vendredi 25 septembre 2026

L'Échiquier du vent (شطرنج باد, Shatranj-e baad), de Mohammad Reza Aslani (1976)

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Contes cruels de la bourgeoisie iranienne pré-révolutionnaire

L'histoire du film, de sa censure au milieu des années 1970 à sa redécouverte improbable au milieu des années 2010, est presque aussi passionnante que l'intrigue de la fiction elle-même : avec ses thématiques chargées en violence, homosexualité et lutte des classes, l'œuvre s'est attirée les foudres de la monarchie autoritaire iranienne de l'époque et disparut totalement de la circulation, à tel point qu'on la croyait perdue définitivement... Jusqu'à une redécouverte par le plus grand des hasards des négatifs, dans une brocante, 40 ans plus tard, par un enfant du réalisateur Mohammad Reza Aslani, qui permit de démarrer les travaux de restauration.

L'Échiquier du vent jouit d'une atmosphère hautement singulière dans la sensation d'oppression qu'elle suscite, au sein d'une vaste demeure constituant le décor quasiment unique de l'intrigue, effrayante à souhait avec ses grands escaliers et ses miroirs éclairés à la bougie. Les querelles de pouvoir entre familles, belles-familles et domestiques se répartissent de la cave en sous-sol jusqu'aux chambres dans les étages supérieurs, et les instincts cupides provoqueront des péripéties assez difficilement prévisible pour une telle production — il y a des moments où on se situe franchement quelque part entre du cinéma de genre et un thriller aux accents hitchcockiens.

C'est un film qui aborde également la question de l'emprise mortifère du patriarcat, avec le personnage du beau-père particulièrement détestable envers sa belle-fille (héritière en titre), une femme jouissant d'une force de caractère notable, très émancipée, mais paralysée dans son fauteuil roulant. De très beaux personnages féminins complètent la galerie de personnages agréablement étendue, et le luxe qui règne dans cette maison finit par devenir aussi anxiogène qu'asphyxiant. Le récit malgré sa lenteur potentiellement problématique entremêle complots, contre-complots et doubles-jeux, joue habilement sur des relations de confiance sapées par de fausses sincérités, avec des plans incroyablement machiavéliques pour arriver à ses fins. Avec son microcosme gorgé de chuchotements et de recoins sombres, on assiste là à une forme de désagrégation qui devait revêtir des aspects métaphoriques de la société — on peut même y trouver une forme d'avant-gardisme, puisque la révolution renversera le pouvoir quelques années plus tard en 1979. L'esthétique du film, notamment dans son dernier segment mortifère captant une forme de décadence de la bourgeoisie dans des teintes rouge sang et dans une tonalité presque fantastique, est renversante.

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lundi 21 septembre 2026

La Vengeance des 47 rōnin (元禄 忠臣蔵, Genroku chūshingura), de Kenji Mizoguchi (1941)

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La voie du bon samouraï Peut-on faire plus long et austère qu'un chanbara en noir et blanc de 3h40, essentiellement composé de plans longs et fixes, sans qu'aucun coup de sabre ne soit montré, et presque entièrement dédié à la réflexion sur la frontière parfois très mince qui sépare la préservation  […]

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lundi 14 septembre 2026

U Are the Universe (Ти — космос), de Pavlo Ostrikov (2025)

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Solitude intersidérale Je dois avoir un penchant pour les films de science-fiction dans l'espace qui travaillent la thématique de la solitude, en tous cas sur ce créneau les productions d'envergure modérée parviennent à captiver mon attention et à susciter des émotions de manière assez surprenante.  […]

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mercredi 09 septembre 2026

The World Will Tremble, de Lior Geller (2025)

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Évasion, information Le sujet est tellement fort qu'on peine à croire qu'il s'agit de la première adaptation au cinéma : The World Will Tremble raconte l'histoire du premier témoignage parvenu à l'extérieur des camps de la mort nazis, à Chelmno, avant le recours aux camps de concentration comme  […]

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vendredi 04 septembre 2026

Fantôme utile (eีใช้ได้ค่ะ, Phi chaidai kha), de Ratchapoom Boonbunchachoke (2025)

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Fantôme, réincarnation, exorcisme et aspirateur Entre le contexte de production thaïlandais, la tonalité de comédie noire mêlée à un récit fantastique sur le thème de la possession (par des fantômes) d'objets du quotidien, une romance entre un homme et un aspirateur (possédé par sa femme après sa  […]

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lundi 24 août 2026

Images du vieux monde (Obrazy starého sveta), de Dušan Hanák (1972)

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Chroniques paysannes tchécoslovaques fragmentées Il m'a manqué quelque chose dans Images du vieux monde pour que les témoignages, au centre du documentaire, produisent réellement les effets recherchés. Le film tchécoslovaque d'à peine plus d'une heure file à toute vitesse selon trois modalités  […]

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jeudi 20 août 2026

Center Stage (阮玲玉, Ruan Lingyu), de Stanley Kwan (1991)

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"When women stand up, it doesn't necessarily mean men are falling down. We can stand up together in this large world." Je me suis littéralement jeté sur ce film après avoir découvert Ruan Lingyu dans La Divine, sa dernière interprétation avant son suicide en 1935, un personnage  […]

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lundi 17 août 2026

Elle entend pas la moto, de Dominique Fischbach (2025)

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Chronique de failles familiales Le hasard fait que parmi les œuvres recensées dans ma liste des meilleurs films vus récemment, le premier et le dernier (en termes chronologiques) correspondent à des documentaires ayant pour thème la surdité — entre autres choses, les deux n'ayant pas grand-chose à  […]

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