samedi 24 janvier 2026

The Mastermind, de Kelly Reichardt (2025)

mastermind.jpg, 2026/01/06 mastermindB.jpg, 2026/01/06
“You’re not made for human eyes.”

On n'y croit vraiment pas longtemps au sérieux de l'entreprise qui consisterait à prendre The Mastermind pour un heist movie sérieux et premier degré, avec options cambriolage d'un musée et vol de tableaux. Et il faut reconnaître à Kelly Reichardt un talent certain dans la confection d'une atmosphère très particulière, allant bien au-delà de la simple reconstitution — réussie au demeurant — de la période des 1970s états-uniennes. Une atmosphère dédiée au comportement de son protagoniste, interprété par Josh O'Connor (vu tout récemment dans Wake Up Dead Man - Une histoire à couteaux tirés, un acteur au charme curieux), navigant avec hésitation dans son univers perdu quelque part entre assurance et maladresse, entre planification supposément millimétrée d'un casse artistique et mise en œuvre grossière pétrie d'imprévus et de gestes amateurs.

C'est donc un peu de la même façon que Reichardt s'était servie de la toile de fond du western pour First Cow (et dans une certaine mesure pour Meek's Cutoff aka "La Dernière Piste" en France) sans investir le registre de manière attendue : ici, bien que l'incursion délictuelle des bras cassés accessoirement voleurs au sein du musée traînera des conséquences jusqu'à la toute fin du film, ce n'est qu'un prétexte pour laisser à la réalisatrice tout le soin de développer son style, à la fois tranquille et observateur, avec pour objectif le portrait de ce père de famille sans morale et sans scrupules. Le genre à abandonner ses jeunes enfants dans un centre commercial pour la journée, le temps d'aller faire son petit larcin et son petit trafic d’œuvres d’art. À ce titre, la mise en scène du casse fait beaucoup penser à du Wes Anderson avec son sens du détail, ses plans fixes, ses imprévus à effets comiques, et ses cadrages.

The Mastermind brille par sa capacité à dépeindre une banlieue comme anesthésiée du Massachusetts, avec d'un côté Josh O'Connor et ses déboires interminables (figure de proue des pieds nickelés du cambriolage, cavale marquée par les rejets successifs de ses proches, même si le cortège de personnages secondaires participent également à cette ambiance, avec Alana Haim en épouse délaissée et John Magaro en ancien pote) et de l'autre le tableau de l'époque (guerre du Vietnam, mouvement pour les droits des femmes). Le film vire en réalité rapidement à la chronique d'une déchéance et d'une incompétence, peuplée de séquences mi-comiques mi-navrantes dans lesquelles le héros fait prendre des risques inconsidérés à ses proches — mais il subira lui-même le résultat de ce manque de lucidité et d'empathie lorsque la violence policière le punira en conclusion : il aurait mieux fait de lever les yeux que de voler l'argent d'une petite vieille. Un film d'ambiance, clairement, qui fonctionne bien mieux à ce niveau que dans son intrigue un peu (et bien que volontairement) amorphe.

img1.jpg, 2026/01/06 img2.jpg, 2026/01/06 img3.jpg, 2026/01/06

mercredi 21 janvier 2026

Je sais où je vais (I Know Where I'm Going!), de Michael Powell et Emeric Pressburger (1945)

je_sais_ou_je_vais.jpg, 2026/01/06

Voyage aux Hébrides Manifestement I Know Where I'm Going! n'est pas la réalisation la plus élaborée du duo Michael Powell et Emeric Pressburger, mais pourtant elle jouit d'un charme romantique (et légèrement comique) qui a fini par m'envoûter dans des proportions que je n'ai pas du tout su  […]

Lire la suite

lundi 19 janvier 2026

Sirāt, de Óliver Laxe (2025)

sirat.jpg, 2026/01/06

Le calvaire de la peur Une fois l'expérience Sirāt digérée, j'avoue ne pas vraiment m'expliquer comment un film aussi singulier, baroque, lent, immersif, et porté sur un symbolisme de premier plan ait pu susciter un engouement aussi généralisé dans tous mes cercles proches, et plus généralement au  […]

Lire la suite

vendredi 16 janvier 2026

Samba Traoré, de Idrissa Ouedraogo (1993)

samba_traore.jpg, 2025/12/01

Retour impossible L'histoire est très simple : un hold-up en ville, une fuite, un retour au village avec un petit surplus de fortune, et une tentative de retour à la normale. Le braquage est mis en scène de manière totalement explicite et frontale, dès les premières secondes il n'y a aucun doute  […]

Lire la suite

mardi 13 janvier 2026

Pic de Tarbésou et Étangs de Rabassoles

carte_3d.png, septembre 2025

C'est l'hiver. Il fait gris et froid. On attend encore les mètres de poudreuse dans les Pyrénées. Soudain, on retombe sur de vieilles photos ensoleillées de juin 2023. Une petite balade ariégeoise au-dessus de la station d'Ascou, facile d'accès, à deux heures de route de Toulouse. C'était chouette,  […]

Lire la suite

lundi 12 janvier 2026

Les 10 billets les plus consultés en 2025 sur "Je m'attarde" (et autres bilans personnels)

Je reprends le concept de la rétrospective de bonne année initiée l'année dernière dans ce billet, avec un petit tour d'horizon des billets les plus lus lors de l'année précédente, du 1er janvier au 31 décembre 2025.Cette fois-ci, un petit top 20. Le GR 10 Oriental, de Mérens-les-Vals à  […]

Lire la suite

samedi 10 janvier 2026

Le jardin dans le ciel, de Romain Potocki (2025)

Un cobra tagué sur un mur, ou la devanture d'une librairie avec un écriteau "Fermée parce que la mer me manquait", ou une vieille qui lit en fumant un bédo, ... aurait donné un peu de saveur à cette couverture mielleusement illustrée. Ces bandeaux commerciaux vous font peut-être aussi  […]

Lire la suite

jeudi 08 janvier 2026

L'Ogre d'Athènes (Ο δράκος, O Drákos), de Níkos Koúndouros (1956)

ogre_d_athenes.jpg, 2025/12/01

Découverte soudaine d'un pouvoir L'Ogre d'Athènes coche beaucoup de cases singulières qu'on n'aurait probablement pas pensé associer avant le visionnage : cinéma grec des années 1950 (6 ans avant le célèbre Zorba le Grec de 1964), film noir aux allures expressionnistes, touches satiriques mêlées à  […]

Lire la suite

- page 1 de 197

Haut de page