mercredi 09 septembre 2026

The World Will Tremble, de Lior Geller (2025)

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Évasion, information

Le sujet est tellement fort qu'on peine à croire qu'il s'agit de la première adaptation au cinéma : The World Will Tremble raconte l'histoire du premier témoignage parvenu à l'extérieur des camps de la mort nazis, à Chelmno, avant le recours aux camps de concentration comme celui de Dachau. Il semble bien difficile de raconter cet épisode historique de manière originale dans une fiction contemporaine, mais Lior Geller parvient à tirer son épingle du jeu au moins en partie, en épousant le point de vue d'une poignée de prisonniers et en les faisant passer par une série de situations-vignettes tout autour de cet environnement hostile. Sans verser dans le sensationnalisme, le film arbore les contours d'un survival toujours sur le fil, en jouant avec les figures imposées du genre et en évitant de manière à peu près convaincante les clichés (quoi de plus cliché qu'un nazi après tout, bien sûr) qui fonctionnent comme autant de pièges en matière d'immersion.

Le parti pris immersif, précisément, constitue un des piliers du film qui se propose de nous plonger dans une période et un contexte un peu particuliers de la Seconde Guerre mondiale, puisque la communauté internationale n'a pas encore connaissance des crimes de guerre commis par l'Allemagne. L'enjeu (et le motif principal de survie des protagonistes) tient donc à parvenir à envoyer un signal d'alerte en dehors du camp de Chelmno — et dans une moindre mesure, à convaincre qu'il ne s'agit pas d'une fausse rumeur, y compris au sein d'une communauté juive dirigée par un rabbin qui dans un premier temps se montre profondément incapable d'y croire.

Globalement j'ai trouvé que The World Will Tremble parvient à maintenir une distance plutôt pertinente à l'horreur, sans braquer la caméra de manière insistante et répétée sur les charniers ou plus largement sur la cruauté des hommes mais sans pour autant l'éluder. La perspective retenue touche souvent à l'intime, au travers de familles détruites et des meurtrissures profondes causées chez les membres des Sonderkommandos qui passent leurs journées à côtoyer la mort. Parmi les faiblesses et maladresses, quelques séquences assez ratées sont à relever, que ce soit dans l'excès d'horreur (j'ai pas du tout accroché à la performance de David Kross, dans le rôle du commandant sadique et machiavélique) ou dans l'introspection (la séquence de la dernière nuit en cellule est vraiment sur-écrite et trop chargée en pathos à mes yeux, trop emphatique et maniérée dans sa mise en scène), mais il règne sur l'ensemble une intensité liée à la tâche de ces lanceurs d'alerte tout à fait prenante.

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vendredi 04 septembre 2026

Fantôme utile (eีใช้ได้ค่ะ, Phi chaidai kha), de Ratchapoom Boonbunchachoke (2025)

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Fantôme, réincarnation, exorcisme et aspirateur Entre le contexte de production thaïlandais, la tonalité de comédie noire mêlée à un récit fantastique sur le thème de la possession (par des fantômes) d'objets du quotidien, une romance entre un homme et un aspirateur (possédé par sa femme après sa  […]

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lundi 24 août 2026

Images du vieux monde (Obrazy starého sveta), de Dušan Hanák (1972)

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Chroniques paysannes tchécoslovaques fragmentées Il m'a manqué quelque chose dans Images du vieux monde pour que les témoignages, au centre du documentaire, produisent réellement les effets recherchés. Le film tchécoslovaque d'à peine plus d'une heure file à toute vitesse selon trois modalités  […]

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jeudi 20 août 2026

Center Stage (阮玲玉, Ruan Lingyu), de Stanley Kwan (1991)

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"When women stand up, it doesn't necessarily mean men are falling down. We can stand up together in this large world." Je me suis littéralement jeté sur ce film après avoir découvert Ruan Lingyu dans La Divine, sa dernière interprétation avant son suicide en 1935, un personnage  […]

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lundi 17 août 2026

Elle entend pas la moto, de Dominique Fischbach (2025)

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Chronique de failles familiales Le hasard fait que parmi les œuvres recensées dans ma liste des meilleurs films vus récemment, le premier et le dernier (en termes chronologiques) correspondent à des documentaires ayant pour thème la surdité — entre autres choses, les deux n'ayant pas grand-chose à  […]

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dimanche 09 août 2026

Du rouge pour un truand (The Lady in Red), de Lewis Teague (1979)

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"You ever seen the Pacific? Everybody should see it once before they are plowed under." Comme beaucoup, j'associe le nom de Lewis Teague à deux (films que je considère comme des) navets animaliers très marqués par la décennie des 1980s, L'Incroyable Alligator et Cujo. Aussi, la découverte  […]

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mardi 04 août 2026

Les Bas-fonds de Frisco (Thieves' Highway), de Jules Dassin (1949)

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"I don't know what are you talking about, but I have a new respect for apples." La grande originalité de ce film de Jules Dassin (son dernier réalisé aux États-Unis) tient au contexte socio-économique dans lequel le thriller noir se noue : le commerce des pommes, de la récolte dans les  […]

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vendredi 31 juillet 2026

Hundreds of Beavers, de Mike Cheslik (2024)

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Cartoon cocaïné Impossible de ne pas être un minimum sensible au délire gargantuesque de Mike Cheslik (et Ryland Brickson Cole Tews au premier plan devant la caméra) qui déballe dans un même mouvement franc et sincère sa cohorte de références cinématographiques et son humour potache teinté de  […]

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