lundi 17 août 2026

Elle entend pas la moto, de Dominique Fischbach (2025)

elle_entend_pas_la_moto.jpg, 2026/07/22
Chronique de failles familiales

Le hasard fait que parmi les œuvres recensées dans ma liste des meilleurs films vus récemment, le premier et le dernier (en termes chronologiques) correspondent à des documentaires ayant pour thème la surdité — entre autres choses, les deux n'ayant pas grand-chose à voir en matière d'enjeux, de période, de sensibilité : d'un côté, Frederick Wiseman avec Deaf (1986) sondant les institutions spécialisées de l'Alabama, et de l'autre, Elle entend pas la moto de Dominique Fischbach (2025). Très beau titre au passage, évoquant une séquence particulière présentée sur l'affiche du film.

Ici on voyage en Haute-Savoie, à la rencontre d'une famille dont on apprendra à connaître presque tous les membres, les particularités, ainsi que l'objet de cette réunion en montagne avec beaucoup de délicatesse. Le personnage principal est Manon, la maman sourde, accompagnée de son fils de deux ans, et c'est autour d'elle que se structure le récit familial selon deux modes : une chronique de l'instant présent avec les parents et des amis évoquant le passif du groupe, et une évocation de l'enfance puis de l'adolescence au gré de flashbacks ponctuels, renvoyant 25 ans en arrière, amenés par des vidéos familiales et des images de la réalisatrice. Mais comparé à d'autres documentaires embrassant une très longue temporalité, je n'ai pas eu la sensation que cette dimension avait été particulièrement travaillée ici, en tous cas l'effet produit m'a paru largement en-deçà, comme si les images du passé ne servaient qu'à ponctuer de manière épisodique tel ou tel événement présent.

Bien sûr, à un premier niveau, à travers le handicap touchant plusieurs membres de la famille, Elle entend pas la moto aborde des enjeux éthiques propres à la prise en charge de la surdité. Mais là où le film se fait le plus émouvant, à mon sens, c'est dans le portrait de famille qui se dessine petit à petit, par touches successives et nuancées, laissant entrevoir une longue série de blessures égrainées au fil du temps. Les douleurs infligées ont trait à l'accès aux soins et à l'éducation, aux interactions au sein d'une fratrie, au rôle des parents dans la gestion du handicap, ainsi qu'au deuil — une thématique qui flotte sur l'ensemble du documentaire sans jamais vraiment se révéler, ou du moins avec une parcimonie particulièrement bien gérée. On aborde le poids de l'absence, les regrets vis-à-vis de l'accompagnement à l'époque (les parents, malgré leur douceur, ne sont pas épargnés, à l'image de ce refus du père, à l'époque, d'apprendre la langue des signes). Quelques passages souffrent à mes yeux d'un excès d'explicitation (ou en tous cas d'un effet un peu raté), notamment lorsque la bande-son essaie de recréer les sensations auditives de Manon lorsqu'elle retire son appareil, autant d'effets de mise en scène pas franchement réussis. Mais l'écriture du docu concernant le parcours de Maxime, le frère de Manon n'ayant pas bénéficié des mêmes conditions de prise en charge de son handicap et n'ayant pas le même tempérament, gomme absolument toutes ces imperfections.

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dimanche 09 août 2026

Du rouge pour un truand (The Lady in Red), de Lewis Teague (1979)

du_rouge_pour_un_truand.jpg, 2026/07/22

"You ever seen the Pacific? Everybody should see it once before they are plowed under." Comme beaucoup, j'associe le nom de Lewis Teague à deux (films que je considère comme des) navets animaliers très marqués par la décennie des 1980s, L'Incroyable Alligator et Cujo. Aussi, la découverte  […]

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mardi 04 août 2026

Les Bas-fonds de Frisco (Thieves' Highway), de Jules Dassin (1949)

bas-fonds_de_frisco.jpg, 2026/06/03

"I don't know what are you talking about, but I have a new respect for apples." La grande originalité de ce film de Jules Dassin (son dernier réalisé aux États-Unis) tient au contexte socio-économique dans lequel le thriller noir se noue : le commerce des pommes, de la récolte dans les  […]

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vendredi 31 juillet 2026

Hundreds of Beavers, de Mike Cheslik (2024)

hundreds_of_beavers.jpg, 2026/06/03

Cartoon cocaïné Impossible de ne pas être un minimum sensible au délire gargantuesque de Mike Cheslik (et Ryland Brickson Cole Tews au premier plan devant la caméra) qui déballe dans un même mouvement franc et sincère sa cohorte de références cinématographiques et son humour potache teinté de  […]

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mardi 28 juillet 2026

Hairspray, de John Waters (1988)

hairspray.jpg, 2026/06/03

Desperate dancing Regarder cette comédie musicale de la fin des années 80 parodiant la mode des émissions télé de danse des années 1960 baignant dans leur jus raciste (entre autres) depuis notre année 2026 n'est pas de tout repos. Il faudrait que je complète la filmo de John Waters mais j'ai  […]

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mercredi 22 juillet 2026

La Berceuse de la grande terre (大地の子守唄, Daichi no komoriuta), de Yasuzō Masumura (1976)

berceuse_de_la_grande_terre.jpg, 2026/06/03

Rude conquête de l'indépendance Deuxième film en couleur de Masumura que je vois, peu de temps après Tatouage (1964), mais manifestement La Berceuse de la grande terre appartient à un tout autre registre même si on reste dans le mélodrame (mais bon, Masumura a-t-il déjà fait autre chose ?). La  […]

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vendredi 17 juillet 2026

La Dernière Corvée (The Last Detail), de Hal Ashby (1973)

derniere_corvee.jpg, 2026/06/03

"It takes a certain kind of a sadistic temperament to be a Marine." Le côté extrêmement calibré de The Last Detail aka "La Dernière Corvée" constitue autant la base de son charme que les contours de ses limitations. Cinquante ans plus tard, il flatte parfaitement l'image que  […]

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lundi 06 juillet 2026

Tatouage (刺青, Irezumi), de Yasuzō Masumura (1966)

tatouage.jpg, 2026/03/24

La transformation Mon dernier Yasuzō Masumura vu commençait à remonter à un peu trop longtemps, autour d'un an, aussi regarder Tatouage s'est avéré tout particulièrement profitable pour raviver tout ça. Et par "tout ça", j'entends le combo de la mort que j'apprécie presque tout le temps,  […]

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