vendredi 16 janvier 2026

Samba Traoré, de Idrissa Ouedraogo (1993)

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Retour impossible

L'histoire est très simple : un hold-up en ville, une fuite, un retour au village avec un petit surplus de fortune, et une tentative de retour à la normale. Le braquage est mis en scène de manière totalement explicite et frontale, dès les premières secondes il n'y a aucun doute sur l'identité du coupable qui deviendra le protagoniste. Pourtant, Samba Traoré jouit d'un charme qui se déploie lentement, aidé en cela par la chronique d'un quotidien avec lequel on n'est que très peu familier (à l'image d'autres films comme Et la lumière fut d'Otar Iosseliani, tourné au Sénégal) : la vie dans un village reculé du Burkina Faso, dans la région hautement photogénique des Cascades — un décor remarquable avec ses cours d'eau, ses palmiers immenses, ses étendues semi-désertiques.

Au mode de vie local et exotique se greffe une thématique qu'on connaît bien, le poids de la culpabilité. Samba (Bakary Sangaré) revient près de sa famille et de ses amis, et embrasse de nombreux projets dont il rêvait mais qu'il ne pouvait pas réaliser faute d'argent. Il offre des vaches au village, il ouvre un bar avec son ami Salif (Abdoulaye Komboudri), et surtout il propose à Saratou (Mariam Kaba) de devenir sa femme après leurs premiers moments intimes. Une pensée ne le quitte pas et domine malgré tout le reste : en laissant filer le temps et les années, il espère que la police oubliera l'affaire et qu'il parviendra à vivre normalement, dans l'oubli. Mais bien sûr, rêve et réalité ne sont pas toujours parfaitement alignés...

Le film d'Idrissa Ouedraogo suit le chemin d'un scénario assez classique pour tisser une sorte de conte moral, en jouant sur de nombreuses dualités, la ville et ses dangers opposée à la campagne apaisée, les traditions qui ne sont pas toujours miscibles dans la modernité. Pour agrémenter cette composante, plusieurs autres registres rythment les péripéties, avec notamment des petits encarts comiques autour des frasques de Salif moyennement tolérées par sa femme Binta (interprétée par Irène Tassembedo), avec toujours présent à l'horizon le portrait d'un homme hanté par son passé. Les erreurs commises collent à la peau et rendent impossibles certains nouveaux départs : entre les interrogations des habitants sur l'origine des moyens décuplés de Samba et l'accouchement de Saratou nécessitant un retour à la ville, la menace d'une arrestation ne disparaîtra jamais vraiment. Il en résulte un portrait touchant de la culpabilité, tout en pudeur, au travers des confessions avortées et des insomnies, avec quelques très beaux moments comme le mariage et la tendresse du lien qui unit les amants.

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mardi 13 janvier 2026

Pic de Tarbésou et Étangs de Rabassoles

carte_3d.png, septembre 2025

C'est l'hiver. Il fait gris et froid. On attend encore les mètres de poudreuse dans les Pyrénées. Soudain, on retombe sur de vieilles photos ensoleillées de juin 2023. Une petite balade ariégeoise au-dessus de la station d'Ascou, facile d'accès, à deux heures de route de Toulouse. C'était chouette,  […]

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lundi 12 janvier 2026

Les 10 billets les plus consultés en 2025 sur "Je m'attarde" (et autres bilans personnels)

Je reprends le concept de la rétrospective de bonne année initiée l'année dernière dans ce billet, avec un petit tour d'horizon des billets les plus lus lors de l'année précédente, du 1er janvier au 31 décembre 2025.Cette fois-ci, un petit top 20. Le GR 10 Oriental, de Mérens-les-Vals à  […]

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samedi 10 janvier 2026

Le jardin dans le ciel, de Romain Potocki (2025)

Un cobra tagué sur un mur, ou la devanture d'une librairie avec un écriteau "Fermée parce que la mer me manquait", ou une vieille qui lit en fumant un bédo, ... aurait donné un peu de saveur à cette couverture mielleusement illustrée. Ces bandeaux commerciaux vous font peut-être aussi  […]

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jeudi 08 janvier 2026

L'Ogre d'Athènes (Ο δράκος, O Drákos), de Níkos Koúndouros (1956)

ogre_d_athenes.jpg, 2025/12/01

Découverte soudaine d'un pouvoir L'Ogre d'Athènes coche beaucoup de cases singulières qu'on n'aurait probablement pas pensé associer avant le visionnage : cinéma grec des années 1950 (6 ans avant le célèbre Zorba le Grec de 1964), film noir aux allures expressionnistes, touches satiriques mêlées à  […]

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lundi 05 janvier 2026

2 et This Old Dog, de Mac DeMarco (2012 et 2017)

2.jpg, 2025/01/29

Chill Découverte d'un registre que je ne connaissais pas avec un premier album, 2 : la Jangle Pop, sous-genre du Rock caractérisée par des sons de guitare assez aigus et des mélodies arpégées. Il a l'air très cool ce Mac DeMarco, avec sa chemise de Canadien, décontracté, clope au bec. Les mélodies  […]

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vendredi 02 janvier 2026

Starlet, de Sean Baker (2012)

starlet.jpg, 2025/12/01

"What's worse than getting banged by Jack the Ripper? Getting fingered by Captain Hook." Une ambiance douce en dépit des coups du sort répétés et intenses, des acteurs et actrices non-professionnels intégrés au casting, des personnages globalement touchants au-delà de leurs tares, la  […]

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vendredi 26 décembre 2025

Schizophrenia (Angst), de Gerald Kargl (1983)

schizophrenia.jpg, 2025/12/01

Immersion et enfermement dans la subjectivité Difficile de faire plus déstabilisant et dérangeant qu'un film pareil, situé aux antipodes du cinéma d'horreur conventionnel (que ce soit dans la contextualisation du mal, dans la mise en scène des atrocités, ou dans le positionnement général). Et même  […]

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