve 97% de sa radioactivité. Alors il a fallu imaginer un projet d'enfouissement de ces déchets radioactifs. C'était «  Yucca Mountain ». À 140 km de Las Vegas. Projet prévoyant de construire 160 km de galeries à l'intérieur de la montagne et, en l'espace de quarante ans, de les remplir avec 77000 tonnes de déchets nucléaires, puis de sceller et de fermer la montagne jusqu'à leur décomposition.

Le livre retrace le parcours politique et scientifique du projet qui a vu ré-interpréter un problème de millions d'années dans une solution ramenée à 10.000 ans (un bel acte de foi aux générations futures), ainsi que l'histoire tragique de Lévi Presley - un garçon qui a sauté de la tour « Stratosphere » à Las Vegas - et la connexion de sa mort avec la propre expérience d'Agata répondant aux appels de personnes au bord du suicide sur une ligne d'écoute. Le récit avançant sur plusieurs niveaux à la fois se tient sur une ligne tendue entre le documentaire et la fiction, un travail de journalisme libéré de ses contraintes rigides mais qui s'attache férocement aux faits comme en rend compte les 131 notes en fin de livre.

Il est clair que si j'attire l'attention sur quelque chose qui fait sens en apparence, il est possible qu'il n'y ait là rien de vrai. Nous perdons parfois notre connaissance en cherchant l'information. Nous perdons parfois notre sagesse en cherchant la connaissance.

Il fournit des rapports de médias, des avis d'experts et des reportages à la première personne. Il donne des statistiques, des calculs et des projections (ses scénarios prospectifs sont simplement fascinants), il cite des documents de politique et se plonge dans les études scientifiques et universitaires. Également mélangés parmi des références littéraires, et artistiques comme les quelques pages où il convoque Le Cri de Edvard Munch (figure qu'on retrouve en illustration de couverture sous la forme des isoclines de cette carte factice d'une montagne), il juxtapose ces éléments connexes sans jamais freiner le récit. Tout fait sens. 130 pages plus tard, on ressort du livre scotché et admiratif en songeant à la tension dramatique insufflée au récit, et à la singulière façon de cet écrivain de réexaminer non seulement où nous sommes, mais aussi où nous avons été, et où nous allons.

Tout au long de cette lecture, on rit, souvent d'un rire jaune face à la méchante farce humaine qui œuvre autour du projet Yucca Mountain. A ce propos, voici ce que John D'Agata dit lors d'une lecture de son essai à des jeunes étudiants américains en 2010 :

« Do not be afraid to laugh at the absurdities, though by no means feel I am pressuring you to laugh »


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mardi 25 septembre 2012

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, interprété par les Têtes Raides (2007)


Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, chanté par Christian Olivier dans l'album Banco des Têtes Raides, est un texte écrit en 1952 par Stig Dagerman (écrivain et journaliste suédois 1923-1954) qui relève à la fois de la littérature introspective et de l'essai existentiel. Par ses approches successives sur les thèmes graves tels que la mort, la solitude, la liberté, le temps, Stig Dagerman vise à donner un sens à son existence.

banco_tetes_raides.jpg    Stig_Dagerman_ca_1950.jpg

Quand un écrivain discourt sur ses états d'âmes en nous faisant sentir tout le poids de sa solitude et de sa dépression, son texte a bien des raisons d'être au premier abord repoussant. Mais cela serait malhonnête de présenter le contenu de ce texte sous cette unique et trompeuse impression, car il est aussi une réflexion articulée, sensible et logique qui manque peut-être seulement d'humour. Je ne serais probablement jamais allé au bout de la lecture de cet essai si j'avais eu le livre entre les mains, car j'attends d'abord de mes lectures qu'elles racontent une histoire, simplement une bonne histoire. Ici, ce n'est plus notre propre voix qui devient le support du texte, nous pouvons alors l'écouter d'une manière distraite ou distancière, et laisser certains passages accaparer notre attention. Je ne peux pas dire que la voix de Christian Olivier soit ici particulièrement mélodieuse, pourtant sa lecture ainsi que le rythme monotone imprimé par les musiciens sonnent juste. Comme pour mettre du baume au cœur, le dernier élan de la chanson se fait moins morose, plus joyeux, et éclaire différemment une conclusion à méditer...

samedi 15 septembre 2012

Killer Joe, de William Friedkin (2012)

L'Exorciste (1973), Bug (2006), et Killer Joe (2012) sont mes trois intrusions dans l’œuvre de Friedkin. La schizophrénie ou plus généralement la folie est un thème récurrent de ces trois films. Les scènes angoissantes y côtoient les scènes brutales ou perverses durant lesquelles on en oublie parfois de déglutir sa salive. La démence d'un ou plusieurs personnages exulte toujours de manière paroxystique une fois que la tension distillée tout au long de l'histoire tient son emprise psychologique sur nous.

L_exorciste.jpg bug.jpg Killer Joe

Seconde fois que Friedkin adapte au cinéma une pièce de théâtre écrite par Tracy Letts après Bug en 2006, un huis-clos étouffant qui m'avait particulièrement impressionné. Jusqu'à la toute fin le spectateur ne sait pas où se tient la part de folie et la part de réalité dans la peur terrible qui ronge un couple persuadé d'être la victime d'un vaste complot, et d'une menace invisible...

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Ashley Judd et Michael Shannon dans Bug en 2006

Killer Joe s'inscrit dans un genre différent des deux autres, celui de la comédie dramatique familiale. Chris le garçon, Ansel le papa, et Dottie la petite sœur sont bien décidés à tuer leur crapuleuse maman pour empocher les 50000 dollars de l'assurance vie. Chris s’enquiert donc des services de Joe, flic le jour et tueur à gages la nuit. C'est un diable aux allures de cowboy aux chapeau noir, gants noirs, veste noire, et lunettes noires. Sa stature et sa tranquillité d'action inspirent l'obéissance.

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Joe interprété par Matthew McConaughey

Joe s'entiche de Dottie faisant d'elle, au grand dam de son frère, sa caution de garantie si les choses se passaient mal. Poupée fragile aux joues roses, naïvement sexy, et sujette au somnambulisme, ce personnage féminin est la réponse au machisme crasse qui empoisonne cette misérable famille.

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Dottie interprétée par Juno Temple

La folie des dernières scènes dans lesquelles Joe joue à sa façon le thérapeute familial, laisse sur l'impression d'un film déjanté. Le dénouement ne fait toutefois pas oublier les vices et les faiblesses du film. Cette cupide entreprise est cousue de fil blanc, la petite tête blonde incarne un personnage féminin creux, la pochade nocturne et pluvieuse a déjà été maintes fois filmée dans ce genre de scénario, et l'humour noir et les blagues grasses ne sont pas de très bon goût.

J'ai aperçu au milieu de la file d'attente l'affiche du nouveau film de Michel Gondry intitulé The We and the I, et intercepté une discussion de l'exploitant du cinéma qui livrait ses impressions enthousiastes sur le satirique God Bless America (sortie prévue le 10 octobre, la bande annonce est ici). C'est peut-être dans la queue du cinéma que j'aurai finalement trouvé la promesse de deux bons films. Wait and see...

theWeAndTheI.jpg         GodBlessAmerica.jpg

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