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jeudi 23 mai 2013

Hommage à Ray Manzarek

Ray Manzarek, génie musical des Doors dont les solos d'orgue hanteront encore longtemps les mémoires, aura mis 42 ans pour rejoindre Jim Morrison. Il a pris à son tour « l’autoroute qui mène au bout de la nuit » telle qu'elle est décrite dans le morceau End Of The Night : un coup extrêmement dur au moral...

Ci-dessous, une version endiablée de Light My Fire extraite d'un concert en Europe en 1968.

Riders on the storm
Riders on the storm
Into this house we're born
Into this world we're thrown
Like a dog without a bone
An actor out alone
Riders on the storm

Extrait de Riders on the storm (écouter ce chef-d'œuvre ici), sur l'album L.A. Woman (1971).

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mardi 19 mars 2013

Sous les Palétuviers avec Pauline Carton et André Berley (1936)


Extrait du film Toi c'est moi

mardi 29 janvier 2013

The Black Keys

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Les Black Keys : Dan (guitare et chant) et Pat (batterie).

Découverts sur le tard, à l'aube de leur septième et (pour l'instant) dernier album El Camino, les Black Keys occupent une place de choix au panthéon du Rock contemporain. L'énergie dégagée par le duo Dan Auerbach / Patrick Carney et leur sens du rythme sans pitié pour nos pieds sont tels qu'il est difficile d'admettre, aujourd'hui, qu'on ait pu passer toutes ces années sans les avoir vraiment écoutés. Une raison à cela : la qualité du dernier album en date, sorti fin 2011, qui surclasse tous les autres.

Mais tout d'abord, con-tex-tu-a-li-sons. On aurait tôt fait de comparer ce groupe aux Kills (premier album) ou aux White Stripes (période 1999-2003), un autre duo guitare-chant + batterie revenu aux sources du Rock, notamment dans leur premier album éponyme The White Stripes aux accents garage et punk minimaliste. Mais une comparaison plus avisée — et moins pop rock, moins médiatique — serait déjà de les ranger aux côtés des Gories (voir la chronique dédiée aux Gories), le groupe de Garage Rock mené par Mick Collins qui excellait dans la maîtrise du rythme et dans la profusion de riffs acérés dès la fin des années 1980. On remarquera que cette formation, elle aussi à effectif réduit, ne comptait que trois membres. Notons enfin l'absence de basse pour les enregistrements studio de ces quatre groupes (1).


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Premier et dernier albums.

Entre 2002 et 2011, les Black Keys ont enfanté 7 albums, oscillant entre le Heavy Blues des débuts (The Big Come Up), le Blues Rock de l'entre-deux (Rubber Factory et Attack & Release par exemple) et le Rock'n'roll parfois sauvage des deux derniers (Brothers et surtout, donc, l'excellent El Camino). Partis du label indépendant Alive Records, spécialisé en musique underground et fondé par le Français Patrick Boissel, ce n'est qu'en 2003 qu'ils rencontreront le succès mondial avec l'album Thickfreakness, paru sur le label de blues Fat Possum Records. The Black Keys fait partie de ces groupes qui ont su bâtir, pierre après pierre, album après album, un édifice solide dont les derniers éléments viennent consacrer leur talent. Il y a d'un côté Dan Auerbach, cet enfant anachronique amoureux du blues le plus brut, aussi enflammé que décharné, le cerveau du groupe. De l'autre, Pat Carney, autodidacte des fûts et chef d'orchestre à l'origine de ce rythme endiablé. Tous deux ont enrichi leur palette sonore pour El Camino, tout en revenant à un Rock'n'roll plus essentiel, sobre et lumineux, comme millésimé, tranchant de manière radicale avec leur album précédent, Brother, trop produit à leur goût et trop difficile à reproduire sur scène, en petit comité.

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Les Black Keys, à leurs débuts.black_keys_2.jpg

À côté de ça, on peut trouver quelques reprises bien senties, comme She Said, She Said des Beatles, sur The Big Come Up, ou Have Love Will Travel sur l'album Thickfreakness, titre écrit en 1959 par Richard Berry (pas l'acteur français hein, il n'avait que 9 ans) et dont l'interprétation la plus connue et la plus réussie reste celle des Sonics, en 1965.

Les Black Keys sont par ailleurs les rois du clip humoristique, avec pour principe une idée géniale et un budget minimal. Que ce soit la dispute amoureuse de Tighten Up (lien vidéo, 27 millions de vues sur Youtube), la performance dansée de Lonely Boy (lien vidéo, 20 millions), le sérieux des extraits de concert de Gold On The Ceiling (lien vidéo, 10 millions), les filles en bikini de Next Girl (lien vidéo, 9 millions), ou encore la fausse bande-annonce de Howlin' for you (lien vidéo, 7 millions), ils savent faire mouche à chaque coup. À noter un second clip pour le morceau Gold On The Ceiling, quasi inconnu, et plutôt... étrange : c'est ici. Pour le plaisir des oreilles, voici une version live de Little Black Submarines, extrait du dernier album El Camino. Une attaque acoustique, tout en douceur, suivie à mi-parcours d'une explosion électrique parfaitement maîtrisée.

Oh, can it be
The voices calling me
They get lost and out of time
I should've seen it glow
But everybody knows
That a broken heart is blind
That a broken heart is blind

En enregistrant El Camino, justement, Dan et Pat écoutaient en boucle les Clash et les Cramps (lire le billet sur les Cramps) : du très bon Rock'n'roll et ses variantes. Et autant dire que ça s'entend clairement, leur musique respirant autant la jouissance de l'instant que le respect stimulant du passé. D'ailleurs, après avoir décortiqué leurs albums préférés, ils étaient un jour arrivés à cette conclusion : le disque parfait doit contenir onze chansons et durer entre trente-sept et trente-neuf minutes, soit le format et la durée exacts d'El Camino, entre autres. « Tout disque de blues ou de rock'n'roll postérieur à 1972 me donne la nausée », affirmait récemment Dan Auerbach. Autant dire qu'ils avaient intérêt à assurer... Voilà qui est fait.

(1) Conscient du conflit d'intérêt dans lequel je nage, je m'abstiendrai de commenter l'absence de basse. Disons simplement que ces petits malins s'en sortent bien sans... en studio. En concert, ils sont accompagnés de Gus Seyffert (basse et voie) et de John Wood (claviers, guitare, chœurs, percussion). (retour)


vendredi 18 janvier 2013

Fever, interprété par Rita Moreno

De passage au Muppet Show un jour de juin 1976, la chanteuse portoricaine Rita Moreno se frotte à l'orchestre de marionnettes (plus connu sous le nom de « The Electric Mayhem Band ») pour une interprétation du classique Fever. La confrontation avec Animal, le batteur fou inspiré par Keith Moon, le batteur des Who, reste un classique.

La version originale de Fever, composée par Eddie Cooley et John Davenport à la fin des 1950s, a été reprise des centaines de fois : Little Willie John (la version originale), les Cramps (une des meilleurs interprétations, voir le billet), Peggy Lee (la plus connue), mais aussi James Cotton, Nina Simone, Elvis Presley, Ray Charles, The Doors, Ella Fitzgerald, etc. La liste est longue, mais la version de Céline Dion (si si, elle existe !) a été sciemment omise...


mercredi 26 décembre 2012

Doom And Gloom, des Rolling Stones (2012)

Il semblerait que les Rolling Stones soient encore vivants, eux !
Doom and Gloom est l'une des deux compositions (avec One Last Shot) enregistrées en août dernier à Paris. La bande à Mick Jagger et Keith Richards a bien vieilli (euphémisme) et l'époque des Stones de Brian Jones, avec Beggars Banquet et Let It Bleed, semble à des années-lumière de... ça.

On aura reconnu l'actrice Noomi Rapace, vue récemment dans Prometheus et dans les Millenium de Niels Arden Oplev.

N.B. : Le dernier ratage en règle de cette ampleur qui me vient à l'esprit est le duo Bertrand Cantat - Shaka Ponk, l'année dernière, avec le titre Palabra Mi Amor (voir la vidéo). Mais où était-il allé se fourrer celui-là...


vendredi 07 décembre 2012

Hommage à Dave Brubeck

Dave Brubeck, l'un des plus grands pianistes de Jazz de tous les temps est mort avant-hier, le 5 décembre 2012, la veille de son 92ème anniversaire. Il formait avec Paul Desmond (virtuose du saxophone), Eugene Wright (contrebasse) et Joe Morello (batterie) le Dave Brubeck Quartet. En guise d'hommage, la moindre des choses serait de réécouter l'un des morceaux de Jazz les plus connus au monde : Take Five, composé par Desmond en 1959 sur l'album Time Out.

D'autres titres de l'album au succès retentissant : Blue Rondo A La Turk (voir la vidéo) et Three to Get Ready (voir la vidéo).

N.B. : Pour les connaisseurs, le titre du morceau Take Five vient de la signature rythmique en 5/4, rarissime dans le jazz des années 1950 et qui révolutionna le genre en cassant le mécanisme des rythmes et du tempo de l'époque.

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mercredi 05 décembre 2012

Le Parc, d'Angelin Preljocaj (1994)

Angelin Preljocaj est un des plus grands chorégraphes de son temps, c'est-à-dire le nôtre. Né à Sucy-en-Brie en 1957, son premier contact avec la danse se fait, comme souvent, avec la danse classique. Plus tard, il s'oriente vers la danse contemporaine et apprend avec les plus grands, notamment Karin Waehner et Merce Cunningham. D'abord danseur, donc, il s'oriente au gré de ses collaborations vers une carrière de chorégraphe. En 1984, il crée la Compagnie Preljocaj pour lesquelles il imagine des chorégraphies (Larmes blanches, À nos héros) qui lui apportent la notoriété. Auteur d'une cinquantaine de chorégraphies, il se place à la frontière entre la danse néo-classique et la danse moderne. La richesse de son oeuvre témoigne de la remise en question permanente qu'il s'impose, prenant souvent son public à contre-pied. En 1995, il refuse la direction du Ballet national contemporain de Toulon après qu'un maire d'extrême-droite ait été élu.

Le Parc, créée en 1994 pour l'Opéra Garnier, est une oeuvre lyrique et sensuelle magnifique, superbement interprétée par Aurélie Dupont et Manuel Legris sur une musique de Mozart. D'une beauté à couper le souffle.