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samedi 12 mars 2016

But I Was Cool, d'Oscar Brown Jr.

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Petit moment de détente avec le délire "But I Was Cool" signé Oscar Brown Jr. Un tempo Rhythm and Blues entraînant, des paroles excellentes dignes de Screamin' Jay Hawkins... Un pur régal.

Single extrait de l'album plus orienté Jazz Sin & Soul (1960).


mercredi 17 février 2016

Thundercrack

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Aux amateurs de Garage énergique et de pépites underground, je recommande chaleureusement ce coup de tonnerre tout droit venu des Éta... euh... de France. De Nancy, plus précisément. Force est de constater que la jeunesse nancéienne est pleine de ressources et qu'elle proposait déjà, à la fin des années 90, du Garage de qualité. Longtemps avant la résurgence du genre et le retour d'une certaine "mode Garage" dans les années 2010, donc. Leur nom : Thundercrack.

Il y a d'un côté cet orgue délirant, rappelant les meilleurs moments des Frigg A-Go-Go — Les deux groupes étant contemporains, il serait bien difficile de dire qui a inspiré l'autre, mais les ressemblances sont frappantes sur certains morceaux. De l'autre, une rythmique très solide, dont la puissance enfiévrée se situe non loin de celle des Gories. Du Garage rêche et âpre, qui se laisse parfois tenter par des sonorités blues. Leur premier album sorti en 1998, Own Shit Home, est un incontournable du genre, un concentré d'électricité. Ils enregistreront leur second (et dernier en date) disque quatre ans plus tard sous le nom de The Crack, très légèrement en-deçà, mais toujours très bon dans ce registre. Thundercrack était né des cendres d'un premier groupe (The Squares, qui vaut également le détour) et a vraiment su cristalliser un son, une énergie punk, un délire brut et sans concession. Le groupe donna naissance en 2005 à une troisième formation, King Automatic, dans une veine semblable mais dont les dernières productions (Lorraine Exotica, sorti 2015) me laissent personnellement de marbre.

Quelques idées pour se lancer : 99 (lien youtube), Shake Your Hips (lien), Chicken Biscuits (lien), et Never Say Goodbye (lien). Leur second album est entièrement sur Youtube : lien. Un extrait de leur premier album, I Love Her Gravy :


jeudi 21 mai 2015

Tell 'em What Your Name Is!, de Black Joe Lewis & The Honeybears (2009)

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La découverte musicale du jour : Black Joe Lewis et sa formation (les Honeybears, donc), via l'album Tell 'em What Your Name Is! sorti en 2009. De la Soul contemporaine très inspirée, consciente et respectueuse de ses influences, groovy à souhait, et qui ne s'interdit pas quelques incursions électriques. Le duo basse/orgue fonctionne à merveille, la communication entre les deux instruments est proprement jouissive. James Brown n'est par moments pas bien loin...

Petit extrait de leur premier album :

N'hésitez pas à jeter une oreille ou deux au reste de l'album, avec des morceaux bien énergiques comme Boogie (lien Youtube n°1) ou plus traditionnellement Soul en fin d'album : Please Pt. Two (lien Youtube n°2). C'est le genre de groupe aux accents revival, avec des gens comme Nick Waterhouse (cf. son album Time's All Gone : lien Youtube n°3), qui apportent un éclairage novateur et fort appréciable sur la Soul et le Rhythm & Blues d'hier et d'aujourd'hui.

N.B. : Un grand merci à Maloryknox pour cette découverte !


jeudi 27 novembre 2014

Moan Snake Moan, de Bror Gunnar Jansson (2014)

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Les deux albums de Bror Gunnar Jansson, Moan Snake Moan (2014) et son "self-titled debut album" (2012).

The devil blues

Bon. On va d'abord mettre tout le monde d'accord. Petit enregistrement de derrière les fagots, très différent de la version studio enregistrée sur l'album Moan Snake Moan, sorti sur le label français Normandeep Blues. Le titre : Ain't No Grave (Gonna Hold My Body Down).

Son petit nom, ce n'est pas Robert Johnson Junior, mais Bror (« frère » en suédois) Gunnar Jansson. Le morceau, c'est une reprise d'un classique de Gospel datant du début du XXè siècle qui avait déjà été réinterprété par Johnny Cash, empreint de cette noirceur mélancolique caractéristique (écoutez cette version ici : lien). Cette chanson apparaît accessoirement dans l'excellent Luke la main froide, dans la scène où Paul Newman doit creuser une tombe. Force est de constater que le Suédois dépoussière tout cela avec vigueur et application...

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Dans la droite lignée du suisse Reverend Beat-Man (lire le billet), Bror Gunnar Jansson est un one man band complètement investi dans sa tâche, habité par le blues de ses ancêtres. Avec son look des années 30, mèche rebelle, pantalon trop court et bretelles, ce personnage aux traits secs et au visage blême semble tout droit sorti d'un film de la Hammer. Tout timide quand il n'est pas sur scène, il se métamorphose en enlevant ses chaussures, il devient l'homme-orchestre au contact de son attirail insolite et authentique : une guitare quelconque qu'un bottleneck surprenant vient parfois faire tressaillir, une caisse claire, un charleston trafiqué et un étui rigide armé d'une pédale de grosse caisse. Quand il se met à hurler, de sa voix éraillée de loup-garou, comme torturé par le « devil blues », on est violemment projeté au XVIIIè siècle, dans les champs de coton de Lousiane.

Du haut de ses 27 ans, Bror Gunnar Jansson donne un nouveau souffle au blues contemporain, dans un style animal qui prend tout de suite aux tripes. Il faut dire que grâce à son père, il baigne depuis son plus jeune âge dans la musique de John Lee Hooker, Howlin’ Wolf, Muddy Waters, etc. Ses chansons racontent souvent des histoires tragiques, comme celle d'un meurtrier qui finit pendu ou celle de Butch, le boxeur de Pulp Fiction. Un blues profond et vénéneux, un univers un peu freak show rappelant celui de Tom Waits. Et, surtout, beaucoup plus éclectique qu'il n'y paraît : en studio, les sons chauds d'un saxophone se font entendre (avec orgue et violoncelle), alors qu'en live, il sait varier les plaisirs et troque ses rythmes puissants et primitifs pour des ambiances plus apaisées, des tempos ralentis. Rafraîchissant, décapant, voilà un musicien qui envoûte et qui ensorcelle. Bonne nouvelle : il est en ce moment en tournée un peu partout en Europe.

N.B. 1 : Plein d'autres choses à écouter sur son SoundCloud : https://soundcloud.com/brorgunnarjansson.

N.B. 2 : Un grand merci à Maloryknox pour cette excellente découverte.

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mercredi 07 mai 2014

Melville, des Movie Star Junkies (2008)

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Les Movie Star Junkies n'étaient à la base qu'un duo qui sillonnait l'Italie armé d'une batterie et d'un orgue. Formé en 2005, le groupe honorait déjà ses influences telles que le Gun Club ou les Meteors. Plusieurs membres sont venus compléter peu à peu ce noyau dur, avec un premier guitariste en 2006 et un second en 2008, accompagné d'une basse. L'équipe enfin réunie au grand complet, l'album Melville était né. Hommage au romancier américain plus qu'au réalisateur français, ces quarante minutes consacrent une certaine forme de noirceur et de désespoir et placent la formation originale au centre de cet univers envoûtant.

Si les guitares font fréquemment leur entrée fracassante avec ces riffs incisifs et électrisants, c'est bien le batteur qui martèle son style et qui charpente l'album : les roulements de "Run Away From Me" et "Your Miserable Life" et la précision des coups dans "Melville" et "Tongues Of Fire" nous le rappellent sans cesse. L'organiste n'est pas en reste, loin de là, c'est lui qui insuffle un vent de folie dans des mélodies proprement hypnotisantes, aux accents bluesy dans "Lucky Horse" et légèrement menaçants dans "I'd Rather Not". La voix et l'énergie du chanteur ne font que recouvrir le tout d'une touche Punk des plus appréciables, avec des compositions très noires et souvent dérangées.

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Ce n'est pas vraiment une surprise de découvrir le label du groupe, Voodoo Rhythm Records (leur site), véritable découvreur de talents et preneur de risques faisant passer Pascal Nègre pour ce qu'il est — je laisse libre cours à votre imagination quant aux qualificatifs les plus adéquats. Quand on voit sur scène (ils étaient au Folks Blues Festival de Binic l'année dernière) ce groupe à la fureur communicative, avec cette orgue lancinante, ce chant déchirant, cette guitare trash fondue de distorsion, la notion de "prise de risque" prend tout son sens.

Ci-dessous, le clip complètement barré de "Tongues Of Fire". À découvrir également : Lucky Horse, Your Miserable Life, et I'd Rather Not.


jeudi 23 mai 2013

Hommage à Ray Manzarek

Ray Manzarek, génie musical des Doors dont les solos d'orgue hanteront encore longtemps les mémoires, aura mis 42 ans pour rejoindre Jim Morrison. Il a pris à son tour « l’autoroute qui mène au bout de la nuit » telle qu'elle est décrite dans le morceau End Of The Night : un coup extrêmement dur au moral...

Ci-dessous, une version endiablée de Light My Fire extraite d'un concert en Europe en 1968.

Riders on the storm
Riders on the storm
Into this house we're born
Into this world we're thrown
Like a dog without a bone
An actor out alone
Riders on the storm

Extrait de Riders on the storm (écouter ce chef-d'œuvre ici), sur l'album L.A. Woman (1971).

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mardi 19 mars 2013

Sous les Palétuviers avec Pauline Carton et André Berley (1936)


Extrait du film Toi c'est moi