jeudi 29 juillet 2021

Les Enfants du ciel, de Majid Majidi (1997)

enfants_du_ciel.jpg, juil. 2021
Un dilemme de chaussures

Transposée dans un autre contexte, un autre pays, il y a fort à parier que l'histoire de Les Enfants du ciel deviendrait sirupeuse et vaine. Mais c'est précisément son contexte, un quartier pauvre d'une ville iranienne, qui lui donne tout son intérêt : en suivant les péripéties d'un frère et de sa sœur suite à la disparition d'une simple paire de chaussures, événement qui les contraint à devoir partager une unique paire restante, on accède à une part d'intimité particulièrement attendrissante. Les performances des jeunes acteurs amateurs sont géniales, si ce n'est la propension du petit garçon à verser une larme : disons que son regard de cocker battu se suffit largement à lui seul tant il exprime une tristesse abyssale quand il veut. On sait pourquoi ce gamin a été retenu au casting, sans l'ombre d'un doute.

Beaucoup d'angoisse traverse le film, jalonné par les mésaventures des deux enfants, entre la maison et l'école, sans jamais oublier de parsemer un peu de d'ironie régulièrement. Une bonne partie du film traite de la vie ordinaire en Iran, sans se tourner clairement vers le documentaire, et il s'en dégage une impression de réalité plutôt agréable, en tous cas qui s'accommode très bien de la fiction enfantine. On est en plein dans l'innocence de l'enfance, avec la gravité des enjeux à la hauteur du monde d'un enfant de 9 ou 10 ans — c'est-à-dire quelque chose de beaucoup moins sérieux qu'un autre film iranien sorti la même année, le très beau Un instant d'innocence de Mohsen Makhmalbaf.

C'est un peu le pendant iranien d'un Ozu ou d'un Shimizu, donc : le suspense développé ici s'organise autour des contraintes des enfants, avec ce relais quotidien pour partager une même paire de chaussures entre frère et sœur qui se transforme en une course effrénée — un entraînement qui se montrera bien utile sur la fin. L'occasion de parcourir les ruelles des quartiers populaires de Téhéran, un peu comme chez Kiarostami, avec ici une hypertrophie notable des sensations, de joie et de peur. L'histoire est globalement expurgée de tout misérabilisme mais actionne parfois pas mal le levier du pathos (ces yeux et ces larmes, faut dire...) et de l'attente (les ralentis un peu abusifs dans la course finale). Mais il en résulte une simplicité et une candeur empreintes de douceur.

garcon.jpg, juil. 2021 fille.jpg, juil. 2021 course.jpg, juil. 2021

mardi 27 juillet 2021

The Endless Summer, de Bruce Brown (1966)

endless_summer.jpg, juil. 2021

Carpe diem en surf De The Endless Summer, je retiendrai avant tout les plans à la GoPro 40 ans avant l'invention de la GoPro, la caméra collée à l'avant de la planche, ainsi que l'ambiance terriblement envoûtante du milieu des années 1960, en compagnie de deux jeunes surfeurs californiens qui  […]

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samedi 24 juillet 2021

Herbes flottantes, de Yasujirō Ozu (1959)

herbes_flottantes_A.jpg, juil. 2021

Les amants crucifiés Il se produit quelque chose entre Ozu et la pellicule couleur que je n'ai, je crois, jamais ressenti ailleurs. La superbe restauration de Herbes flottantes, remake 25 ans plus tard du presque homonyme Histoire d'herbes flottantes, ne fait que renforcer ce sentiment, comme si  […]

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mercredi 21 juillet 2021

Petulia, de Richard Lester (1968)

petulia.jpg, juil. 2021

Fragments de chaos amoureux Kaléidoscopes d'émotions, d'images et de sensations que ce film de Richard Lester, décidément bien loin des comédies du côté des Beatles type A Hard Day's Night et des suites de Superman, engagé ici dans une peinture de la fin des années 1960. Il ne sera pas question du  […]

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samedi 17 juillet 2021

Law and Order, de Frederick Wiseman (1969)

law_and_order.jpg, juin 2021

"Les dents sont des vraies, pas étonnant que j'arrive pas à les enlever !" Le "law and order" du titre, formule éminemment conservatrice maintes fois reprises, fait avant tout référence, dans le film de Wiseman, au discours que Richard Nixon martela lors de la campagne  […]

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vendredi 16 juillet 2021

Les Adieux à Matiora, de Elem Klimov (1983)

adieux_a_matiora_A.jpg, juin 2021

Chronique d'un exil forcé Atmosphère étouffante sur l'île russe de Matiora, plongée dans un brouillard épais. Un barrage hydro-électrique va être construit dans la région, dans le but d'alimenter en électricité l'industrie récemment implantée. Tout de suite, Elem Klimov plante le décor avec force  […]

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mercredi 14 juillet 2021

Randonnées en étoile autour du col, du refuge et des boums de Vénasque, près de Luchon

carte3D_modif.jpg, juil. 2021

Profitant d'une fenêtre de quelques jours ensoleillés au milieu des orages de juin, conjurant ainsi la malchance qui nous avait détournés de la région pendant plusieurs années, nous sommes partis nous dégourdir les jambes et nous rafraîchir la tête dans la célèbre vallée luchonnaise. A l’extrême sud  […]

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lundi 12 juillet 2021

Bastogne, de William A. Wellman (1949)

bastogne.jpg, juin 2021

Les soldats oubliés Bastogne est l'un des films de guerre prenant pour support quasi-matriciel la Seconde Guerre mondiale le plus prototypique que j'aie vu jusqu'à présent, dans son genre, c'est-à-dire le film de guerre désabusé sans être antimilitariste (la guerre du Vietnam n'est pas encore  […]

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dimanche 11 juillet 2021

Mark Dixon, détective, de Otto Preminger (1950)

mark_dixon_detective.jpg, juin 2021

"I'll fix your head. — I suggest you use an axe." Where the Sidewalk Ends est un archétype total du film noir, et de cette considération pourra naître deux réactions opposées, l'adhésion ou le rejet. L'occasion de se rendre compte, pour la énième fois, si besoin était, de la part  […]

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vendredi 09 juillet 2021

In Search of the Last Action Heroes, de Oliver Harper (2019)

search_of_last_action_heroes.jpg, juil. 2021

Nostalgie des 80s Même si j'ai trouvé ce "In Search of" consacré à l'âge d'or du cinéma d'action moins bien conçu et structuré que celui consacré au cinéma horrifique (dont je n'ai pas vu le "Part II" de 4h30, et qui donnait sans doute bien plus envie de découvrir des films, à  […]

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