Très curieux et intéressant film de début de carrière de Ken Russell, tout comme à peu près tout ce qu'a pu réaliser le cinéaste britannique au demeurant, invariablement original et intrigant à défaut de convaincre pleinement à chaque fois. Women in Love avance d'entrée de jeu comme un film très intellectuel (sans être pénible à suivre), une réflexion peu courante et assez approfondie sur les relations amoureuses et amicales, voire sur la notion d'engagement dans quelque rapport que ce soit de manière plus générale.
Même s'il existe bien une toile de fond reliée à la vie dans une petite ville minière britannique du début du XXe siècle et un tissu narratif peuplé de personnages secondaires, l'essentiel repose sur les interactions entre 2 hommes et 2 femmes interprétés par Alan Bates, Oliver Reed, Glenda Jackson et Jennie Linden. En résumé, le riche propriétaire des mines Gerald (Reed) sympathise avec l'inspecteur d'école Rupert (Bates), et tous deux tombent amoureux d'une femme de la famille Brangwen, respectivement Gudrun (Jackson) et Ursula (Linden). Deux relations sentimentales, amoureuses, et sexuelles qui s'illustreront par leurs très grandes différences en termes d'intensité, de sincérité, de réciprocité, et surtout de rapport de force.
Russell aborde la thématique de l'émancipation, chez les deux sœurs, dans sa confrontation avec deux émanations presque contradictoires de la masculinité — l'idéalisme du libre penseur bohème pour l'un, la volonté de fer de l'industriel pour l'autre. Mais tout cela se fera dans la perspective de drames humains gouvernés par la pulsion de domination et par des sentiments destructeurs, sans surprise de la part du réalisateur habitué aux formulations baroques et puissantes. Les itinéraires ont beau évoluer dans des lignes parallèles, les passions contrariées n'en finiront pas de remuer vigoureusement les romances : c'est le travail remarquable des quatre comédiens principaux qui permet à ces intentions de se concrétiser avec une impressionnante fluidité. Beaucoup de scènes audacieuses et mémorables achèvent de rendre le film attachant, à l'image du long discours sur la floraison / dégustation des figues, la longue lutte entre les deux mâles dénudés au coin d'un feu de cheminée, ou encore les décors avantageusement exploités des paysages anglais (campagne) et suisses (montagnes).








Dernières interactions
Merci à toi, je ne connaissais pas ce The Loved One (mais je suis en général…
23/01/2026, 10:14
Splendide critique pour un film méconnu tu (si je peux me permettre) a…
23/01/2026, 10:08
En fait j’ai apprécié le film pour l’expérience cinématographique, davantage que…
19/01/2026, 14:45
Les jeux de mots involontaires, y'a rien de mieux ! :D (merci de l'avoir relevé…
19/01/2026, 12:33
Fallait oser la faire celle-là "sur le thème du lâcher prise" ;-) La dernière…
19/01/2026, 11:57
Pour revenir sur le sujet des couvertures aguichantes, tous les éditeurs ne se…
15/01/2026, 16:50