in_the_bedroom.jpg, 2025/08/18
"Ever notice that even the worst bastards have friends?"

Tentative de visionnage à la boussole, par curiosité, pour voir ce que le réalisateur de Tár produisait 20 ans auparavant, à l'occasion de sa première mise en scène et après une carrière dans l'interprétation. Étrangement ce n'est pas là où on attend In the Bedroom qu'il se révèle le meilleur, c'est-à-dire pas dans le drame familial faisant suite à la mort d'une personne, mais dans les commentaires indirects et secondaires qui jalonnent l'histoire principale, et ce à commencer par la relation entre les deux parents vieillissants parfaitement interprétés par Sissy Spacek et Tom Wilkinson. L'intérêt d'un tel film tient à tout ce que les apparences laissent penser dans la longue première partie introductive, et qui se révèleront beaucoup moins simples une fois la charpente effondrée.

Initialement, un seul petit nuage au tableau : la famille bourgeoise au centre du récit vit paisiblement avec la mère occupée à donner des cours de chant, le père pris par son métier de médecin, et leur fils promis au fameux brillant avenir des milieux favorisés, en couple avec une femme plus âgée que lui dont l'ex-mari tourne encore autour telle une ombre parfois menaçante. Pas de chance, c'est un homme violent. Le scénario exhibe ici ses faiblesses : dans la facilité que ce dernier antagoniste a à envahir l'espace, menacer l'entourage, et constituer un danger mortel, il y a quelque chose de dérangeant qui aurait pu être adouci avec un travail d'écriture un peu plus nuancé à ce niveau. On nous déroule un narratif assez connu et un peu pénible sur le thème de l'être maléfique dont il semble impossible de se débarrasser — un comportement qui changera complètement dans la dernière partie.

Field démontre ses qualités dans la direction d'acteurs, avec Nick Stahl dans le rôle du fils et Marisa Tomei (la co-protagoniste touchante dans Happy Accidents aux côtés de Vincent D'Onofrio) dans celui de la nouvelle petite amie. On aperçoit même Karen Allen (Marion dans Les Aventuriers de l'arche perdue !) mais c'est très anecdotique. L'ensemble du casting compose à la fois un tableau de famille complexe et une communauté attachante, avec son industrie de la pêche et ses petits diners. Lorsque la tragédie survient, l'événement traumatisant devient le catalyseur d'une prise de conscience au sein du couple formé par Spacek et Wilkinson, sur fond de projet de vie commun pas aussi clair que ce qu'on pensait, de rancœurs accumulées, et de silences pour mieux dissimuler les troubles profonds. Pour cet aspect surprenant qui fait oublier les quelques facilités scénaristiques, In the Bedroom mérite le détour.

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