lundi 29 novembre 2021

Trois, de Aleksandar Petrović (1965)

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Rencontres avec la mort

"Trois", comme trois histoires illustrant trois moments autour de la Seconde Guerre mondiale (avant, pendant, après) d'un point de vue yougoslave, mais également comme trois rencontres avec la mort selon trois perspectives : celui qui en est témoin, celui qui en est victime, et celui qui en est l'ordonnateur. La thématique funèbre et fédératrice unit ce court film structuré autour de trois segments évoluant le long d'un chemin plurivoque, jalonné par l'angoisse, la solitude et le dilemme moral.

On suit ainsi les pérégrinations de Milos, un homme qui sera amené à contempler la mort sur le quai d'une gare bondée, au terme d'une séquence assez hallucinante de surréalisme documentaire (un montreur d'ours en pleine action), puis à être poursuivi avec un camarade moins chanceux que lui par des soldats allemands dans un décor incroyable, immergé, lunaire, presque parent avec celui de Onibaba (en faisant preuve d'un peu d'imagination et d'exagération, en remplaçant les roseaux par d'autres végétaux), pour finalement accéder à un statut et à un pouvoir lui conférant le droit de vie ou de mort sur d'autres êtres humains. Le film tourne ainsi autour de ces thèmes moraux, qui se présentent au protagoniste sous la forme de dilemmes plus ou moins explicites mais jamais lourdingues, en rapport avec la punition et le pardon.

Un regard sombre, sec, déchirant, mais non-dénué de poésie, articulé de manière abrupte dans ses transitions pour déboucher sur un paysage désolé, façonné par la peur et le désespoir. Un triptyque assorti d'une photographie très marquante qui saisit sur le vif les instants juste avant l'éclatement de la guerre, au sein d'une masse de personnes attendant désespérément un train, la déroute de deux compatriotes dans un paysage inhospitalier, ainsi que les conséquences d'une condamnation à mort une fois le conflit refermé. Milos n'aura sauvé personne, et c'est bien là le drame au cœur de Trois.

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lundi 22 novembre 2021

My Brother's Wedding, de Charles Burnett (1983)

my_brother-s_wedding.jpg, nov. 2021

Tragicomédie romantique noire Troisième film de Charles Burnett que je vois après Killer of Sheep (1977, celui qui jouit de la plus grande renommée) et To Sleep with Anger (1990, témoin d'une mauvaise conscience afro-américaine), et de manière très surprenante, sans que je ne m'y attende, c'est  […]

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mercredi 17 novembre 2021

Le Procès, de Sergeï Loznitsa (2018)

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Pantomime Dans la droite lignée de Funérailles d'État au sujet de la mort de Staline en 1953, Sergeï Loznitsa s'est basé sur des centaines d'heures d'archives pour monter Le Procès, un documentaire retraçant par le témoignage (de l'image et du son) documentaire l'histoire du grand procès-spectacle  […]

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vendredi 12 novembre 2021

Hit La Rosa Y Su Gran Unidad Tropical, de Hit La Rosa (2017)

Hit La Rosa y su Gran Unidad Tropical .jpg, nov. 2021

Petite escapade musicale sud-américaine, en se laissant tenter par le son de cette Cumbia péruvienne psychédélique, majoritairement instrumentale, dont le son de guitare électrique légèrement distordu me rappelle les heures de gloire de Marc Ribot en collaboration avec Tom Waits ou Los Cubanos  […]

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dimanche 07 novembre 2021

La Rivière de boue, de Kōhei Oguri (1981)

riviere_de_boue.jpg, oct. 2021

Histoire d'une rencontre fluviale On pourrait croire que cette très belle description d'un moment de l'enfance, dans son noir et blanc sobre, sa sobriété scénaristique et son contexte historique, s'inscrit dans le cadre du cinéma japonais des années 50. De fait, La Rivière de boue est très proche,  […]

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vendredi 05 novembre 2021

Notre pain quotidien, de King Vidor (1934)

notre_pain_quotidien.jpg, oct. 2021

"Don't worry Mary. I know things are hard now but we'll make it in the end." J'aime beaucoup comment le film peut se diviser en deux composantes très antagonistes au regard de leurs effets : le côté très collectiviste du propos, qui plus est pour une production américaine (on imagine sans  […]

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lundi 01 novembre 2021

Spetters, de Paul Verhoeven (1980)

spetters.jpg, oct. 2021

Le sexe et l'argent Verhoeven dans sa phase hollandaise (une expérience de réalisation semée d'embûches qui le poussera à émigrer aux États-Unis) ne ressemble à pas grand-chose d'autre au cinéma, et ne serait-ce que pour ça des films imparfaits comme Spetters méritent le détour. Un avant-goût de la  […]

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mardi 19 octobre 2021

City of the Sun, de Rati Oneli (2017)

city_of_the_sun.jpg, oct. 2021

Effets de style dans une ancienne cité minière géorgienne La matière est là, évidente, immense, dans une ancienne ville minière prospère aujourd'hui presque abandonnée. Une ville fantôme située en Géorgie occidentale, Chiatura, dans laquelle les vestiges d'une gloire passée, à l'époque où elle  […]

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dimanche 17 octobre 2021

Les Bêtes, de Ariane Doublet (2001)

betes.jpg, oct. 2021

"Quel métier !" Le plan initial donne le ton : on y voit un vétérinaire derrière une vache, en pleine fouille, un bras enfoncé jusqu'à l'épaule dans le cul de l'animal (il se trouve que chez la vache, l’éloignement des ovaires correspond exactement à la dimension d'un bras d'homme ; chez  […]

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jeudi 14 octobre 2021

A Hole in the Head, de Eli Kabillio (1998)

hole_in_the_head.jpg, oct. 2021

Trou story Des gens qui racontent que c'est chouette de se faire des trous dans le crâne. Pas trop gros, pas trop profonds, et au bon endroit quand même, ils sont pas fous. Avec même des petits tutos pour faire ça à la maison, en DIY, face à un miroir. Voilà le contenu du très explicite A Hole in  […]

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