jeudi 20 janvier 2022

Le Nœud coulant, de Wojciech Has (1958)

noeud_coulant.jpg, déc. 2021
Na zdrowie

Dans un style très éloigné des films les plus connus de Wojciech Has comme La Clepsydre (ou même La Poupée) qui déployaient (ou plutôt déploieront) une toile onirique extrêmement vigoureuse par-dessus un récit particulièrement ambitieux, Le Nœud coulant se présente comme l'immersion dans le quotidien d'un jeune alcoolique polonais d'une trentaine d'années. Le noir et blanc, l'ambiance stressante, les cadres exigus, tout porte à croire que l'on est dans un univers qui n'a rien à voir avec le voyage dans un étrange sanatorium doublé d'un voyage dans le temps du film précédemment cité. On se croirait presque dans un film noir américain, entre la sonnerie du téléphone déclenchant une angoisse viscérale ostensible chez le protagoniste et la présence de stéréotypes à peine esquissés.

Mais rien de tout cela : c'est l'histoire d'un alcoolique qui a décidé d'arrêter de boire mais qui doit attendre une journée avant de pouvoir commencer son sevrage en bonne et due forme. Une journée à être confronté à tout le microcosme qui connaît (voire participe à) sa réputation d'ivrogne, avec ceux qui le traitent comme un moins que rien en le rappelant sans cesse à sa triste condition ou la cohorte de camarades de bouteille. Cette journée dans la vie de Kuba, l'homme incarné par Gustaw Holoubek (très crédible dans son rôle, notamment au bar avec l'alcool qui semble transpirer par tous ses pores), s'apparente avant tout à une errance triste, une trajectoire qui cherche à s'extraire d'un cycle infernal mais qui se transforme sans cesse pour renouer avec un cercle vicieux.

L'anxiété omniprésente traverse sans mal l'écran pour développer une paranoïa kafkaïenne, à mesure que le personnage évolue dans les rues, dans les bars, jusque dans son appartement. Un homme qui tente désespérément d'échapper à son isolement mais qui échoue dramatiquement, laissant derrière lui un nuage alcoolisé hypnotisant. Absolument tout le ramène à cette obsession, à son addiction. Même une horloge et l'aiguille qui tourne s'impose comme un symbole oppressant à ses yeux. La bouteille de vodka comme principal antagoniste d'un simili film noir : le schéma était quand même très peu prévisible.

img1.png, déc. 2021 img2.png, déc. 2021

mercredi 19 janvier 2022

La Quatrième Alliance de Dame Marguerite, de Carl Theodor Dreyer (1920)

quatrieme_alliance_de_dame_marguerite.jpg, déc. 2021

Dreyer et la comédie potache Petit coup de cœur pour ce film suédois de Dreyer, magnifiquement restauré, qui permet de détourner de manière subtile et soulignée l'image d'austère danois qui peut lui coller à la peau. S'il ne s'agit pas d'une comédie au sens où on l'entendait majoritairement à  […]

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mardi 18 janvier 2022

Métamorphoses, de Sebastian Mez (2013)

metamorphoses.jpg, déc. 2021

La catastrophe de Kychtym Quel est le troisième plus grave accident nucléaire de l'histoire après Tchernobyl et Fukushima ? C'est la méconnaissance globale de la réponse qui a poussé Sebastian Mez à s'aventurer dans les environs du complexe nucléaire Maïak, situé près de la ville russe d'Oziorsk,  […]

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vendredi 14 janvier 2022

Le Complexe de Frankenstein, de Alexandre Poncet et Gilles Penso (2015)

complexe_de_frankenstein.jpg, janv. 2022

"You have to keep the kid feeling alive!" Ce documentaire de Alexandre Poncet et Gilles Penso est une immense friandise à destination de tous les amateurs d'horreur old shcool, avec tout ce que cela peut comporter comme effets spéciaux réels et animation en dur. Comme le dira un des  […]

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jeudi 13 janvier 2022

L'Homme que j'ai tué, de Ernst Lubitsch (1932)

homme_que_j_ai_tue.jpg, déc. 2021

Le remord et le pardon La puissance de ce drame historique ne se laisse pas débusquer facilement, chez Lubitsch, dans un registre où on ne l'attend pas nécessairement — voire pas du tout. Aux balbutiements du cinéma parlant, Broken Lullaby s'autorise un petit bond dans le passé, au lendemain de la  […]

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lundi 10 janvier 2022

Mafioso, de Alberto Lattuada (1962)

mafioso.jpg, nov. 2021

Soumission d'un contremaître Film très surprenant de l'italien Alberto Lattuada (à la filmographie très bigarrée) de ceux qui laissent dans une incertitude constante quant aux thèmes, aux tons, aux desseins. La présence d'Alberto Sordi dans le rôle principal n'est pas étrangère à ces singularités  […]

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samedi 08 janvier 2022

Mad God, de Phil Tippett (2021)

mad_god.jpg, janv. 2022

Le goût de l'horreur et du bizarre Totalement hypnotisé par ce voyage en animation stop-motion dans un univers fantastique et horrifique au sens parfois obscur, grouillant de détails tous plus dégueulasses, angoissants et fascinants les uns que les autres. Phil Tippett, directeur d'effets visuels  […]

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jeudi 30 décembre 2021

Tempête sur l'Asie, de Vsevolod Poudovkine (1928)

tempete_sur_l_asie.jpg, nov. 2021

Candide révolutionnaire Même si pour l'instant le style et l'éloquence de Vsevolod Poudovkine ne me convainquent pas entièrement et avec autant de force ou de spontanéité que ses compatriotes soviétiques contemporains, je dois reconnaître une originalité claire dans le registre du cinéma muet de  […]

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mardi 21 décembre 2021

La Guerre sans nom, de Bertrand Tavernier (1992)

guerre_sans_nom.jpg, nov. 2021

Témoignages pluriels Alors là... Sidérant. Bertrand Tavernier côté cinéaste est majoritairement connu et reconnu à travers ses fictions mais La Guerre sans nom se pose à mes yeux comme un jalon essentiel du cinéma documentaire portant sur la Guerre d'Algérie. Première incursion du côté  […]

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samedi 18 décembre 2021

La Déesse, de Satyajit Ray (1960)

deesse.jpg, nov. 2021

Le poids de la croyance Le cinéma de Satyajit Ray, peut-être de par l'exotisme de ses références culturelles ou les perspectives adoptées imposant un pas de côté à l'œil occidental, est sans doute un de ceux au sein desquels je tolère et apprécie le plus naturellement de tels contes moraux. Le  […]

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