lundi 19 janvier 2026

Sirāt, de Óliver Laxe (2025)

sirat.jpg, 2026/01/06
Le calvaire de la peur

Une fois l'expérience Sirāt digérée, j'avoue ne pas vraiment m'expliquer comment un film aussi singulier, baroque, lent, immersif, et porté sur un symbolisme de premier plan ait pu susciter un engouement aussi généralisé dans tous mes cercles proches, et plus généralement au niveau de critiques institutionnelles. Avec un exercice de style aussi particulier, reposant sur de très nombreux aspects anti-conventionnels du point de vue de la mise en scène, en marge du cinéma classique de la même façon que le milieu des ravers est peuplé de marginaux, j'aurais pensé que le clivage serait infiniment plus prononcé.

Mais peu importe. C'est le genre de film qui assomme, à tous les niveaux, dans tous les registres. On plonge dans les décors montagneux du sud du Maroc et on s'enfonce progressivement dans les profondeurs d'un désert impitoyable. Le fait que le personnage de Sergi López (seul acteur pro il me semble) recherche sa fille constitue au final un argument mineur, presque un prétexte : l'essentiel portera sur un voyage, avec son fils, en compagnie de deux vans de teufeurs, avec une composante spirituelle / métaphorique / suggestive plus ou moins pesante. De mon côté, j'ai trouvé que les différentes ambiances s'équilibrent très bien, entre le pragmatisme de la traversée du désert et la quête existentielle prenant de très nombreuses formes — en toile de fond, une Troisième Guerre mondiale se profile, on voit des militaires actifs, etc.

J'ai aussi beaucoup apprécié comment Óliver Laxe a intégré ses références, sans savoir si tout ça est volontaire / conscient ou non. On pense à de très nombreux coins de cinéma, de Mad Max à Sorcerer (ou "Le Salaire de la peur") en passant par Freaks et Gerry, et je trouve ces influences particulièrement bien assimilées, produisant un cocktail assez neuf. Du point de vue scénaristique, on peut relever pas mal de points qui coincent à cause de faiblesses d'écriture, qui auraient d'ailleurs pu être très facilement évitées (d'autant plus qu'il y a une sorte de fuite en avant à ce sujet dans la dernière partie, marquée par un jusqu'au-boutisme à double tranchant). Mais rien d'insurmontable en matière de visionnage, pour peu qu'on soit envoûté par au moins l'une des dimensions du film, la vibration techno, la quête du père, le voyage périlleux, le parfum de fin du monde, le train des rescapés — la liste est pas loin d'être infinie. Dans l'arrière-plan se joue aussi un basculement, tour à tour rendu de manière pragmatique ou sensorielle, parfois rugueux, parfois bancal, sur le thème du lâcher prise, de la finitude, et de la cruauté de l'existence. Et c'est un film qui ne ressemble à rien (que j'aie vu récemment du moins), chose assez exceptionnelle dans le domaine de la fiction : les sensations qui en résultent valent de l'or.

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vendredi 16 janvier 2026

Samba Traoré, de Idrissa Ouedraogo (1993)

samba_traore.jpg, 2025/12/01

Retour impossible L'histoire est très simple : un hold-up en ville, une fuite, un retour au village avec un petit surplus de fortune, et une tentative de retour à la normale. Le braquage est mis en scène de manière totalement explicite et frontale, dès les premières secondes il n'y a aucun doute  […]

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mardi 13 janvier 2026

Pic de Tarbésou et Étangs de Rabassoles

carte_3d.png, septembre 2025

C'est l'hiver. Il fait gris et froid. On attend encore les mètres de poudreuse dans les Pyrénées. Soudain, on retombe sur de vieilles photos ensoleillées de juin 2023. Une petite balade ariégeoise au-dessus de la station d'Ascou, facile d'accès, à deux heures de route de Toulouse. C'était chouette,  […]

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lundi 12 janvier 2026

Les 10 billets les plus consultés en 2025 sur "Je m'attarde" (et autres bilans personnels)

Je reprends le concept de la rétrospective de bonne année initiée l'année dernière dans ce billet, avec un petit tour d'horizon des billets les plus lus lors de l'année précédente, du 1er janvier au 31 décembre 2025.Cette fois-ci, un petit top 20. Le GR 10 Oriental, de Mérens-les-Vals à  […]

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samedi 10 janvier 2026

Le jardin dans le ciel, de Romain Potocki (2025)

Un cobra tagué sur un mur, ou la devanture d'une librairie avec un écriteau "Fermée parce que la mer me manquait", ou une vieille qui lit en fumant un bédo, ... aurait donné un peu de saveur à cette couverture mielleusement illustrée. Ces bandeaux commerciaux vous font peut-être aussi  […]

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jeudi 08 janvier 2026

L'Ogre d'Athènes (Ο δράκος, O Drákos), de Níkos Koúndouros (1956)

ogre_d_athenes.jpg, 2025/12/01

Découverte soudaine d'un pouvoir L'Ogre d'Athènes coche beaucoup de cases singulières qu'on n'aurait probablement pas pensé associer avant le visionnage : cinéma grec des années 1950 (6 ans avant le célèbre Zorba le Grec de 1964), film noir aux allures expressionnistes, touches satiriques mêlées à  […]

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lundi 05 janvier 2026

2 et This Old Dog, de Mac DeMarco (2012 et 2017)

2.jpg, 2025/01/29

Chill Découverte d'un registre que je ne connaissais pas avec un premier album, 2 : la Jangle Pop, sous-genre du Rock caractérisée par des sons de guitare assez aigus et des mélodies arpégées. Il a l'air très cool ce Mac DeMarco, avec sa chemise de Canadien, décontracté, clope au bec. Les mélodies  […]

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vendredi 02 janvier 2026

Starlet, de Sean Baker (2012)

starlet.jpg, 2025/12/01

"What's worse than getting banged by Jack the Ripper? Getting fingered by Captain Hook." Une ambiance douce en dépit des coups du sort répétés et intenses, des acteurs et actrices non-professionnels intégrés au casting, des personnages globalement touchants au-delà de leurs tares, la  […]

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