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lundi 29 août 2016

Magnetix

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Les Magnetix, découverts à l'occasion du festival "Montesquiou on the Rock's" (lire la chronique), valent aussi le détour en version studio. On reste très loin de l'expérience dévastatrice de leur son en live, mais le duo bordelais formé par Looch Vibrato et Aggy Sonora a proposé au cours des années 2000 quelques pépites de Garage Rock très savoureuses et dont on aurait bien tort de se priver. On tient là deux grands fans des Cramps (lire ici ou ), à n'en pas douter, et autant dire que de nombreux morceaux pourraient figurer dans les compilations du type Back From The Grave.

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Des percussions simples mais vigoureuses et radicalement efficaces, et ce son de guitare électrifiant, la marque de fabrique du groupe. Une combinaison simple mais qui produit une atmosphère incomparable grâce à quelques effets bien dosés : leur interprétation de Living in a box à Montesquiou est un très bon exemple de leur capacité à créer une telle ambiance. La vidéo est disponible ici : lien youtube. Après un premier album Magnetic Reaction assez minimaliste qui se dévore sans faim, ponctué ça et là de morceaux instrumentaux sympathiques, Magnetix a évolué vers des compositions de plus en plus étoffées et diversifiées, toujours dans le même esprit, comme en témoignent les albums successifs Flash, Magnetix, et Positively Negative. Leur dernier album Drogue Electrique sorti en 2011 fut un petit virage en direction d'un style moins agressif, moins jouissif aussi, plus réfléchi et donc moins Garage, fatalement. Leur nouvelle formation comptant 4 membres au total, baptisée Avenue Z, continue d'explorer cette voie avec l'album AZIMUT sorti cette année. Ces sonorités plus électro-expérimentales ne m'ont pas franchement convaincu, les albums Magnetic Reaction et Positively Negative restent mes préférés, et de loin, dans un style bien plus punchy, distordu et animal.

La version studio (à comparer avec le live à Montesquiou ci-dessus) de Living in a Box, toujours aussi hypnotisante, disponible sur l'album Positively Negative :


dimanche 21 août 2016

Montesquiou on the Rock's — Chronique d'un garageux ordinaire

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Montesquiou, c'est un petit village du Gers, à une centaine de kilomètres à l'Ouest de Toulouse. Quelque cinq cents âmes à l'année, perdues dans les très beaux paysages gersois, verdoyants et vallonnés. Chaque été depuis 10 ans, la population connaît une hausse du nombre de têtes par mètre carré, le temps d'un weekend allongé, à l'occasion d'un festival de Garage (mais en plein air) baptisé "Montesquiou on the Rock's".

Un festival gratuit, à l'ambiance agréable, détendue, familiale, où tout le monde trouve sa place : il y a des jeunes et des moins jeunes, des vieux et des moins vieux, des garageux de tout le Sud de la France, des punks à grosses crêtes et blousons cloutés, des fans de Glam Rock et des gens qui passaient tout simplement par là et qui se demandaient d'où venait cet incroyable bordel. Il est franchement étonnant de voir que pour son dixième anniversaire, le festival a su conserver un esprit génial en petit comité, une bonne organisation, et une excellente programmation. Les repas sont pris un peu partout autour et sur les grandes tablées disposées pour l'occasion, ce qui facilite les contacts avec d'autres sympathiques et anonymes garageux et avec, au choix, Looch Vibrato et Aggy Sonora des Magnetix, le chanteur de King Salami Dirty Sanchez, ou encore un Reverend Beat-Man (lire le billet) qui passe par là derrière ses lunettes noires. Bref, des repas sympas avec des produits locaux, bons et pas chers.

Rentrons dans le vif du sujet. Les toulousains de Dividers [extrait : The Way of the Brave] ont ouvert les hostilités jeudi soir, pour une entrée à base de Folk, Garage, et Punk. La première moitié du set était vraiment bonne, avec des ballades plus ou moins énergiques et électriques. Le temps de quelques morceaux, on peut y voir (entendre) les cousins éloignés des Jack of Heart, un excellent groupe de Garage bordelais. La dernière partie était plus pop, plus convenue, et moins attrayante, avec un morceau (Hook) dont les sonorités flirtaient dangereusement avec celles de Patrick Coutin sur J'aime regarder les filles... Puis vint le tour du trio argentin Capsula [extrait : Voices Underground], nouvellement basé à Bilbao en Espagne. Un groupe de Glam Rock réputé pour ses prestations de folie, mais avec à la clé un live qui s'avère désagréablement surjoué, à grand renfort de paillettes, mèches rebelles apprivoisées et petits sauts frisant le ridicule. Il faut sans doute être sensible à ces excès du Glam pour apprécier, mais tout ce qui tournait autour d'une guitare grattée dans le dos ou avec les dents n'était pas franchement convaincant. Pour terminer, un rappel à base de reprises, un Bowie (Suffragette City) correct et un Iggy & The Stooges (I Need Somebody) pas tellement dans l'esprit du groupe. Prestation assez mitigée de mon point de vue, mais beaucoup semblent avoir apprécié.

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Deuxième soir, après une journée ensoleillée de repos pour se remettre de la veille, à siroter diverses boissons dans les différents champs autour de Montesquiou. King Automatic [extrait : Here comes the terror] ouvre le bal avec tout son attirail de one man band accompli : claviers, grosse caisse, charleston modifié, maracas, guitare (la même que celle avec laquelle il jouait pour Thundercrack [lire le billet]) faisant office de baguette de manière épisodique, et bien sûr l'indispensable looper. Un multi-instrumentiste vraiment talentueux. Il aura préparé le terrain assez efficacement pour le duo de Stop II [extrait : Monkey], génial groupe de Country Trash dans la même veine que Honkeyfinger. Casquette de redneck sur tracteur John Deere vissé sur la tête, percussions à base de plats à tartes divers, washboard et autres fonds de cafetières italiennes, vieux westerns en noir et blanc projetés en arrière plan, le folklore de la cambrousse américaine fait partie intégrante du groupe. Et autant dire qu'ils envoient du bois avec leurs gros riffs et leur grosse voix, malgré un set un peu trop long. Ils laissèrent la place à un autre duo, les Magnetix [extrait : Living in a box], une petite révélation qui m'aura coûté un tympan. Une batteuse acharnée et une guitare au son savamment distordu pour une ambiance de folie. La gestion du bruit est assez impressionnante, comme un fouillis aux contours bien maîtrisés. Une prestation exceptionnelle, la meilleure du festival probablement, enflammée du début à la fin. Petit extrait de leur performance à Montesquiou : vidéo. Le public chauffé à blanc était alors dans les meilleures dispositions pour accueillir la tête d'affiche du festival, The Monsters [extrait : Juvenile delinquent]. Le groupe suisse du Reverend Beat-Man arrive dans des conditions idéales et ne s'est pas fait prier pour foutre le boxon, après une introduction étrangement cordiale sur fond de Queen. Il n'aura cependant pas attendu deux minutes avant de filmer tout et n'importe quoi en live (comme son batteur ou, diantre, ses parties génitales). Comme prévu, une fois les deux batteries (disposées face-à-face) lancées, l'ambiance est vite devenue électrique et la foule est entrée dans une transe délirante. Les pogos ont laissé des marques. Pas un moment de répit. Un final survolté, accompagné d'une pluie fine et rafraîchissante. Les Monsters sortiront bientôt leur nouvel album, enregistré à Toulouse dans le studio analogique de Lo' Spider.

(Pas de troisième soirée pour moi.)

Une chose est sûre : je repasserai à Montesquiou en 2017.

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vendredi 12 août 2016

Les Blues Pills, et l'album du même nom (2014)

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Une semaine après la sortie de leur second album, je me rends compte que je n'ai jamais parlé ici d'un album que j'écoute en boucle depuis deux ans. Et j'exagère à peine. Les Blues Pills, dans l'album portant leur nom et sorti en 2014, c'est un concentré de revival Hard / Blues Rock 70s. Le groupe principalement suédois, armé d'un jeune guitariste français, a su tirer tout le sel des productions énergiques de cette décennie révolue mais bien vivante. C'est un album-hommage, qui en a donc les limitations, mais qui déborde de passion et d'énergie très largement communicatives. La démarche est étonnamment sincère. C'est ce qu'on appelle un gros coup de cœur. Extrait de cet album : Devil Man.

Si la voix d'Elin Larsson ne vous charme pas, je ne peux rien pour vous. L'album s'ouvre sur des riffs sauvagement entraînants (High Class Woman : lien youtube), et se termine sur une note calme (Little Sun : lien youtube), d'une envoûtante mélancolie, pour nous permettre de faire le deuil des quarante dernières minutes passées dans une autre dimension. Deuil double, puisque l'album sorti très récemment, Lady In Gold, est assez facilement oubliable... Si le genre vous botte, n'hésitez pas à jeter une paire d'oreilles à leurs compatriotes (et très probablement inspiration partielle) Graveyard, et notamment l'album de 2011 Hisingen Blues.

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vendredi 05 août 2016

Horrorshow, de Scars (1979)

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Petit concentré de Punk on ne peut plus efficace, issu du single Horrorshow / Adult/ery. Le bassiste a accessoirement trouvé là le riff du siècle... Et j'exagère à peine. On n'est pas étonné d'apprendre que les membres de Scars sont originaires d'Écosse (Edinburgh, plus précisément), tout comme la formation plus récente The Amazing Snakeheads (Glasgow) qui a sans doute puisé chez eux une partie de son inspiration.

Pour les Amazing Snakeheads, qui feront j'en suis sûr l'objet d'un petit billet, c'est par ici : lien youtube.


mercredi 03 août 2016

Joshua Fit the Battle of Jericho, de Big Maybelle (1960)

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Big Maybelle, à ne pas confondre avec une autre grande chanteuse de Rhythm and Blues contemporaine Big Mama Thorton (qui fera sans doute l'objet d'un billet, un jour, tant sa carrière est incroyable — elle fut ruinée à cause de deux reprises de ses chansons, qui ont éclipsé les originales, par Janis Joplin et Elvis Presley), était une sacrée dame. Partie du Gospel dès sa plus tendre enfance, elle évolua vers des partitions plus rythmiques à partir des années 50. Dans la lignée des classiques de "negro spiritual", les chants religieux des esclaves noirs américains à l'origine du Gospel, elle fut l'interprète du génial Joshua Fit the Battle of Jericho. Le morceau est présent dans un album-compilation (par ailleurs assez inégal) sorti en 2001, Half Heaven, Half Heartche.

Son dernier véritable album, The Last of Big Maybelle, paraissait en 1973, un an après sa mort.

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mercredi 29 juin 2016

Human Fly, extrait de l'album ...Off The Bone, de The Cramps (1983)

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Petite douceur déjà évoqué dans un billet antédiluvien consacré aux Cramps, Human Fly est un petit bijou de Garage sale qui décrassera les oreilles des amateurs. Un morceau plein de sons et de bruits étranges, tellement caractéristique du groupe...

'Cuz I'm a reborn maggot using germ warfare
Rock tonight, and I say
Bzzzzzzz

Titre présent sur les albums et compilations ...Off The Bone, Bad Music for Bad People, et File Under Sacred Music - Early Singles 1978-1981.


lundi 27 juin 2016

Bops, Babes, Booze & Bovver, des Nipple Erectors (1987)

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Petit interlude musical avec le premier groupe de Shane MacGowan, à l'époque où il avait encore toutes ses dents : The Nipple Erectors, aussi appelé The Nips. Un groupe de Punk Rock classique au Royaume-Uni, surtout actif à la fin des années 70 et au début des années 80, avant que le leader mi-irlandais mi-anglais ne s'en aille former un autre groupe de légende, The Pogues. On connait tous Dirty Old Town, mais sans doute moins les pépites que recèlent les albums et compilations de singles de sa première formation, comme All The Time in The World présent sur l'album Bops, Babes, Booze & Bovver :