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mardi 09 octobre 2012

À ceux qu'on foule aux pieds, par Victor Hugo (1872)

Je reproduis ici un extrait d'un poème en alexandrins de Victor Hugo, magnifique plaidoyer populaire écrit en 1872 pour la défense des Communards, à une époque où la forme littéraire était encore utilisée pour donner de la force à un propos.

Oh ! je suis avec vous ! j’ai cette sombre joie.
Ceux qu’on accable, ceux qu’on frappe et qu’on foudroie
M’attirent ; je me sens leur frère ; je défends
Terrassés ceux que j’ai c
ombattus triomphants ;
Je veux, car ce qui fait la nuit sur tous m’éclaire,
Oublier leur injure, oublier leur colère,
Et de quels noms de haine ils m’appelaient entre eux.
Je n’ai plus d’ennemis quand ils sont malheureux.
Mais surtout c’est le peuple, attendant son salaire,
Le peuple, qui parfois devient impopulaire,
C’est lui, famille triste, hommes, femmes, enfants,
Droit, avenir, travaux, douleurs, que je défends ;
Je défends l’égaré, le faible, et cette foule
Qui, n’ayant jamais eu de point d’appui, s’écroule
Et tombe folle au fond des noirs événements ;
Etant les ignorants, ils sont les incléments ;
Hélas ! combien de temps faudra-t-il vous redire
À vous tous, que c’était à vous de les conduire,
Qu’il fallait leur donner leur part de la cité,
Que votre aveuglement produit leur cécité ;
D’une tutelle avare on recueille les suites,
Et le mal qu’ils vous font, c’est vous qui le leur fîtes.
Vous ne les avez pas guidés, pris par la main,
Et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin ;
Vous les avez laissés en proie au labyrinthe.
Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte ;
C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité.
Ils errent ; l’instinct bon se nourrit de clarté ;
Ils n’ont rien dont leur âme obscure se repaisse ;
Ils cherchent des lueurs dans la nuit, plus épaisse
Et plus morne là-haut que les branches des bois ;
Pas un phare. A tâtons, en détresse, aux abois,
Comment peut-il penser celui qui ne peut vivre ?
En tournant dans un cercle horrible, on devient ivre ;
La misère, âpre roue, étourdit Ixion.
Et c’est pourquoi j’ai pris la résolution
De demander pour tous le pain et la lumière.

mercredi 04 juillet 2012

J'ai un doute...

Si vous en avez assez des sites d'informations conventionnels, J'ai un doute.com est fait pour vous.

jai_un_doute.pngTrès rigoureux sur le fond comme sur la forme, il s'agit d'un condensé d'informations mêlant vidéos personnelles et documentaires de qualité, au service d'une information simple et précise. Le but est clairement de souligner la désinformation environnante, sur des sujets parfois difficilement abordables mais pourtant essentiels.
Les articles sont regroupés par grands thèmes, comme Environnement, Politique, Économie, Santé, Médias, Sciences, Histoire... Chaque vidéo bénéficie d'un montage particulièrement soigné qui rend le contenu encore plus percutant. Enfin, le site est participatif : à tout moment, on peut apporter sa pierre à l'édifice en communiquant les éléments nécessaires à la confirmation ou l'infirmation d'une information donnée.

Dernier exemple en date, les événements récents en Libye.

Merci Robin, voilà un élément de plus dans mes raccourcis Firefox...

lundi 28 mai 2012

Le Monde diplomatique - Mai 2012

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Les médias contre l'égalité
Pierre Rimbert

« Moi, je voudrais qu'il y ait une révolte, des manifestations de journalistes, qu'on aille devant le siège du Conseil constitutionnel, que deux ou trois confrères courageux fassent la grève de la faim – pas moi, hein ! »
Jean-Michel Apathie, LCI, 20 janvier 2012.

Ce n'est pas l'abrogation récente du délit de harcèlement sexuel par le Conseil constitutionnel qui provoque l'ire de ce cher Jean-Michel Apathie. S'il s'est ainsi insurgé, durant la campagne présidentielle, ce fut contre l'égalité d’accès aux médias audiovisuels garantie à tous les candidats à l'élection. Cette prise de position, aussi stupide soit-elle, soulève une question fondamentale : qui, du législateur issu du suffrage ou des directions éditoriales nommées par les actionnaires, doit fixer les critères distinguant le prétendant légitime du « candidat inutile » ?

Cette bataille, en apparence cantonnée à des questions de forme, touche aussi au fond. Ainsi, la campagne présidentielle connaît trois phases bien distinctes : « Durant la première, le principe dit d'équité proportionne le temps de parole des candidats potentiels à leurs résultats antérieurs et... aux sondages. Dit autrement, l'équité favorise les points de vue les plus connus. La campagne officielle, qui a débuté le 9 avril, met en revanche les compteurs à zéro : l'égalité accorde aux faibles les mêmes droits qu'aux forts. Entre les deux périodes, un régime intermédiaire distribue à chacun une même durée de parole, mais à des horaires inégaux : austérité à 20 heures, lutte des classes à 3 heures du matin. » Bien entendu, seul la phase relative à l'équité du temps de parole trouve grâce aux yeux des principaux patrons de chaînes...

Les propos tenus par Franz-Olivier Giesbert, invité à commenter les prestations des prétendants à la présidence à l'issue de l'émission « Des paroles et des actes » le 12 avril sur France 2, illustrent parfaitement cet état d'esprit. Et, disons le franchement, ça fait froid dans le dos.

Pourtant, les interventions des candidats hors cadres sont loin d'être dénuées d'intérêt. Moins assujettis que les vedettes aux règles du spectacle médiatique, ils savent n'avoir rien à attendre des grands journalistes, et donc rien à redouter d'eux. Vecteurs d'idées souvent minoritaires (ce qui ne signifie pas qu'elles soient systématiquement vaines, faut-il le rappeler), ils sont autant de grains de sable dans les rouages de l'ordre médiatique établi. L'égalité du temps de parole expose les faiseurs d'opinion au risque de voir la complicité habituelle tourner à la confrontation. Le désormais célèbre passage de Nicolas Dupont-Aignan sur le plateau de l'émission « Le grand journal » de Michel Denisot en est le parfait exemple (voir la vidéo), tout comme celui de Philippe Poutou sur TF1 dans le journal de Claire Chazal (voir la vidéo).

DSK, Hollande, etc. (voir le billet), le film documentaire de Julien Brygo, Pierre Carles et Aurore Van Opsta sorti début 2012, étudiait cette mécanique opaque constitutive d'un large pan du paysage médiatique français. Si la mécanique institutionnelle rétrécit l'éventail des idées politiques mises aux voix (comme par exemple, de fait, le courant anarchiste), on imagine sans peine l'atrophie d'une campagne livrée au seul bon vouloir des journalistes. Savoureux paradoxe, puisque face à la contradiction entre liberté de la presse et liberté d'opinion, la loi étend un peu le pluralisme en restreignant le droit des grands médias. Aux États-Unis, où la publicité anime désormais la politique, la « fairness doctrine » (équivalent américain de notre principe d'égalité de temps de parole) a été formellement supprimée des textes en août 2011, sous la présidence de Barack Obama. La commission fédérale des communications (Federal Communications Commission, FCC) l'a en effet jugée « obsolète et dépassée. » Comme la presse française, l'égalité du temps de parole.


À écouter du lundi au vendredi entre 15 et 16 heures : Là-bas si j'y suis, l'émission de Daniel Mermet sur France Inter, consacrée au Diplo une fois par mois. Celle de mai est accessible sur http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2456.

mardi 08 mai 2012

Le Quinquennat

En guise de souvenir...

lundi 30 avril 2012

DSK, Hollande, etc. de Julien Brygo, Pierre Carles et Aurore Van Opstal (2012)

dsk_hollande_etc.jpg

DSK, Hollande, etc. est le dernier film documentaire de Pierre Carles (accompagné de Julien Brygo et Aurore Van Opstal), réalisateur corrosif dont la réputation tient essentiellement à une analyse critique et alerte des médias. Souvent ostracisé, c'est pourtant à lui qu'on doit par exemple la révélation du scandale de la fausse interview de Fidel Castro, que Patrick Poivre d'Arvor prétendit avoir réalisée en 1991. Il est l'auteur de nombreux travaux étudiant la mécanique implacable de l'univers médiatique comme Juppé, forcément (1995), Pas vu pas pris (1998), Enfin pris ? (2002) et Fin de concession (2010). Il porte par ailleurs un regard singulier sur le monde du travail dans des documentaires comme Attention danger travail (2003) ou Volem rien foutre al païs (2007). Enfin, on retiendra le film de 2001, La sociologie est un sport de combat, œuvre de sensibilisation à la sociologie au travers des travaux de Pierre Bourdieu (1).

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C'est aujourd'hui le principal paradoxe de – la majorité de – la presse : un corps opaque censé faire la transparence sur le monde qui nous entoure. Les quelques téméraires qui ont accepté de recevoir l’équipe sont confrontés, de manière plus ou moins détendue, à un regard critique sur leur métier, preuves à l’appui. Il s'agit là d'un retour critique salutaire au regard de l’amnésie ordinaire qui frappe le monde médiatique, comme l'analysent Frédéric Lordon, Gilles Balbastre, François Ruffin et d'autres belles cervelles dont les commentaires s’insèrent entre les interviews et les images d’archives. Exactement comme dans Les Nouveaux Chiens de Garde (excellent film documentaire de 2012 chroniqué ici)...

Ici, Jean-Michel Apathie, Nicolas Demorand, Laurent Joffrin et les autres journalistes-éditorialistes ne se prêtent au jeu de l’interview qu’avec une grande méfiance, alors qu'ils pratiquent l’exercice quotidiennement dans leurs médias respectifs. Si le début de l'entretien se passe relativement bien, ils sentent peu à peu le piège se refermer sur eux ; il faut dire que Julien Brygo (dont je vous conseille le site perso) excelle en matière de fausse naïveté et de vraie sournoiserie...

« Depuis plusieurs années, le Parti de la presse et de l'argent (PPA) sélectionne pour nous les candidats qu'il juge suffisamment capables de perpétuer l'ordre dominant [...] À l'approche du premier tour de l'élection présidentielle 2012, le PPA favorise délibérément le candidat de l'Union pour un mouvement populaire (dont le temps de parole est le plus important depuis le 1er janvier) et le candidat du Parti socialiste, qu'ils s'efforcent de peindre en rose, voire en rouge, pour créer l'illusion d'une opposition fondamentale entre ce qu'ils appellent "la gauche" et "la droite".
En réalité, ce match annoncé, ce duel préparé, cet affrontement mis en scène (qui devait se jouer entre Sarkozy et Strauss-Kahn, lequel fut remplacé après l'affaire du Sofitel, toutes choses égales par ailleurs, par Hollande), n'est pas un combat politique entre "droite" et "gauche" mais entre la droite dure (l'UMP, ex-RPR) et le centre-droit (le PS), les deux partis politiques français qui ont le plus œuvré pour le triomphe du libéralisme économique ces trente dernières années. »

Julien Brygo, « La fabrique de l'opinion électorale » sur son site www.julienbrygo.com.

Au vu du résultat, les journalistes interrogés auront sans doute le sentiment d’avoir été dupés (2). S'ils avaient connu les raisons de l'interview, ils n’auraient probablement pas accepté… ce qui aurait été bien dommage, tant ils nous font à la fois rire et réfléchir. Sans doute est-il juste de dire, comme le soutiennent les protagonistes, que les éditorialistes ne font pas l’opinion. Mais, de fait, ils confisquent le débat public en délimitant un espace du politiquement pensable : plus ils quadrillent l'espace médiatique, plus ils bornent celui des possibles. Ne leur en déplaise, car leur franchise a des limites, ils cèdent bien volontiers à « la tentation de faiseurs de rois » (3). Comme ne le dit pas Alain Duhamel (cf. son apparition dans Les Nouveaux Chiens de Garde), la pluralité des médias n’empêche malheureusement en rien l'unanimité idéologique.
Et pour terminer sur une note guillerette pleine d'espoir, comme disait Pierre Desproges, « L’adulte ne croit pas au père Noël. Il vote. » Aïe.

N.B. : Le film est disponible, gratuitement, sur le site de Pierre Carles (merci à Olivier pour sa vigilance en ce qui concerne les liens morts).

N.B. : Un premier montage du film a pu être diffusé avant le premier tour de l’élection présidentielle. Un second montage est disponible depuis peu (10/05/2012). Réalisé en autoproduction grâce à des amis et à une équipe de techniciens bénévoles, la version finale devrait voir le jour, en salles puis en DVD, d'ici fin 2012. Les auteurs sollicitent pour cela le soutien du public sur le site www.pierrecarles.org.

À lire : Noam Chomsky et Edward Herman, « La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie », Agone, 2008.

(1) Pierre Bourdieu, sociologue français de talent mort en 2002. Voir l'article du Diplo de janvier 2012 sur la fabrique des débats publics, œuvre posthume retranscrivant un cours au Collège de France (1989 - 1992) consacré à l'État. (retour)
(2) Et même plus que ça, puisque avant même que le film ne soit terminé, Laurent Joffrin, Renaud Dély et Jean-Michel Aphatie attaquent les auteurs, par le biais de leurs avocats, pour faire en sorte que ce film ne voie pas le jour. (retour)
(3) Alain Garrigou dans « Qui fait l’opinion : "DSK, Hollande, etc." », sur les blogs du Diplo : lien. (retour)

jeudi 19 avril 2012

Le plan de bataille des financiers, par François Ruffin

À l'origine, une conférence à la librairie de la Renaissance à Toulouse. François Ruffin, journaliste à Fakir, au Monde diplomatique et à l'émission de France Inter Là-bas si j'y suis, auteur en 2011 de Leur grande trouille, sous-titré « journal intime de mes "pulsions protectionnistes" », discutait du « Made in France », de la notion de protectionnisme et de ses conditions d'applicabilité. Au détour d'une question, il avait évoqué un document accablant concernant l'avenir de la politique économique en France, rédigé en anglais par un certain Nicolas Doisy, « chief economist » de Chevreux, la première société de courtage européenne du groupe Crédit Agricole.

Le document, sa traduction et quelques explications sont disponibles ici : www.masutti.lautre.net. Il s'agit d'une note brève (une dizaine de pages), en anglais, qui n'était pas destinée au grand public mais plutôt aux opérateurs de marchés.

Puis, l'apothéose. Lors d'une émission de Là-bas si j'y suis diffusée le 11 avril 2012 (disponible ici), François Ruffin interviewe ce cher Nicolas Doisy. Ce dernier va donner, empreint d'une sincérité qu'on ne saurait lui reprocher, les détails de ce qu'il faut d'ores et déjà appeler le plan de bataille de la finance au soir de l'élection présidentielle. Il y explique, d'une manière assez cynique, que le prochain président de la République – quel qu'il soit, même si l'on sent bien que l'un devra effectuer un retournement de veste d'une plus grande ampleur que l'autre – sera amené à tromper le peuple français et, un exemple parmi tant d'autes, devra casser le fameux Contrat à Durée Indéterminée (CDI), dernier rempart et principal obstacle aux politiques libérales de flexibilisation du marché du travail français.

Renseignez-vous par vous-même, faites-vous votre propre avis, mais je trouve que la vidéo de dix minutes ci-dessous résume assez bien l'enjeu et constitue un bon point de départ.

N.B. : Pour les affamés qui osent s'engager sur les sentiers tortueux de l'Économie, je ne saurais trop vous conseiller la lecture de cet article sur la création d'un nouvel outil de spéculation, entré en vigueur le 16 avril dernier et qui n'a pas fait grand bruit dans la presse. Le lien : http://reflets.info/la-france-en-faillite-yes-we-can.

Ajout du 29/04/2012 : Suite à la remarque de Louis – que je remercie au passage – du 25/04/2012, je rajoute ici les liens vers deux bons articles qui creusent le sujet, parus sur le « Blog de Nico » : le premier et le second. Et si vous voulez vous marrer, regardez ça : http://blogdenico.fr/?p=1114.

samedi 24 mars 2012

La Stratégie du Choc, par Michael Winterbottom et Mat Whitecross (2009)

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Un individu confronté à une situation de traumatisme collectif (guerre, catastrophe naturelle, crise économique ou encore, plus récemment, attaque terroriste) est plongé dans un état de choc. Ces chocs détournent l’attention générale vers l’urgence apparente de la situation et créent un consensus temporaire et artificiel. Beaucoup redeviennent alors des enfants, incapables de porter un jugement sensé, calme et responsable sur les décisions politiques des dirigeants et se retrouvent ainsi plus enclins à suivre les leaders qui prétendent les protéger. S'il est une personne à avoir compris ce phénomène avant les autres, c'est bien Milton Friedman, prix Nobel d'économie (1) en 1976. Grand apôtre de l'ultralibéralisme, Friedman conseilla pendant de nombreuses années aux hommes politiques d'imposer immédiatement après une crise des réformes économiques douloureuses avant que les gens n'aient eu le temps de se ressaisir. Il qualifiait cette méthode de « traitement de choc ».
En 2007, Naomi Klein publiait La Stratégie du choc (Actes Sud), un essai à la croisée de la politique et de la sociologie sous-titré « la montée d'un capitalisme du désastre » (voir le site officiel).

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Naomi Klein, journaliste activiste canadienne, publiait déjà en 2001 un manifeste altermondialiste de référence : No logo : la tyrannie des marques. Six ans plus tard, La Stratégie du choc livre une analyse méticuleuse de la démarche de ces papes de l'économie qui profitent des situations de crise pour passer à l'action. Michael Winterbottom et Mat Whitecross, réalisateurs en 2009 du documentaire du même nom, illustrent cette stratégie cynique en décortiquant soigneusement sa mécanique perverse.
De la Russie post-perestroïka à la Nouvelle-Orléans après le passage de l'ouragan Katrina, en passant par l'Irak au lende­main de la chute de Saddam Hussein, le « capitalisme du désastre » se nourrit depuis longtemps des guerres comme des catastrophes naturelles pour mettre la main sur l'économie d'un pays. Rien de tel qu'un petit coup d'État, fomenté par la CIA et porté au Chili par Augusto Pinochet et sa junte militaire, pour renverser le très – trop – progressiste Salvador Allende. Appliquer les théories économiques des Chicago boys, les disciples de Friedman, ne sera par la suite qu'une simple formalité... Ou comment un économiste à col blanc provoqua indirectement dix-sept ans de dictature.

Ce documentaire est un exemple en matière de narration. Peu à peu, les points se relient et forment un ensemble d'où jaillit la vérité, évidente et étincelante. Très clair sans être simpliste, il invite à une vigilance civile de tous les instants. À méditer, par les temps qui courent.

N.B. : Documentaire disponible en intégralité. Faites circuler !

(1) Petit précision : le prix Nobel d'économie n'existe pas. Il s'agit plus précisément du « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel ». Encore une entourloupe ! (retour)