lundi 26 octobre 2026

Les Scarifiés, de Wabinlé Nabié (2023)

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Des stigmates et des significations diverses

La démarche de Wabinlé Nabié m'a beaucoup touché, par la sensibilité et la discrétion de son approche, de retour sur sa terre natale de Fafo au Burkina Faso pour questionner la pratique culturelle de la scarification. L'acteur (et ici réalisateur) appartient probablement à l'une des dernières génération à porter sur son corps et en particulier son visage l'expression de ces incisions porteuses d'identité, parfois comparée à une variation locale du tatouage : elles sont désormais interdites (historiquement par les gouvernement coloniaux et les missionnaires chrétiens), bien qu'elles continuent à être pratiquées de manière marginale comme des actes de résistance.

En l'occurrence, les cicatrices que porte Nabié marquent l'appartenance à une ethnie, les Bwaba, et c'est en retournant dans la région où il a grandi qu'il apprendra (et nous avec, bien sûr) ce marqueur d'identité, l'histoire de cette pratique, et toutes les significations qui entourent la réalisation de ces scarifications. La trajectoire proposée par Les Scarifiés est très posée, ce qui n'était pas nécessairement évident étant donnée la violence des récits concernant la pratique de cet acte sur des enfants, maintenus au sol de force, alors qu'on les emmenait pour ce qu'ils pensaient être un repas de fête. Les personnes les plus âgées discutent entre elles et témoignent sur ces années révolues, en partageant des souvenirs de visages et de corps ensanglantés, à l'issue d'un traumatisme qui les suivra un certain temps avant d'être accepté. Peu à peu le documentaire construit un cheminement assez agréable, très apaisé, allant jusqu'à la restitution d'une identité jusqu'alors enfouie et remontant à ses six ans.

C'est donc une démarche extrêmement personnelle, intime, à l'opposé d'une méthodologie académique, en l'absence d'observateurs extérieurs. Nabié prend notamment le temps de filmer ces corps et ces visages scarifiés, avec de nombreux gros plans sur des peaux marquées à vie, sans contextualisation anthropologiques exacerbée. Il est également question de la transmission d'une identité culturelle, et de son devenir à partir du moment où a sonné son interdiction, tout en faisant remarquer que cette pratique pouvait participer à la protection contre l'esclavage (en permettant d'identifier l'origine ethnique des personnes). Sont aussi abordées les notions de mémoire familiale, de disparition des traditions, et de transformation des références culturelles.

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lundi 12 octobre 2026

American Dream, de Barbara Kopple, Cathy Caplan, Thomas Haneke, et Lawrence Silk (1990)

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Désaccords sur des modes d'action Barbara Kopple est principalement connue pour sa chronique des 13 mois de grève des mineurs de Brookside dans le comté éponyme de Harlan au Kentucky (Harlan County U.S.A., 1976), mais elle est également autrice d'un documentaire relativement semblable, sorti 14 ans  […]

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jeudi 08 octobre 2026

Femme, de Sam H. Freeman et Ng Choon Ping (2023)

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"I just feel sorry for you." Le créneau choisi par Femme et la contribution apportée apparaissent tous les deux très intéressants, au sens où la thématique du revenge movie est très classique en soi tout en y associant une observation assez fine des mécanismes, tandis que la façon  […]

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mercredi 30 septembre 2026

Manuel de management décomplexé, de Anthony Galluzzo (2026)

manuel_de_management_decomplexe.jpg, 2026/01/18

Revue de techniques de management (et de leurs contournements) Le dernier ouvrage d'Anthony Galluzzo m'a donné un peu plus de fil à retordre que les deux précédents, probablement en lien avec le côté catalogue thématique revendiqué par le format de manuel, adoptant la perspective cynique d'un  […]

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lundi 28 septembre 2026

Withnail et moi (Whitnail and I), de Bruce Robinson (1987)

withnail_et_moi.jpg, 2026/08/19

"I feel like a pig shat in my head." Film culte au Royaume-Uni mais relativement inconnu partout ailleurs, Withnail & I appartient à cette catégorie de comédies qui manient un humour noir donc la culture britannique a le secret, un mélange touchant d'acidité extrême et de désespoir  […]

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vendredi 25 septembre 2026

L'Échiquier du vent (شطرنج باد, Shatranj-e baad), de Mohammad Reza Aslani (1976)

echiquier_du_vent.jpg, 2026/08/19

Contes cruels de la bourgeoisie iranienne pré-révolutionnaire L'histoire du film, de sa censure au milieu des années 1970 à sa redécouverte improbable au milieu des années 2010, est presque aussi passionnante que l'intrigue de la fiction elle-même : avec ses thématiques chargées en violence,  […]

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lundi 21 septembre 2026

La Vengeance des 47 rōnin (元禄 忠臣蔵, Genroku chūshingura), de Kenji Mizoguchi (1941)

vengeance_des_47_ronin.jpg, 2026/08/19

La voie du bon samouraï Peut-on faire plus long et austère qu'un chanbara en noir et blanc de 3h40, essentiellement composé de plans longs et fixes, sans qu'aucun coup de sabre ne soit montré, et presque entièrement dédié à la réflexion sur la frontière parfois très mince qui sépare la préservation  […]

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lundi 14 septembre 2026

U Are the Universe (Ти — космос), de Pavlo Ostrikov (2025)

u_are_the_universe.jpg, 2026/07/22

Solitude intersidérale Je dois avoir un penchant pour les films de science-fiction dans l'espace qui travaillent la thématique de la solitude, en tous cas sur ce créneau les productions d'envergure modérée parviennent à captiver mon attention et à susciter des émotions de manière assez surprenante.  […]

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