Impossible de ne pas être un minimum sensible au délire gargantuesque de Mike Cheslik (et Ryland Brickson Cole Tews au premier plan devant la caméra) qui déballe dans un même mouvement franc et sincère sa cohorte de références cinématographiques et son humour potache teinté de loufoque. Même en sachant en amont que Hundreds of Beavers n'est pas un film comme les autres, difficile de rester stoïque, difficile de savoir dans quoi on s'embarque sur la base des premières minutes déjantées. Du noir et blanc prononcé, de l'artisanal inventif, du gag balancé à la sulfateuse, bref, une enveloppe aussi soignée que fait main pour un budget total de 150 000 dollars qui englobe une histoire farfelue de fabricant de cidre converti au métier de trappeur au XIXe siècle.
Les ingrédients foisonnent, ça fuse dans tous les sens, on convoque autant Tex Avery que Chaplin et Keaton, on se moque de The Revenant tout en multipliant les références au jeu vidéo... Ce film a tout de la création sortie d'un cerveau hyperactif et hyper créatif. Seul bémol à mes yeux : la répétition, qui bien que mécanique fondamentale sur laquelle repose le moteur de l'humour, finit par lasser quand même un peu au bout de 1h45 — il y a quand même une limite au renouvellement permanent. Quoi qu'il en soit le film parvient à trouver une zone de stabilité assez incroyable entre la parodie et le survival, il parvient même à nous faire accepter très rapidement les costumes à 2 euros achetés à la Foir'Fouille. On reste aux côtés du protagoniste qui endure mille épreuves, subit mille échecs, et on suit avec un intérêt sorti d'on ne sait où le rythme de sa progression en matière de conception de pièges pour poissons, lapins et castors, tout ça guidé par l'amour de la fille du marchand du coin. L'univers est complètement barjot, l'amateurisme du projet n'a d'égal que son jusqu'au-boutisme, et pendant un certain moment on se demande quand même si on n'est pas en train de se foutre royalement de notre gueule... Puis on accepte le deal (j'imagine à peine la torture, dans le cas contraire), intrigué par le niveau de grotesque de la scène suivante, le plaisir ruisselant de la réalisation vers le visionnage.










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tu t'es fait enfler par tes influenceurs habituels (surtout si tu penses ne pas…
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