lundi 10 décembre 2018

Mai Morire, de Enrique Rivero (2013)

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Divagations sur les rives du Styx

Au fil du temps, des explorations cinéphiles et des découvertes étonnantes ou incongrues, les films comme Mai Morire se font (chez moi) de plus en plus rares. Des œuvres qui proposent un univers extrêmement codifié, baignant dans une atmosphère très travaillée, et dont les excès ou carences volontaires (ou, dit autrement, les choix artistiques clivants) ne constituent pas autant de freins à l'adhésion ou à l'immersion. Des films dont l'originalité affûtée n'est ni synonyme d'esbroufe, ni vectrice de rejet. Un sentiment éminemment subjectif, bien sûr, mais qui se tarit au cours du temps, inexorablement.

Enrique Rivero inonde Mai Morire de scènes prises sur les canaux de Xochimilco (un quartier de Mexico), sous forme de promenades répétées, d'allées et venues entre maisons isolées. L'histoire importe peu, au final : on saura tout juste qu'il est question du retour d'une femme dans les environs où elle a grandi pour s'occuper de sa mère âgée et malade. Les liens avec les membres de sa famille et autres voisins ne seront qu'esquissés. Il s'agit avant tout d'une invitation à une sorte de méditation lacustre — l'occasion est trop belle pour ne pas dégainer le qualificatif.

La dimension graphique du voyage revêt très vite une importance décisive, même si certains plans extérieurs au contre-jour trop étudié sont un peu trop évidents, un peu trop insistants, et ne laissent pas la suggestion faire son travail dans ce qui s'apparente à des peintures bucoliques à la lisière de l'onirisme. L'agonie est un peu longue, poussive dans sa durée exagérée ; la métaphore du conte en guise de conclusion, aussi belle et enchanteresse soit-elle, un peu trop naïve. On vogue entre la vie et la mort, entre rêve et réalité, entre des détails du quotidien et une mystique diffuse. La lenteur et le mutisme de l'ensemble en rebutera plus d'un, du fait du minimalisme qui s'en dégage, mais ces divagations autour d'un Styx mexicain embrumé m'auront doucement ensorcelé l'espace d'un instant.

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vendredi 07 décembre 2018

Brewster McCloud, de Robert Altman (1970)

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Envolée émancipatrice marquée du sceau de la fiente Avec That Cold Day in the Park, Le Privé et surtout Trois Femmes, Brewster McCloud entérine l'attrait de Robert Altman pour l'étrange et parachève un portrait très singulier de l'auteur, dans un style décidément très éloigné de tout ce que ses  […]

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mercredi 05 décembre 2018

Un Drame au studio, de Anthony Asquith et A. V. Bramble (1928)

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Histoire d'étoiles filantes Il serait sans doute bien présomptueux d'établir une filiation directe entre Un Drame au studio et le film le plus connu d'Anthony Asquith, L'Ombre d'un homme (The Browning Version), mais il reste tentant de trouver un point commun, à cheval entre cinéma muet et cinéma  […]

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mercredi 28 novembre 2018

Trois Femmes, de Robert Altman (1977)

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Ballet existentiel autour de la féminité Parcourir l'univers quelque peu ésotérique de Trois Femmes lorsqu'on ne connaît Robert Altman qu'à l'aune de ses films les plus célèbres (M*A*S*H, John McCabe, Nashville, et sans doute le plus connu Short Cuts) est une expérience dotée d'un fort potentiel  […]

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mardi 27 novembre 2018

Le Sortilège du scorpion de jade, de Woody Allen (2001)

Le sortilège du Scorpion de Jade

"Germs can't live in your blood - it's too cold." Apprécier Le Sortilège du scorpion de jade a quelque chose de presque rassurant, sur la capacité à être agréablement surpris dans le registre de la comédie, et qui plus est dans les mailles de la filmographie de Woody Allen  […]

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lundi 26 novembre 2018

Le Privé, de Robert Altman (1973)

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"That's OK with me." A-t-on déjà vu un film policier dans lequel l'enquête à proprement parler avait aussi peu d'importance dans le déroulement de l'intrigue ? J'ai rarement ressenti un tel degré de détachement entre le registre théorique et son application, en tous cas. Robert Altman  […]

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vendredi 23 novembre 2018

More Iran, de Mohama Saz (2015)

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Mohama Saz, c'est un souffle de Rock psychédélique aux consonances turques, qui s'est catalysé au-dessus de Madrid. Une fusion entre les rythmes tribaux de Tinariwen et l'ambiance psyché envoûtante de Goat, avec des sonorités andalouses saupoudrées un peu partout. Totalement captivé par cet album,  […]

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jeudi 22 novembre 2018

Black Mountain Side, de Nick Szostakiwkyj (2014)

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Wendigo & bactéries antédiluviennes Black Mountain Side, même s'il ne semble avoir aucune prétention démesurée, aurait pu être un tout autre film, une sacrée bonne surprise, s'il avait évité quelques écueils assez dommageables. Dans cette base scientifique reculée, confinée dans une région  […]

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mercredi 21 novembre 2018

World Music, de Goat (2012)

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Goat, un groupe suédois qui a su mélanger la rythmique solide de percussions africaines avec des mélodies de Rock psychédélique. L'association peut paraître étonnante, hérétique pour certains, mais le résultat est là : des rythmes ensorcelants, des vibrations occultes et un univers païen renforcé  […]

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mardi 20 novembre 2018

John McCabe, de Robert Altman (1971)

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"If a frog had wings, he wouldn't bump his ass so much, follow me?" Il aura fallu passer par une sévère déconvenue, à travers le drame en carton Fool for Love, pour que Robert Altman revienne (de manière parfaitement anti-chronologique) avec ses arguments les plus solides et dépoussière  […]

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