mercredi 04 février 2026

Robot Stories, de Greg Pak (2003)

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Réflexions robotiques

Exercice de style baroque, très typé cinéma indépendant états-unien des années 2000, confectionné à partir de bouts de ficelles mais débouchant sur une anthologie plutôt honorable sur des thématiques de science-fiction ayant trait de près ou de loin aux robots. Un film composé de 4 segments, 4 courts-métrages d'une grosse vingtaine de minutes, chacun focalisé sur un environnement original et bien déterminé à la Twilight Zone, avec pour dénominateur commun la mise en problématique d'une interaction entre robots et humains. Un mouvement commun peut également être observé, à travers l'influence que le robot peut avoir sur l'être humain, changeant sa perception du monde. Curieuse bizarrerie, souvent maladroite mais suffisamment intrigante pour ne pas être désagréable.

Le premier récit intitulé "My Robot Baby" propose une réflexion sur le thème de l'adoption, qui se trouve permise pour un couple donné uniquement après avoir passé un certain temps à s'occuper d'une bébé robot. Un épisode de leur projet parental baptisé "baby trial", sorte de Tamagotchi en version réelle, plus proche d'un R2-D2 simplifié, émettant plein de petits bruits pour simuler un inconfort, une faim, etc. Le robot enregistre tout les traitements qu'il reçoit et en fonction des résultats, le couple pourra ou non adopter un véritable enfant. Petite critique satirique des personnes trop préoccupées par leurs carrières et n'allouant pas assez de temps à leurs semblables, progéniture comprise, avec quelques blagounettes — notamment le père de la future mère adoptive qui l'aide à reprogrammer le bébé-robot pour qu'il soit moins pénible de s'en occuper.

Le second, "The Robot Fixer", s'attache à décrire le désespoir d'une mère dont le fils est tombé dans le coma et n'en sortira probablement pas. Elle se referme sur ses souvenirs avec son enfant plus jeune, et en particulier sa collection de robots, chaque jouet étant associé à une pensée du passé. Elle découvre qu'il manque une pièce d'un des robots, et se lance dans une quête complétiste pour reformer la collection entière, dans l'espoir que cela aide son fils alité à reprendre conscience. Esquisse d'un amour maternel, son jusqu'au-boutisme, son aveuglement, sa tendresse, son obstination.

"Machine Love" met en scène dans un troisième temps un androïde conçu spécialement pour travailler, le genre de robot qui sort de l'usine et se dirige tout seul comme un grand vers l'entreprise qui l'a acheté afin d'y accomplir les tâches requise. Variation sur le thème du travail délégué aux machines qui résonne étrangement avec nos considérations très contemporaines concernant l'IA, avec ce rêve chez certains néo-esclavagistes de pouvoir faire travailler 24 heures sur 24 de la main d'œuvre qui ne s'en plaindrait pas aux syndicats. Étonnamment le segment embraye sur une thématique sentimentale, à mesure que le travailleur constitué de circuits imprimés flashe littéralement sur un robot féminin travaillant dans l'entreprise voisine. Avec un final non moins étonnant...

Enfin, "Clay" clôt le cycle sur le volet à la fois doté du plus fort potentiel mais aussi le plus décevant : un monde dans lequel on peut devenir en quelque sorte immortel en transférant sa conscience sur un support électronique, et donc en abandonnant notre corps. Le protagoniste est un vieux sculpteur miné par la mort de sa femme, et se trouve écartelé entre le souhait de la rejoindre dans l'immortalité numérique et la volonté de conserver le contact tangible avec son art. Le tout en utilisant malgré tout la technologie pour raviver par une hologramme sa défunte épouse.

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lundi 02 février 2026

Love (Women in Love), de Ken Russell (1969)

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"There's a lust for passion and a greed for self-importance in love." Très curieux et intéressant film de début de carrière de Ken Russell, tout comme à peu près tout ce qu'a pu réaliser le cinéaste britannique au demeurant, invariablement original et intrigant à défaut de convaincre  […]

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samedi 31 janvier 2026

The Movie Orgy, de Joe Dante (1968)

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Orgie de bisseries 50s On est vraiment plus proche du délire potache d'étudiants que du long-métrage original à proprement parler, étant donné que The Movie Orgy se présente comme un travail de montage conséquent, agrégeant des centaines de films, publicités, émissions, cartoons et autres produits  […]

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mercredi 28 janvier 2026

Lamps, de Lamps (2007)

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Le futur groupe de Denée Segall enregistré chez Jay Reatard Un bon moment de Garage Punk made in Los Angeles, parfaitement conforme à ce qui est annoncé : enregistrement bien garage, esprit bien punk. Des morceaux assez courts en moyenne, autour de deux minutes, avec une ambiance très Noise  […]

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mardi 27 janvier 2026

America at Work. Lewis W. Hine, de Peter Walther (2018)

america_at_work_lewis_w_hine.jpg, 2026/01/18

Des regards et du travail du début du XXe siècle Je suis toujours partagé concernant ces recueils photographiques dans des formats intermédiaires comme celui-ci, à mi-chemin entre la carte postale minuscule, peu respectueuse du travail mais peu onéreuse, et le plein format presque A3 poussant à  […]

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lundi 26 janvier 2026

Manthan (The Churning), de Shyam Benegal (1976)

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Producteurs laitiers de toutes les contrées, unissez-vous Qui aurait pu croire qu'un film sur l'organisation des coopératives laitières indiennes et les luttes qu'elles ont menées pour se développer dans les contrées reculées de l'Inde rurale puisse aboutir à une film aussi stimulant et  […]

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samedi 24 janvier 2026

The Mastermind, de Kelly Reichardt (2025)

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“You’re not made for human eyes.” On n'y croit vraiment pas longtemps au sérieux de l'entreprise qui consisterait à prendre The Mastermind pour un heist movie sérieux et premier degré, avec options cambriolage d'un musée et vol de tableaux. Et il faut reconnaître à Kelly Reichardt un talent certain  […]

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mercredi 21 janvier 2026

Je sais où je vais (I Know Where I'm Going!), de Michael Powell et Emeric Pressburger (1945)

je_sais_ou_je_vais.jpg, 2026/01/06

Voyage aux Hébrides Manifestement I Know Where I'm Going! n'est pas la réalisation la plus élaborée du duo Michael Powell et Emeric Pressburger, mais pourtant elle jouit d'un charme romantique (et légèrement comique) qui a fini par m'envoûter dans des proportions que je n'ai pas du tout su  […]

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