lundi 21 septembre 2026

La Vengeance des 47 rōnin (元禄 忠臣蔵, Genroku chūshingura), de Kenji Mizoguchi (1941)

vengeance_des_47_ronin.jpg, 2026/08/19
La voie du bon samouraï

Peut-on faire plus long et austère qu'un chanbara en noir et blanc de 3h40, essentiellement composé de plans longs et fixes, sans qu'aucun coup de sabre ne soit montré, et presque entièrement dédié à la réflexion sur la frontière parfois très mince qui sépare la préservation d'un honneur bafoué et l'exécution d'une vengeance froidement calculée ? Avec en prime tout un pan semi-encyclopédique puisque le film raconte un épisode de l'histoire japonaise classique de l'époque d'Edo, en englobant toutes les implications et intrications politiques que comportent ce genre de récit. Cerise sur le gâteau, La Vengeance des 47 rônin fut tourné en 1940, ce qui contraint Kenji Mizoguchi à l'exercice du film de commande doublé du film de propagande, avec sa série de contraintes techniques et morales passant plus ou moins sous les radars d'un œil occidental.

Malgré tout, à partir du moment où l'on accepte les règles du jeu pour le moins opposées à celle du remake états-unien de Carl Erik Rinsch de 2013 avec Keanu Reeves et Hiroyuki Sanada, l'exercice de style peut comporter un lot de plaisirs cinéphiles plutôt conséquent. Car presque par définition, en choisissant de reléguer les règlements de compte et les scènes d'action au hors-champ (en allant jusqu'à raconter une de ces dernières au travers de la lecture d'une lettre), c'est un film qui se dédie totalement à ces moments classiques des chanbaras où les protagonistes dissertent sur le sort qu'il convient de réserver à tel ou tel coupable ou fautif, généralement insérés entre deux séquences de mise en scènes desdites séquences d'action. Un peu comme s'il s'agissait d'un zoom, d'une fractale, d'une mise en abyme, avec une sorte de film dans le film transformant une dizaine de minutes en près de quatre heures.

Car La Vengeance des 47 rônin peut se voir comme une chronique de la loyauté à grande échelle, se traduisant selon la perspective en plan de vengeance ou en application du bushido au sein d'un groupe conséquent de samouraïs devenus ronin suite à la mort injuste de leur maître. Bien sûr le refus radical du spectaculaire impose une rigidité dramaturgique qui peut s'avérer rebutante, voire difficile à digérer avec sa forte concentration en dialogues longs et parfois obscurs. En tous cas j'ai trouvé passionnant le questionnement sur la nature même de l'action, avec entres autres considérations le risque de laisser le crime originel impuni dans le seul but d'être certain de tuer le coupable ou encore les attitudes les plus adaptées à l'application des codes du bushido (avec la fameuse notion du "vrai" et "bon" samouraï).

img1.jpg, 2026/08/19 img2.jpg, 2026/08/19 img3.jpg, 2026/08/19 img4.jpg, 2026/08/19 img5.jpg, 2026/08/19

lundi 14 septembre 2026

U Are the Universe (Ти — космос), de Pavlo Ostrikov (2025)

u_are_the_universe.jpg, 2026/07/22

Solitude intersidérale Je dois avoir un penchant pour les films de science-fiction dans l'espace qui travaillent la thématique de la solitude, en tous cas sur ce créneau les productions d'envergure modérée parviennent à captiver mon attention et à susciter des émotions de manière assez surprenante.  […]

Lire la suite

mercredi 09 septembre 2026

The World Will Tremble, de Lior Geller (2025)

world_will_tremble.jpg, 2026/07/22

Évasion, information Le sujet est tellement fort qu'on peine à croire qu'il s'agit de la première adaptation au cinéma : The World Will Tremble raconte l'histoire du premier témoignage parvenu à l'extérieur des camps de la mort nazis, à Chelmno, avant le recours aux camps de concentration comme  […]

Lire la suite

vendredi 04 septembre 2026

Fantôme utile (eีใช้ได้ค่ะ, Phi chaidai kha), de Ratchapoom Boonbunchachoke (2025)

fantome_utile.jpg, 2026/07/22

Fantôme, réincarnation, exorcisme et aspirateur Entre le contexte de production thaïlandais, la tonalité de comédie noire mêlée à un récit fantastique sur le thème de la possession (par des fantômes) d'objets du quotidien, une romance entre un homme et un aspirateur (possédé par sa femme après sa  […]

Lire la suite

lundi 24 août 2026

Images du vieux monde (Obrazy starého sveta), de Dušan Hanák (1972)

images_du_vieux_monde.jpg, 2026/07/22

Chroniques paysannes tchécoslovaques fragmentées Il m'a manqué quelque chose dans Images du vieux monde pour que les témoignages, au centre du documentaire, produisent réellement les effets recherchés. Le film tchécoslovaque d'à peine plus d'une heure file à toute vitesse selon trois modalités  […]

Lire la suite

jeudi 20 août 2026

Center Stage (阮玲玉, Ruan Lingyu), de Stanley Kwan (1991)

center_stage.jpg, 2026/07/22

"When women stand up, it doesn't necessarily mean men are falling down. We can stand up together in this large world." Je me suis littéralement jeté sur ce film après avoir découvert Ruan Lingyu dans La Divine, sa dernière interprétation avant son suicide en 1935, un personnage  […]

Lire la suite

lundi 17 août 2026

Elle entend pas la moto, de Dominique Fischbach (2025)

elle_entend_pas_la_moto.jpg, 2026/07/22

Chronique de failles familiales Le hasard fait que parmi les œuvres recensées dans ma liste des meilleurs films vus récemment, le premier et le dernier (en termes chronologiques) correspondent à des documentaires ayant pour thème la surdité — entre autres choses, les deux n'ayant pas grand-chose à  […]

Lire la suite

dimanche 09 août 2026

Du rouge pour un truand (The Lady in Red), de Lewis Teague (1979)

du_rouge_pour_un_truand.jpg, 2026/07/22

"You ever seen the Pacific? Everybody should see it once before they are plowed under." Comme beaucoup, j'associe le nom de Lewis Teague à deux (films que je considère comme des) navets animaliers très marqués par la décennie des 1980s, L'Incroyable Alligator et Cujo. Aussi, la découverte  […]

Lire la suite

- page 1 de 201

Haut de page