L'Ogre d'Athènes coche beaucoup de cases singulières qu'on n'aurait probablement pas pensé associer avant le visionnage : cinéma grec des années 1950 (6 ans avant le célèbre Zorba le Grec de 1964), film noir aux allures expressionnistes, touches satiriques mêlées à des emprunts néoréalistes, suspense hitchcockien impromptu, tragédie nihiliste remplie d'amertume, embardées romantiques disparaissant aussi vite qu'elles sont apparues... Impossible de savoir dans quoi on se lance avant d'avoir vu ce long-métrage à la fois avant-gardiste et anachronique réalisé par Nikos Koundouros.
Si le film se termine sur une note mélancolique et sépulcrale, les premiers instants font davantage penser à une sorte de pastiche mettant en scène un employé de banque présenté comme tout à fait insignifiant, découvrant par hasard dans le tramway le ramenant chez lui en fin de journée que sa trombine fait la une des journaux — plus précisément, il s'agit de celle du plus grand criminel du moment dont il s'avère être le parfait sosie... Pas de bol, pour un réveillon de Noël, ça s'annonce comme un joli début d'emmerdes. Poursuivi malgré lui par la police, il trouve refuge dans un bar souterrain mal famé qui se trouve être un repaire de gangsters en tous genres : les ennuis passent alors au niveau supérieur quand ces derniers le prennent pour leur maître, l'ogre d'Athènes éponyme, et surtout qu'il se prend au jeu et assume bien au-delà de l'acceptable son nouveau statut et sa fulgurante prise de galon.
Une bizarrerie assez étonnante de manière générale (ou en particulier dans le cadre du cinéma grec, avec mes maigres connaissances), montrant la soudaine prise de pouvoir d'un homme qu'on imagine peu habitué à ce genre de place centrale, découvrant l'ascendant qu'il peut prendre sur ses congénères mâles et le charme qu'il peut exercer sur une femme. Mais sans le savoir, la corde se resserre autour de son cou... On y traite déjà de frustration sociale mais aussi d'un exemple de capitalisme prédateur au travers de clients américains désireux d'acheter au marché noir une colonne de l'Olympiéion, le temple de Zeus. Regard assez halluciné sur les marginaux et les classes populaires de l'époque, avec de nombreux numéros de rébétiko (musique) et de zeibekiko (danse) assez inoubliables.






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