mardi 28 juillet 2026

Hairspray, de John Waters (1988)

hairspray.jpg, 2026/06/03
Desperate dancing

Regarder cette comédie musicale de la fin des années 80 parodiant la mode des émissions télé de danse des années 1960 baignant dans leur jus raciste (entre autres) depuis notre année 2026 n'est pas de tout repos. Il faudrait que je complète la filmo de John Waters mais j'ai l'impression que c'est Hairspray qui marque le gigantesque tournant dans sa carrière, abandonnant son style trash de série B pour un domaine comique beaucoup plus grand public — mais toujours avec Divine, toujours aussi impressionnante, dans un double rôle savoureux ici. La tonalité adoptée est ouvertement grossière, et il y a une quantité considérable d'ingrédients qui en temps normal me donneraient la nausée, alors qu'au contraire, ils se condensent ici en un pastiche gentil et étonnamment premier degré (dans sa dénonciation) du cinéma hollywoodien des années 1950-1960. Je ne m'explique pas mon niveau d'appréciation.

C'est probablement le festival d'interprétations outrancières mais très maîtrisées qui maintient une ligne de flottaison plus que correcte. Je crois bien qu'il n'y a pas un seul personnage, principal ou secondaire, qui ne m'ait pas fait délirer, auquel je n'ai pas accroché. Tous les seconds rôles se déchaînent, sur la piste de danse du Corny Collins Show ou non. Bien sûr devant tout le monde il y a Ricki Lake, que j'ai trouvée incroyablement pertinente dans son rôle, que ce soit sur le terrain des espoirs (les auditions pour l'émission TV constituent le premier jalon à ce niveau, mais en réalité elle traverse le film avec un élan d'optimisme très net envers tout ce qu'elle entreprend) ou sur celui du symbole anti-grossophobe. La frontalité avec laquelle Hairspray traite des questions d'intolérance, de racisme et autres mécanismes réactionnaires, détonne totalement avec le côté très gentillet et presque familial de l'enrobage fourni par la mise en scène. Ce cocktail est aussi incroyable dans sa composition que dans ses effets.

Le film inclut une quantité astronomique d'apparitions remarquées et de caméos divers, que ce soit Debbie Harry débarquée de Blondie spécialement pour composer une mère abominable d'une compétitrice abominable, Ric Ocasek exfiltré de son groupe The Cars pour une courte séquence mémorable chez des hippies, ou encore Waters lui-même dans le rôle complètement déluré d'un psychiatre censé soigner une fille atteinte d'une maladie mentale selon ses parents — en réalité, jugée trop progressiste et ouverte d'esprit pour son époque et son milieu social. Le film emporte dans son sillage musical toutes les luttes antiségrégationnistes pour exploser les obstacles sociaux classiques dans la joie et la bonne humeur, avec un mélange bizarre de dureté (des problématiques) et de simplicité (des résolutions). Le déluge de costumes, maquillages et coiffures pour recréer une ambiance 60s pop et fantasmée s'accorde au final très bien avec les tubes pop de l'époque qui inondent l'intrigue et les danses. Rien à voir avec la transgression des années 1970 chez le cinéaste du type Desperate Living ou Pink Flamingos, mais cette ouverture n'est pas pour me déplaire.

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mercredi 22 juillet 2026

La Berceuse de la grande terre (大地の子守唄, Daichi no komoriuta), de Yasuzō Masumura (1976)

berceuse_de_la_grande_terre.jpg, 2026/06/03

Rude conquête de l'indépendance Deuxième film en couleur de Masumura que je vois, peu de temps après Tatouage (1964), mais manifestement La Berceuse de la grande terre appartient à un tout autre registre même si on reste dans le mélodrame (mais bon, Masumura a-t-il déjà fait autre chose ?). La  […]

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vendredi 17 juillet 2026

La Dernière Corvée (The Last Detail), de Hal Ashby (1973)

derniere_corvee.jpg, 2026/06/03

"It takes a certain kind of a sadistic temperament to be a Marine." Le côté extrêmement calibré de The Last Detail aka "La Dernière Corvée" constitue autant la base de son charme que les contours de ses limitations. Cinquante ans plus tard, il flatte parfaitement l'image que  […]

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lundi 06 juillet 2026

Tatouage (刺青, Irezumi), de Yasuzō Masumura (1966)

tatouage.jpg, 2026/03/24

La transformation Mon dernier Yasuzō Masumura vu commençait à remonter à un peu trop longtemps, autour d'un an, aussi regarder Tatouage s'est avéré tout particulièrement profitable pour raviver tout ça. Et par "tout ça", j'entends le combo de la mort que j'apprécie presque tout le temps,  […]

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jeudi 25 juin 2026

Vol. II, de Angine de Poitrine (2026)

vol_ii.jpg, 2025/01/29

Buzz buzz buzz, un peu de psych, un peu de clown Impossible d'être passé à côté de la méga hype de ces dernières semaines (c'était en février / mars), l'algo de YouTube m'ayant martelé leur récent live KEXP (excellent au demeurant) des dizaines de fois avant que je ne cède au visionnage. Le duo de  […]

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vendredi 19 juin 2026

Big Night, de Campbell Scott et Stanley Tucci (1996)

big_night.jpg, 2026/03/24

"Give people what they want, then later you can give them what you want." Le monde de la cuisine italienne professionnelle comme un carrefour thématique d'une étonnante diversité et d'une surprenante complexité : Big Night occupe une place de choix dans la section relative aux bizarreries  […]

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mardi 09 juin 2026

In the Soup, de Alexandre Rockwell (1992)

in_the_soup.jpg, 2026/03/24

"Well, you can't have everything." Le personnage de Steve Buscemi, réalisateur novice se démenant pour financer son premier film alors qu'il n'arrive pas à payer son propre loyer, dégage quelque chose de très attachant. Le capital sympathie ne provient pas uniquement de l'acteur lui-même,  […]

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lundi 18 mai 2026

Les Chevaux de feu (Тіні забутих предків, Тени забытых предков), de Sergueï Paradjanov (1965)

chevaux_de_feu.jpg, 2026/03/24

La beauté baroque des amants maudits Découvrir Les Chevaux de feu aujourd'hui, dans mon parcours cinéphile : quel bonheur. La preuve, encore une fois et si besoin était, que l'opiniâtreté finit par payer et que sur des chemins obscurcis d'embûches aux parfums de navet, on entrevoit de temps en  […]

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