mardi 04 août 2026

Les Bas-fonds de Frisco (Thieves' Highway), de Jules Dassin (1949)

bas-fonds_de_frisco.jpg, 2026/06/03
"I don't know what are you talking about, but I have a new respect for apples."

La grande originalité de ce film de Jules Dassin (son dernier réalisé aux États-Unis) tient au contexte socio-économique dans lequel le thriller noir se noue : le commerce des pommes, de la récolte dans les champs à la vente au marché de gros en passant par le transport routier. On sent dans Thieves' Highway une volonté très nette de dépeindre de nombreuses étapes du processus, avec une attention particulière sur les différentes phases transitoires — la négociation du prix entre convoyeur et producteur, le déplacement des tonnes de produits d'un point A à un point B en camions plus ou moins vétustes, la revente des fruits une fois arrivé dans les halles de San Francisco. Même si la première composante reste bien celle du film noir, qui prendra de plus en plus d'importance à mesure que l'intrigue se déploie, j'ai trouvé très intéressant cette façon de raconter la dureté des conditions de travail de cette poignée de personnages, protagonistes ou personnages de second plan. On manque de mourir écrasé sous le poids d'un camion en essayant de changer un pneu, conduire plus de 20 heures d'affilées traîne son lot de dangers de la route dans son sillage, le contact avec les commerçants mafieux se fait parfois au péril de sa cargaison (et de sa vie)... Cette vie n'est décidément pas de tout repos.

Dans le rôle principal, Richard Conte (qui ne m'avait jamais vraiment marqué jusqu'à présent) compose un personnage plutôt attachant, vétéran de la Seconde Guerre mondiale, au début engagé dans une relation amoureuse en toute naïveté, contraint de s'embarquer dans cette galère de pommes pour retrouver et confronter la personne responsable de l'accident et du handicap de son père — il a perdu ses jambes. Il croisera de nombreux autres paumés sur sa route, et la chose la plus réussie à ce niveau se trouve probablement dans la difficulté à cerner le positionnement de chacun d'entre eux : mis à part le grossiste véreux remarquablement interprété par Lee J. Cobb, tous et toutes conservent une part d'imprévisibilité très appréciable, évoluant dans une zone grise incertaine. C'est en particulier le cas de Valentina Cortese, personnage singulier à la lisière de tous ces mondes, vie nocturne, marché, et corruption. Il n'y a que ce happy end un peu étrange qui vient atténuer le trouble puissant du film, et ce dès le moment où la petite amie du héros se détourne de lui au creux d'un revirement vénal sorti de nulle-part. Cela dit, rien qui n'efface totalement l'image ultra marquante du coéquipier mort dans son camion en feu, au milieu des cageots de pommes explosés, après avoir raté un virage.

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vendredi 31 juillet 2026

Hundreds of Beavers, de Mike Cheslik (2024)

hundreds_of_beavers.jpg, 2026/06/03

Cartoon cocaïné Impossible de ne pas être un minimum sensible au délire gargantuesque de Mike Cheslik (et Ryland Brickson Cole Tews au premier plan devant la caméra) qui déballe dans un même mouvement franc et sincère sa cohorte de références cinématographiques et son humour potache teinté de  […]

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mardi 28 juillet 2026

Hairspray, de John Waters (1988)

hairspray.jpg, 2026/06/03

Desperate dancing Regarder cette comédie musicale de la fin des années 80 parodiant la mode des émissions télé de danse des années 1960 baignant dans leur jus raciste (entre autres) depuis notre année 2026 n'est pas de tout repos. Il faudrait que je complète la filmo de John Waters mais j'ai  […]

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mercredi 22 juillet 2026

La Berceuse de la grande terre (大地の子守唄, Daichi no komoriuta), de Yasuzō Masumura (1976)

berceuse_de_la_grande_terre.jpg, 2026/06/03

Rude conquête de l'indépendance Deuxième film en couleur de Masumura que je vois, peu de temps après Tatouage (1964), mais manifestement La Berceuse de la grande terre appartient à un tout autre registre même si on reste dans le mélodrame (mais bon, Masumura a-t-il déjà fait autre chose ?). La  […]

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vendredi 17 juillet 2026

La Dernière Corvée (The Last Detail), de Hal Ashby (1973)

derniere_corvee.jpg, 2026/06/03

"It takes a certain kind of a sadistic temperament to be a Marine." Le côté extrêmement calibré de The Last Detail aka "La Dernière Corvée" constitue autant la base de son charme que les contours de ses limitations. Cinquante ans plus tard, il flatte parfaitement l'image que  […]

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lundi 06 juillet 2026

Tatouage (刺青, Irezumi), de Yasuzō Masumura (1966)

tatouage.jpg, 2026/03/24

La transformation Mon dernier Yasuzō Masumura vu commençait à remonter à un peu trop longtemps, autour d'un an, aussi regarder Tatouage s'est avéré tout particulièrement profitable pour raviver tout ça. Et par "tout ça", j'entends le combo de la mort que j'apprécie presque tout le temps,  […]

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jeudi 25 juin 2026

Vol. II, de Angine de Poitrine (2026)

vol_ii.jpg, 2025/01/29

Buzz buzz buzz, un peu de psych, un peu de clown Impossible d'être passé à côté de la méga hype de ces dernières semaines (c'était en février / mars), l'algo de YouTube m'ayant martelé leur récent live KEXP (excellent au demeurant) des dizaines de fois avant que je ne cède au visionnage. Le duo de  […]

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vendredi 19 juin 2026

Big Night, de Campbell Scott et Stanley Tucci (1996)

big_night.jpg, 2026/03/24

"Give people what they want, then later you can give them what you want." Le monde de la cuisine italienne professionnelle comme un carrefour thématique d'une étonnante diversité et d'une surprenante complexité : Big Night occupe une place de choix dans la section relative aux bizarreries  […]

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