Exercice de style baroque, très typé cinéma indépendant états-unien des années 2000, confectionné à partir de bouts de ficelles mais débouchant sur une anthologie plutôt honorable sur des thématiques de science-fiction ayant trait de près ou de loin aux robots. Un film composé de 4 segments, 4 courts-métrages d'une grosse vingtaine de minutes, chacun focalisé sur un environnement original et bien déterminé à la Twilight Zone, avec pour dénominateur commun la mise en problématique d'une interaction entre robots et humains. Un mouvement commun peut également être observé, à travers l'influence que le robot peut avoir sur l'être humain, changeant sa perception du monde. Curieuse bizarrerie, souvent maladroite mais suffisamment intrigante pour ne pas être désagréable.
Le premier récit intitulé "My Robot Baby" propose une réflexion sur le thème de l'adoption, qui se trouve permise pour un couple donné uniquement après avoir passé un certain temps à s'occuper d'une bébé robot. Un épisode de leur projet parental baptisé "baby trial", sorte de Tamagotchi en version réelle, plus proche d'un R2-D2 simplifié, émettant plein de petits bruits pour simuler un inconfort, une faim, etc. Le robot enregistre tout les traitements qu'il reçoit et en fonction des résultats, le couple pourra ou non adopter un véritable enfant. Petite critique satirique des personnes trop préoccupées par leurs carrières et n'allouant pas assez de temps à leurs semblables, progéniture comprise, avec quelques blagounettes — notamment le père de la future mère adoptive qui l'aide à reprogrammer le bébé-robot pour qu'il soit moins pénible de s'en occuper.
Le second, "The Robot Fixer", s'attache à décrire le désespoir d'une mère dont le fils est tombé dans le coma et n'en sortira probablement pas. Elle se referme sur ses souvenirs avec son enfant plus jeune, et en particulier sa collection de robots, chaque jouet étant associé à une pensée du passé. Elle découvre qu'il manque une pièce d'un des robots, et se lance dans une quête complétiste pour reformer la collection entière, dans l'espoir que cela aide son fils alité à reprendre conscience. Esquisse d'un amour maternel, son jusqu'au-boutisme, son aveuglement, sa tendresse, son obstination.
"Machine Love" met en scène dans un troisième temps un androïde conçu spécialement pour travailler, le genre de robot qui sort de l'usine et se dirige tout seul comme un grand vers l'entreprise qui l'a acheté afin d'y accomplir les tâches requise. Variation sur le thème du travail délégué aux machines qui résonne étrangement avec nos considérations très contemporaines concernant l'IA, avec ce rêve chez certains néo-esclavagistes de pouvoir faire travailler 24 heures sur 24 de la main d'œuvre qui ne s'en plaindrait pas aux syndicats. Étonnamment le segment embraye sur une thématique sentimentale, à mesure que le travailleur constitué de circuits imprimés flashe littéralement sur un robot féminin travaillant dans l'entreprise voisine. Avec un final non moins étonnant...
Enfin, "Clay" clôt le cycle sur le volet à la fois doté du plus fort potentiel mais aussi le plus décevant : un monde dans lequel on peut devenir en quelque sorte immortel en transférant sa conscience sur un support électronique, et donc en abandonnant notre corps. Le protagoniste est un vieux sculpteur miné par la mort de sa femme, et se trouve écartelé entre le souhait de la rejoindre dans l'immortalité numérique et la volonté de conserver le contact tangible avec son art. Le tout en utilisant malgré tout la technologie pour raviver par une hologramme sa défunte épouse.






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