lundi 06 juillet 2026

Tatouage (刺青, Irezumi), de Yasuzō Masumura (1966)

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La transformation

Mon dernier Yasuzō Masumura vu commençait à remonter à un peu trop longtemps, autour d'un an, aussi regarder Tatouage s'est avéré tout particulièrement profitable pour raviver tout ça. Et par "tout ça", j'entends le combo de la mort que j'apprécie presque tout le temps, qui regroupe au-delà du cinéaste l'actrice irremplaçable Ayako Wakao parfaite dans le rôle de cette femme presque littéralement vénéneuse avec son tatouage d'araignée à tête humaine dans le dos, le scénario bien baroque de Kaneto Shindō qui n'en finit pas d'empiler les trahisons et les meurtres, et pour terminer la musique si caractéristique de Hikaru Hayashi qui sait si bien accompagner le mélodrame dans ses recoins les plus tendus et les plus menaçants.

La fluidité de l'histoire et la petite dimension de conte moral aide grandement à la lisibilité des péripéties malgré la multiplication de personnages secondaires : très vite, les pistes se dédoublent mais on ne perd jamais de vue les points essentiels, la malédiction de la pauvre Otsuya qui semble liée à la vie à la mort à son tatoueur Seikichi, et l'hystérie grandissante de son amant Shinsuke qui perd de plus en plus la boule (apparemment, assassiner des gens n'aide pas à maintenir une hygiène mentale suffisante). J'ai en outre beaucoup apprécié l'utilisation de la couleur chez Masumura, en ce milieu des années 1960 japonaises pourtant peu avare en photographies noir et blanc irréprochables. La pénombre des intérieurs malaisants, les teintes bleutées des extérieurs menaçants, et bien sûr le rouge dans les détails — les costumes de la protagoniste, quelques éléments de son tatouage, et de manière plus radicale le sang qui coule à flot au gré des mises à mort souvent très laborieuses. Impossible de chasser ces images de Shinsuke assassinant péniblement son agresseur avec une courte lame enfoncée dans son front, façon trépanation, au terme d'une lutte chaotique. Brrrrr.

Pourtant, à l'origine de ce drame sanglant, il n'y avait qu'une banale histoire de fuite de deux amants, souhaitant vivre tranquillement leur amour loin des contraintes familiales. Mais voilà, les trahisons ont tôt fait de se manifester, et on enchaîne très vite la vente de la jeune fille à une maison de geishas (où elle subira le fameux tatouage forcé), avec pour conséquence sa transformation en une boule de rage, comme possédée, manipulatrice et violente. La fuite en avant des personnages étouffe très rapidement, d'autant plus que la mise en scène de Masumura se montre comme à son habitude généreuse en séquences démonstratives très prenantes. La thématique de la femme écartelée entre soumission et domination revient encore une fois ici, et Tatouage constitue à ce titre un énième récit de douleur et de violence, avec un chapelet de questionnements moraux (ou immoraux) — et même artistiques, dans une certaine mesure — plutôt intéressants.

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jeudi 25 juin 2026

Vol. II, de Angine de Poitrine (2026)

vol_ii.jpg, 2025/01/29

Buzz buzz buzz, un peu de psych, un peu de clown Impossible d'être passé à côté de la méga hype de ces dernières semaines (c'était en février / mars), l'algo de YouTube m'ayant martelé leur récent live KEXP (excellent au demeurant) des dizaines de fois avant que je ne cède au visionnage. Le duo de  […]

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vendredi 19 juin 2026

Big Night, de Campbell Scott et Stanley Tucci (1996)

big_night.jpg, 2026/03/24

"Give people what they want, then later you can give them what you want." Le monde de la cuisine italienne professionnelle comme un carrefour thématique d'une étonnante diversité et d'une surprenante complexité : Big Night occupe une place de choix dans la section relative aux bizarreries  […]

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mardi 09 juin 2026

In the Soup, de Alexandre Rockwell (1992)

in_the_soup.jpg, 2026/03/24

"Well, you can't have everything." Le personnage de Steve Buscemi, réalisateur novice se démenant pour financer son premier film alors qu'il n'arrive pas à payer son propre loyer, dégage quelque chose de très attachant. Le capital sympathie ne provient pas uniquement de l'acteur lui-même,  […]

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lundi 18 mai 2026

Les Chevaux de feu (Тіні забутих предків, Тени забытых предков), de Sergueï Paradjanov (1965)

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La beauté baroque des amants maudits Découvrir Les Chevaux de feu aujourd'hui, dans mon parcours cinéphile : quel bonheur. La preuve, encore une fois et si besoin était, que l'opiniâtreté finit par payer et que sur des chemins obscurcis d'embûches aux parfums de navet, on entrevoit de temps en  […]

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mardi 12 mai 2026

La Divine (神女, Shén nǚ), de Wu Yonggang (1934)

divine.jpg, 2026/03/24

"Que les ragots sont effrayants !" Il suffit souvent d'un détail pour faire passer un film appartenant à un registre donné bien identifié du statut de énième variation peu passionnante à celui de singularité attrayante, il me semble. Le cas de La Divine se démarque du tout-venant du  […]

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jeudi 07 mai 2026

La Terre jaune (黄土地, Huáng tǔdì), de Chen Kaige (1984)

terre_jaune.jpg, 2026/03/24

Désespoir discret et désillusions silencieuses Le tout premier film de Chen Kaige appartient à cette catégorie de cinéma lent, sobre, un peu taiseux, à combustion lente, et donc les qualités principales passent davantage par l'ambiance et la mise en scène que d'autres éléments plus classiques,  […]

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samedi 25 avril 2026

Mimosas, la voie de l'Atlas (Las Mimosas), de Óliver Laxe (2016)

mimosas_la_voie_de_l-atlas.jpg, 2026/03/24

Voyage métaphysique vers le Haut Atlas marocain On comprend mieux, en regardant Las Mimosas, d'où Óliver Laxe tient ce style et cette capacité à filmer les montagnes, la terre, les cours d'eau, et en particulier cette région de l'Atlas au sud du Maroc. Un décor qu'il a depuis repris pour le plus  […]

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