vendredi 17 juillet 2026

La Dernière Corvée (The Last Detail), de Hal Ashby (1973)

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"It takes a certain kind of a sadistic temperament to be a Marine."

Le côté extrêmement calibré de The Last Detail aka "La Dernière Corvée" constitue autant la base de son charme que les contours de ses limitations. Cinquante ans plus tard, il flatte parfaitement l'image que l'on peut avoir du Nouvel Hollywood, et ce notamment au travers de la figure emblématique de l'antihéros contestataire interprété par Jack Nicholson : pas encore au sommet de sa gloire, il incarne aux côtés de Otis Young un sous-officier de l'US Navy peu avare en réquisitoires orduriers, avec un penchant pour les colères de l'espace et la remise en question des ordres de l'armée. Il se fera un malin plaisir de déroger à la mission qu'on leur a confiée, à savoir convoyer un troisième marin (Randy Quaid) jusqu'à une prison militaire, en jouant avec les règles officielles et les délais impartis, afin de faire connaître à ce futur prisonnier de 18 ans quelques moments de bonheur avant l'enfermement pour une dizaine d'années.

C'est donc sans surprise que la mission se transforme en road movie à travers la nation états-unienne, outil narratif presque constitutif du registre cinématographique. Hal Ashby multipliera à ce titre les voyages allers et retours, les transports en commun, les séquences en bus ou en train. D'emblée on est acquis à leur cause : c'est un peu facile, mais les responsables hiérarchiques de l'armée sont tous dépeints comme des êtres peu aimables, et l'institution elle-même fait figure de carcan rigide dont les deux protagonistes s'écartent pour prendre un second souffle. La personne qu'ils doivent escorter en prison se révèle en outre totalement éloigné de l'image du grand bandit, puisqu'on a affaire à un grand dadais assez inoffensif, plutôt doux et inexpérimenté, avec simplement une tendance à la kleptomanie — il est accusé d'avoir essayé de voler l'argent d'une œuvre de bienfaisance organisée par la femme de l’amiral, mauvaise pioche, 40 dollars qu'il n'aura même pas touchés.

Forcément les 8 années de prison promises à Quaid pour ce délit mineur contrastent beaucoup avec son visage poupin tout doux vissé en haut de ses deux mètres tranquilles. Chronique d'une ultime virée, donc, au travers d'un continent peuplé de marginaux vivant le plus loin possible de toute forme d'autorité. Largement de quoi sceller une amitié avec les plaisirs de l'époque et du lieu — grosse murge à la canette, petit cheeseburger dans un diner, dépucelage maladroit dans un bordel, barbecue par -20°, etc. — au creux d'un voyage initiatique sur mesure pour profiter des derniers instants de liberté. Mais la gueule de bois sera tout aussi conséquente, avec son gros shoot de désillusion dans les dernières minutes.

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lundi 06 juillet 2026

Tatouage (刺青, Irezumi), de Yasuzō Masumura (1966)

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La transformation Mon dernier Yasuzō Masumura vu commençait à remonter à un peu trop longtemps, autour d'un an, aussi regarder Tatouage s'est avéré tout particulièrement profitable pour raviver tout ça. Et par "tout ça", j'entends le combo de la mort que j'apprécie presque tout le temps,  […]

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jeudi 25 juin 2026

Vol. II, de Angine de Poitrine (2026)

vol_ii.jpg, 2025/01/29

Buzz buzz buzz, un peu de psych, un peu de clown Impossible d'être passé à côté de la méga hype de ces dernières semaines (c'était en février / mars), l'algo de YouTube m'ayant martelé leur récent live KEXP (excellent au demeurant) des dizaines de fois avant que je ne cède au visionnage. Le duo de  […]

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vendredi 19 juin 2026

Big Night, de Campbell Scott et Stanley Tucci (1996)

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"Give people what they want, then later you can give them what you want." Le monde de la cuisine italienne professionnelle comme un carrefour thématique d'une étonnante diversité et d'une surprenante complexité : Big Night occupe une place de choix dans la section relative aux bizarreries  […]

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mardi 09 juin 2026

In the Soup, de Alexandre Rockwell (1992)

in_the_soup.jpg, 2026/03/24

"Well, you can't have everything." Le personnage de Steve Buscemi, réalisateur novice se démenant pour financer son premier film alors qu'il n'arrive pas à payer son propre loyer, dégage quelque chose de très attachant. Le capital sympathie ne provient pas uniquement de l'acteur lui-même,  […]

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lundi 18 mai 2026

Les Chevaux de feu (Тіні забутих предків, Тени забытых предков), de Sergueï Paradjanov (1965)

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La beauté baroque des amants maudits Découvrir Les Chevaux de feu aujourd'hui, dans mon parcours cinéphile : quel bonheur. La preuve, encore une fois et si besoin était, que l'opiniâtreté finit par payer et que sur des chemins obscurcis d'embûches aux parfums de navet, on entrevoit de temps en  […]

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mardi 12 mai 2026

La Divine (神女, Shén nǚ), de Wu Yonggang (1934)

divine.jpg, 2026/03/24

"Que les ragots sont effrayants !" Il suffit souvent d'un détail pour faire passer un film appartenant à un registre donné bien identifié du statut de énième variation peu passionnante à celui de singularité attrayante, il me semble. Le cas de La Divine se démarque du tout-venant du  […]

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jeudi 07 mai 2026

La Terre jaune (黄土地, Huáng tǔdì), de Chen Kaige (1984)

terre_jaune.jpg, 2026/03/24

Désespoir discret et désillusions silencieuses Le tout premier film de Chen Kaige appartient à cette catégorie de cinéma lent, sobre, un peu taiseux, à combustion lente, et donc les qualités principales passent davantage par l'ambiance et la mise en scène que d'autres éléments plus classiques,  […]

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