samedi 10 janvier 2026

Le jardin dans le ciel, de Romain Potocki (2025)


Un cobra tagué sur un mur, ou la devanture d'une librairie avec un écriteau "Fermée parce que la mer me manquait", ou une vieille qui lit en fumant un bédo, ... aurait donné un peu de saveur à cette couverture mielleusement illustrée. Ces bandeaux commerciaux vous font peut-être aussi l'effet d'un épouvantail. Le jardin dans le ciel est pourtant un excellent roman, que j'aurais ignoré sur les gondoles si je n'avais pas eu les recommandations d'un libraire persuasif.

Dans une cité malfamée en bord de mer, Robert fait pousser secrétement des fleurs et de la beuh sur le toit de son immeuble de 22 étages. Dans le quartier, il offre chaque jour ses fleurs au premier péquin qu'il croise, pour respecter son contrat passé avec la terreur de la banlieue. Robert est un gamin. Il a 17 ans. Il bégaie et il n'a aucun ami. Il entreprend son petit commerce illégal pour payer les soins de sa mère atteinte d'une maladie neurologique grave. Sur le lit de sa chambre d'hôpital, elle ne peut plus ni bouger, ni parler, elle qui jacassait sans arrêt se retrouve muette devant son fils. Le "Muet", c'était le surnom de Robert lorsqu'il était enfant, toujours considéré comme en retard, le "dirlo" l'avait collé dans la classe des "Perfs". Cela n'avait pas affecté sa mère qui l'élevait seul. Elle n'avait elle-même que peu de considération pour son enfant qu'elle dépréciait en le culpabilisant, à commencer par lui mettre sur le dos l'abandon de son père.

On retrouve la difficile responsabilité de devoir s'occuper d'une mère détestée et malade dans la Daronne d'Hannelore Cayre, mais aussi : la mue en un autre en entrant dans l'illégalité, la transformation de la vie quotidienne rythmée par les visites à l'hôpital, et le jeu de dupes mené au nez et à la barbe des flics et des dealers. Si ses mots sortent en balbutiant, on comprend vite que ce garçon a de la suite dans les idées. Ce récit d'apprentissage prend une tournure réjouissante lorsqu'il pousse la porte de la librairie de Sophie, une libraire iconoclaste qui va le prendre sous son aile. Ses clients et ses habitués - amoureux et allumés de la littérature - forment une belle bande de marginaux au joyeux franc-parler. Les références littéraires qui parleront forcément à tous les amoureux des livres, quelque soit votre came (poésies, romans d'aventure, anticipations, polars, essais, témoignages,... ) fusent autour de lui. L'illumination surgira une première fois à la découverte de Sous le règne de Bone de Russel Banks, puis à la lecture d'autres œuvres, trouvant une résonance particulière avec sa vie qui menace de méchamment flancher. 

jeudi 08 janvier 2026

L'Ogre d'Athènes (Ο δράκος, O Drákos), de Níkos Koúndouros (1956)

ogre_d_athenes.jpg, 2025/12/01

Découverte soudaine d'un pouvoir L'Ogre d'Athènes coche beaucoup de cases singulières qu'on n'aurait probablement pas pensé associer avant le visionnage : cinéma grec des années 1950 (6 ans avant le célèbre Zorba le Grec de 1964), film noir aux allures expressionnistes, touches satiriques mêlées à  […]

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lundi 05 janvier 2026

2 et This Old Dog, de Mac DeMarco (2012 et 2017)

2.jpg, 2025/01/29

Chill Découverte d'un registre que je ne connaissais pas avec un premier album, 2 : la Jangle Pop, sous-genre du Rock caractérisée par des sons de guitare assez aigus et des mélodies arpégées. Il a l'air très cool ce Mac DeMarco, avec sa chemise de Canadien, décontracté, clope au bec. Les mélodies  […]

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vendredi 02 janvier 2026

Starlet, de Sean Baker (2012)

starlet.jpg, 2025/12/01

"What's worse than getting banged by Jack the Ripper? Getting fingered by Captain Hook." Une ambiance douce en dépit des coups du sort répétés et intenses, des acteurs et actrices non-professionnels intégrés au casting, des personnages globalement touchants au-delà de leurs tares, la  […]

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vendredi 26 décembre 2025

Schizophrenia (Angst), de Gerald Kargl (1983)

schizophrenia.jpg, 2025/12/01

Immersion et enfermement dans la subjectivité Difficile de faire plus déstabilisant et dérangeant qu'un film pareil, situé aux antipodes du cinéma d'horreur conventionnel (que ce soit dans la contextualisation du mal, dans la mise en scène des atrocités, ou dans le positionnement général). Et même  […]

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mercredi 17 décembre 2025

Rébellion (上意討ち 拝領妻始末, Jōiuchi: Hairyō tsuma shimatsu), de Masaki Kobayashi (1967)

rebellion.jpg, 2025/11/13

Patience éprouvée et rage intérieure Un peu comme The Betrayal de Tokuzō Tanaka sorti l'année précédente (et découvert récemment), Rébellion s'inscrit dans une veine très classique du chanbara : plus précisément, il explore le sous-segment relatif aux systèmes de clans de samouraïs qui écrasent ses  […]

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lundi 15 décembre 2025

Reflet dans un diamant mort, de Hélène Cattet et Bruno Forzani (2025)

reflet_dans_un_diamant_mort.jpg, 2025/11/13

Jeux de masques Si l'on connaît déjà le duo Cattet / Forzani, on sait très bien dans quel sentier on s'engage. C'est un constat important, l'air de rien, car dès les premières minutes de Reflet dans un diamant mort il faut être prêt à abandonner toute notion d'intelligibilité, à oublier jusqu'à  […]

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jeudi 11 décembre 2025

Take Out, de Sean Baker et Shih-Ching Tsou (2004)

take_out.jpg, 2025/11/13

Sisyphe de la livraison à vélo Il n'est pas inintéressant de remonter aux racines de la filmographie de Sean Baker, en progressant de ses œuvres les plus travaillées (Red Rocket, Anora) vers ses réalisations plus DIY et brutes. Take Out se situe dans une région cinématographique très proche de   […]

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