Une satire comico-amère grinçante typique d'une partie du cinéma italien de la décennie 1950s, avec son étude de mœurs révélant les grands travers de la société de l'époque dans une ambiance à la fois légère et grave. La dynamique (à tous les niveaux) est amorcée par le duo Sophia Loren / Franca Valeri, toutes deux très bien dans les rôles de deux cousines partageant le même appartement à Rome, deux figures de femmes d'origine modeste confrontées aux aléas des courtisans plus ou moins nombreux et surtout plus ou moins bien intentionnés. Forcément, Loren incarne la jeune femme dévorée par les regards masculins à chacune de ses sorties, caractérisée en premier lieu par sa naïveté et son innocence (un peu pesantes et unilatérales à la longue il faut avouer), et Valeri occupe une position presque opposée, avec son physique beaucoup moins flamboyant et sa volonté beaucoup plus affichée (et compliquée) de trouver le fameux homme de sa vie.
Toute la mécanique comique et tragique tourne autour des échecs et des succès sentimentaux des deux personnages féminins, en quelque sorte prisonnières du carcan moral familial très puritain, et fatalement elles ne passent pas du tout au travers des mêmes péripéties — l'une n'a qu'à se baisser pour cueillir l'homme qui lui convient là où l'autre n'en finit pas de se faire des films, de simuler un suicide, d'afficher ses convictions morales, et d'avoir recours à une cartomancienne pour se bercer de douces illusions. On reconnaît assez vite le style de Dino Risi, très à l'aise dans les deux registres principaux, comédie et drame, tous deux également alimentés par du carburant de cœur. Aussi défile devant leurs yeux une belle brochette de personnages masculins, tous plus (gentiment) manipulateurs les uns que les autres : Vittorio De Sica (acteur ici) en poète fauché jouant la sérénade comme un professionnel pour se faire payer un resto, Alberto Sordi en voleur de voiture qui essaie à tout prix de refourguer son dernier coup (et auteur de nombreuses séquences collector), ainsi qu'un pompier beau gosse (Raf Vallone), un photographe introverti, etc. Pas la comédie italienne du siècle mais une galerie de personnages truculents qui, un peu comme Poveri milionari, laisse entrevoir le grand Risi à venir.









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