jeudi 08 octobre 2026

Femme, de Sam H. Freeman et Ng Choon Ping (2023)

femme.jpg, 2026/08/19
"I just feel sorry for you."

Le créneau choisi par Femme et la contribution apportée apparaissent tous les deux très intéressants, au sens où la thématique du revenge movie est très classique en soi tout en y associant une observation assez fine des mécanismes, tandis que la façon d'élaborer une relation entre les deux protagonistes Jules et Preston préserve une grande part d'originalité et de pertinence. Et en premier lieu, il conviendrait de saluer les performances de Nathan Stewart-Jarrett et de George MacKay, que ce soit en termes d'interprétations individuelles ou de composition à deux : j'ai trouvé leurs interactions passionnantes, captivantes, subtiles, et en ce sens particulièrement prenantes.

Dans les 5 premières minutes le cadre est déjà posé, avec d'un côté le personnage de la drag queen et de l'autre celui de son agresseur — il suffit de rien en matière de mise en scène pour suggérer énormément de choses dans cette courte introduction, le triste effet grégaire qui conduit le second à tabasser le premier alors qu'il avait manifesté une attirance évidente lorsqu'il était seul. Et tout le film se passera du point de vue de la victime, le long d'un parcours lui aussi assez bien ficelé, entre (un peu) reconstruction et (beaucoup) planification d'une vengeance. Très bon équilibre trouvé ici, entre les passages classiques du genre sur le thème de la victime se transformant potentiellement en bourreau et vice-versa, laissant une bonne part à l'incertitude et à la suggestion. La transition entre les deux actes est un peu rapide, et donc abrupte à mes yeux, mais ne nuit pas au fond du propos. Le portrait qui en résulte est vraiment saisissant.

J'ai été un peu moins convaincu par la résolution, avec cette conclusion sous forme de catharsis sur scène suivie d'une baston. Pas hyper fan de ce message "la réparation peut aussi passer par l'expression artistique", du moins dans la façon de le mettre en scène, même s'il reste original encore une fois. Le scénario est de temps en temps peu crédible, comme notamment au domicile de MacKay (où certaines thématiques sulfureuses passent / sont éludées un peu trop facilement), mais ce n'est pas tant problématique. Le plus intéressant se situe du côté des deux dynamiques psychologiques : décisions inconsidérées pour l'un, avec l'incertitude concernant ce qu'il recherche, entre fantasme malsain et sentiments vrais naissants, et pour l'autre portrait d'un refoulement inhabituel, avec atténuation du côté mâle alpha à mesure que la relation s'apaise. Le regard porté sur l'empathie fragile et chaotique, d'un côté comme de l'autre, brille par sa justesse. Dans le fond, j'en viendrais presque à considérer Femme comme la chronique de deux romances ratées, partageant autant de plaisir que de souffrance.

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mercredi 30 septembre 2026

Manuel de management décomplexé, de Anthony Galluzzo (2026)

manuel_de_management_decomplexe.jpg, 2026/01/18

Revue de techniques de management (et de leurs contournements) Le dernier ouvrage d'Anthony Galluzzo m'a donné un peu plus de fil à retordre que les deux précédents, probablement en lien avec le côté catalogue thématique revendiqué par le format de manuel, adoptant la perspective cynique d'un  […]

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lundi 28 septembre 2026

Withnail et moi (Whitnail and I), de Bruce Robinson (1987)

withnail_et_moi.jpg, 2026/08/19

"I feel like a pig shat in my head." Film culte au Royaume-Uni mais relativement inconnu partout ailleurs, Withnail & I appartient à cette catégorie de comédies qui manient un humour noir donc la culture britannique a le secret, un mélange touchant d'acidité extrême et de désespoir  […]

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vendredi 25 septembre 2026

L'Échiquier du vent (شطرنج باد, Shatranj-e baad), de Mohammad Reza Aslani (1976)

echiquier_du_vent.jpg, 2026/08/19

Contes cruels de la bourgeoisie iranienne pré-révolutionnaire L'histoire du film, de sa censure au milieu des années 1970 à sa redécouverte improbable au milieu des années 2010, est presque aussi passionnante que l'intrigue de la fiction elle-même : avec ses thématiques chargées en violence,  […]

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lundi 21 septembre 2026

La Vengeance des 47 rōnin (元禄 忠臣蔵, Genroku chūshingura), de Kenji Mizoguchi (1941)

vengeance_des_47_ronin.jpg, 2026/08/19

La voie du bon samouraï Peut-on faire plus long et austère qu'un chanbara en noir et blanc de 3h40, essentiellement composé de plans longs et fixes, sans qu'aucun coup de sabre ne soit montré, et presque entièrement dédié à la réflexion sur la frontière parfois très mince qui sépare la préservation  […]

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lundi 14 septembre 2026

U Are the Universe (Ти — космос), de Pavlo Ostrikov (2025)

u_are_the_universe.jpg, 2026/07/22

Solitude intersidérale Je dois avoir un penchant pour les films de science-fiction dans l'espace qui travaillent la thématique de la solitude, en tous cas sur ce créneau les productions d'envergure modérée parviennent à captiver mon attention et à susciter des émotions de manière assez surprenante.  […]

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mercredi 09 septembre 2026

The World Will Tremble, de Lior Geller (2025)

world_will_tremble.jpg, 2026/07/22

Évasion, information Le sujet est tellement fort qu'on peine à croire qu'il s'agit de la première adaptation au cinéma : The World Will Tremble raconte l'histoire du premier témoignage parvenu à l'extérieur des camps de la mort nazis, à Chelmno, avant le recours aux camps de concentration comme  […]

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vendredi 04 septembre 2026

Fantôme utile (eีใช้ได้ค่ะ, Phi chaidai kha), de Ratchapoom Boonbunchachoke (2025)

fantome_utile.jpg, 2026/07/22

Fantôme, réincarnation, exorcisme et aspirateur Entre le contexte de production thaïlandais, la tonalité de comédie noire mêlée à un récit fantastique sur le thème de la possession (par des fantômes) d'objets du quotidien, une romance entre un homme et un aspirateur (possédé par sa femme après sa  […]

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