lundi 02 février 2026

Love (Women in Love), de Ken Russell (1969)

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"There's a lust for passion and a greed for self-importance in love."

Très curieux et intéressant film de début de carrière de Ken Russell, tout comme à peu près tout ce qu'a pu réaliser le cinéaste britannique au demeurant, invariablement original et intrigant à défaut de convaincre pleinement à chaque fois. Women in Love avance d'entrée de jeu comme un film très intellectuel (sans être pénible à suivre), une réflexion peu courante et assez approfondie sur les relations amoureuses et amicales, voire sur la notion d'engagement dans quelque rapport que ce soit de manière plus générale.

Même s'il existe bien une toile de fond reliée à la vie dans une petite ville minière britannique du début du XXe siècle et un tissu narratif peuplé de personnages secondaires, l'essentiel repose sur les interactions entre 2 hommes et 2 femmes interprétés par Alan Bates, Oliver Reed, Glenda Jackson et Jennie Linden. En résumé, le riche propriétaire des mines Gerald (Reed) sympathise avec l'inspecteur d'école Rupert (Bates), et tous deux tombent amoureux d'une femme de la famille Brangwen, respectivement Gudrun (Jackson) et Ursula (Linden). Deux relations sentimentales, amoureuses, et sexuelles qui s'illustreront par leurs très grandes différences en termes d'intensité, de sincérité, de réciprocité, et surtout de rapport de force.

Russell aborde la thématique de l'émancipation, chez les deux sœurs, dans sa confrontation avec deux émanations presque contradictoires de la masculinité — l'idéalisme du libre penseur bohème pour l'un, la volonté de fer de l'industriel pour l'autre. Mais tout cela se fera dans la perspective de drames humains gouvernés par la pulsion de domination et par des sentiments destructeurs, sans surprise de la part du réalisateur habitué aux formulations baroques et puissantes. Les itinéraires ont beau évoluer dans des lignes parallèles, les passions contrariées n'en finiront pas de remuer vigoureusement les romances : c'est le travail remarquable des quatre comédiens principaux qui permet à ces intentions de se concrétiser avec une impressionnante fluidité. Beaucoup de scènes audacieuses et mémorables achèvent de rendre le film attachant, à l'image du long discours sur la floraison / dégustation des figues, la longue lutte entre les deux mâles dénudés au coin d'un feu de cheminée, ou encore les décors avantageusement exploités des paysages anglais (campagne) et suisses (montagnes).

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samedi 31 janvier 2026

The Movie Orgy, de Joe Dante (1968)

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Orgie de bisseries 50s On est vraiment plus proche du délire potache d'étudiants que du long-métrage original à proprement parler, étant donné que The Movie Orgy se présente comme un travail de montage conséquent, agrégeant des centaines de films, publicités, émissions, cartoons et autres produits  […]

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mercredi 28 janvier 2026

Lamps, de Lamps (2007)

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Le futur groupe de Denée Segall enregistré chez Jay Reatard Un bon moment de Garage Punk made in Los Angeles, parfaitement conforme à ce qui est annoncé : enregistrement bien garage, esprit bien punk. Des morceaux assez courts en moyenne, autour de deux minutes, avec une ambiance très Noise  […]

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mardi 27 janvier 2026

America at Work. Lewis W. Hine, de Peter Walther (2018)

america_at_work_lewis_w_hine.jpg, 2026/01/18

Des regards et du travail du début du XXe siècle Je suis toujours partagé concernant ces recueils photographiques dans des formats intermédiaires comme celui-ci, à mi-chemin entre la carte postale minuscule, peu respectueuse du travail mais peu onéreuse, et le plein format presque A3 poussant à  […]

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lundi 26 janvier 2026

Manthan (The Churning), de Shyam Benegal (1976)

manthan.jpg, 2026/01/06

Producteurs laitiers de toutes les contrées, unissez-vous Qui aurait pu croire qu'un film sur l'organisation des coopératives laitières indiennes et les luttes qu'elles ont menées pour se développer dans les contrées reculées de l'Inde rurale puisse aboutir à une film aussi stimulant et  […]

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samedi 24 janvier 2026

The Mastermind, de Kelly Reichardt (2025)

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“You’re not made for human eyes.” On n'y croit vraiment pas longtemps au sérieux de l'entreprise qui consisterait à prendre The Mastermind pour un heist movie sérieux et premier degré, avec options cambriolage d'un musée et vol de tableaux. Et il faut reconnaître à Kelly Reichardt un talent certain  […]

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mercredi 21 janvier 2026

Je sais où je vais (I Know Where I'm Going!), de Michael Powell et Emeric Pressburger (1945)

je_sais_ou_je_vais.jpg, 2026/01/06

Voyage aux Hébrides Manifestement I Know Where I'm Going! n'est pas la réalisation la plus élaborée du duo Michael Powell et Emeric Pressburger, mais pourtant elle jouit d'un charme romantique (et légèrement comique) qui a fini par m'envoûter dans des proportions que je n'ai pas du tout su  […]

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lundi 19 janvier 2026

Sirāt, de Óliver Laxe (2025)

sirat.jpg, 2026/01/06

Le calvaire de la peur Une fois l'expérience Sirāt digérée, j'avoue ne pas vraiment m'expliquer comment un film aussi singulier, baroque, lent, immersif, et porté sur un symbolisme de premier plan ait pu susciter un engouement aussi généralisé dans tous mes cercles proches, et plus généralement au  […]

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