lundi 28 septembre 2026

Withnail et moi (Whitnail and I), de Bruce Robinson (1987)

withnail_et_moi.jpg, 2026/08/19 withnail_et_moi_B.jpg, 2026/08/19
"I feel like a pig shat in my head."

Film culte au Royaume-Uni mais relativement inconnu partout ailleurs, Withnail & I appartient à cette catégorie de comédies qui manient un humour noir donc la culture britannique a le secret, un mélange touchant d'acidité extrême et de désespoir profond. Le récit se cale sur des rails vaguement autobiographiques pour raconter le sort peu enviable de deux comédiens paumés, sans le sou, vivant (voire survivant) dans leur appartement crasseux de Londres, en attendant qu'un rôle leur tombe enfin dessus et leur permette de changer de vie. En attendant, ils font n'importe quoi, ils boivent n'importe quoi, ils mangent n'importe quoi.

C'est un film structuré et animé en tout premier lieu par l'écriture de ses dialogues, étant donné qu'on passe 1h40 en présence d'échanges continus entre les deux protagonistes, avec de temps en temps un personnage tiers s'invitant dans la danse. Une connaissance toxicomane, un oncle ventripotent et envahissant (Richard Griffiths, jouissant d'une présence remarquablement dérangeante), un fermier menaçant, etc. Mais l'essentiel du flux de paroles reste entre les deux personnages éponymes, avec un festival de tirades très littéraires, sans qu'il y en ait vraiment une d'exceptionnelle en soi, construisant un ensemble à la fois bizarre, lourd, attachant, puis hypnotisant. "Maybe he's written this in some moment of drunken sincerity", "I feel like a pig shat in my head", "We are indeed, drifting into the arena of the unwell, making an enemy of our own future. What we need is harmony, fresh air, stuff like that".

Ce tissu discursif intense et souvent acerbe finit par produire un certain charme, entre l'appartement, le pub et le cottage en rase campagne. La dynamique entre les deux acteurs, Richard E. Grant et Paul McGann, tourne à plein régime, dans un style so british qui pourra éventuellement susciter une adhésion pour peu qu'on se laisse embarquer dans la galère. L'histoire d'amitié conflictuelle et dysfonctionnelle se développe au creux d'une ambiance toujours poisseuse et incertaine, qu'on se situe dans un quartier peu fréquentable de Londres ou dans un coin reculé et pluvieux de cambrousse. Un festival de sarcasmes et d'absurdité, dans une ambiance décadente indéterminée (le film est tourné à la fin des années 1980 mais relate des événements de la fin des années 1960).

img1.jpg, 2026/08/19 img2.jpg, 2026/08/19 img3.jpg, 2026/08/19 img4.jpg, 2026/08/19

vendredi 25 septembre 2026

L'Échiquier du vent (شطرنج باد, Shatranj-e baad), de Mohammad Reza Aslani (1976)

echiquier_du_vent.jpg, 2026/08/19

Contes cruels de la bourgeoisie iranienne pré-révolutionnaire L'histoire du film, de sa censure au milieu des années 1970 à sa redécouverte improbable au milieu des années 2010, est presque aussi passionnante que l'intrigue de la fiction elle-même : avec ses thématiques chargées en violence,  […]

Lire la suite

lundi 21 septembre 2026

La Vengeance des 47 rōnin (元禄 忠臣蔵, Genroku chūshingura), de Kenji Mizoguchi (1941)

vengeance_des_47_ronin.jpg, 2026/08/19

La voie du bon samouraï Peut-on faire plus long et austère qu'un chanbara en noir et blanc de 3h40, essentiellement composé de plans longs et fixes, sans qu'aucun coup de sabre ne soit montré, et presque entièrement dédié à la réflexion sur la frontière parfois très mince qui sépare la préservation  […]

Lire la suite

lundi 14 septembre 2026

U Are the Universe (Ти — космос), de Pavlo Ostrikov (2025)

u_are_the_universe.jpg, 2026/07/22

Solitude intersidérale Je dois avoir un penchant pour les films de science-fiction dans l'espace qui travaillent la thématique de la solitude, en tous cas sur ce créneau les productions d'envergure modérée parviennent à captiver mon attention et à susciter des émotions de manière assez surprenante.  […]

Lire la suite

mercredi 09 septembre 2026

The World Will Tremble, de Lior Geller (2025)

world_will_tremble.jpg, 2026/07/22

Évasion, information Le sujet est tellement fort qu'on peine à croire qu'il s'agit de la première adaptation au cinéma : The World Will Tremble raconte l'histoire du premier témoignage parvenu à l'extérieur des camps de la mort nazis, à Chelmno, avant le recours aux camps de concentration comme  […]

Lire la suite

vendredi 04 septembre 2026

Fantôme utile (eีใช้ได้ค่ะ, Phi chaidai kha), de Ratchapoom Boonbunchachoke (2025)

fantome_utile.jpg, 2026/07/22

Fantôme, réincarnation, exorcisme et aspirateur Entre le contexte de production thaïlandais, la tonalité de comédie noire mêlée à un récit fantastique sur le thème de la possession (par des fantômes) d'objets du quotidien, une romance entre un homme et un aspirateur (possédé par sa femme après sa  […]

Lire la suite

lundi 24 août 2026

Images du vieux monde (Obrazy starého sveta), de Dušan Hanák (1972)

images_du_vieux_monde.jpg, 2026/07/22

Chroniques paysannes tchécoslovaques fragmentées Il m'a manqué quelque chose dans Images du vieux monde pour que les témoignages, au centre du documentaire, produisent réellement les effets recherchés. Le film tchécoslovaque d'à peine plus d'une heure file à toute vitesse selon trois modalités  […]

Lire la suite

jeudi 20 août 2026

Center Stage (阮玲玉, Ruan Lingyu), de Stanley Kwan (1991)

center_stage.jpg, 2026/07/22

"When women stand up, it doesn't necessarily mean men are falling down. We can stand up together in this large world." Je me suis littéralement jeté sur ce film après avoir découvert Ruan Lingyu dans La Divine, sa dernière interprétation avant son suicide en 1935, un personnage  […]

Lire la suite

- page 1 de 202

Haut de page