vendredi 02 décembre 2022

Zvenigora - La Montagne sonnante, de Alexandre Dovjenko (1927)

zvenigora.jpg, déc. 2022
Mille ans pour faire coïncider bolchévisme et nationalisme ukrainien en URSS

Ce film d’Alexandre Dovjenko est le premier de la trilogie qu'il a consacrée à l'Ukraine avec les merveilleux Arsenal et La Terre, mais c'est un film qui détonne fortement avec le reste de sa filmographie (du moins la part que j'ai pu découvrir pour l'instant). D'un point de vue purement esthétique, il n'y a aucun doute, on s'inscrit dans l'état de l'art du cinéma soviétique avec une avalanche de techniques qui marquent fortement les esprits, que ce soit à travers le montage, les effets de ralenti, le symbolisme (peut-être moins présent ici que dans les deux autres films de la trilogie ukrainienne), ou ici la particularité des différents épisodes racontant un moment important de l'histoire nationale. Mais sur le fond du discours, j'avoue avoir été sidéré par la teneur du propos, à la fois conforme en un sens à la doctrine soviétique, mais aussi incroyablement iconoclaste en tentant une intersection entre bolchévisme et nationalisme.

En guise de préliminaire et pour dialoguer avec mon moi futur, je dois préciser que la succession d'épisodes, leur enchâssement, l'étendue du spectre observé couvrant le Moyen Âge jusqu'à la guerre civile russe, et la pluralité des points de vue m'ont pas mal perdu et ont rendu le visionnage difficile. On baigne dans une ambiance légèrement surréaliste, presque fantastique, via les divagations du personnage central du grand-père, accentuant le flou général. Mille ans d'histoire racontés entre réalité et fiction à deux fils antagonistes sur fond de trésor enfoui dans la montagne... il faut bien s'accrocher.

Une œuvre puissante, mais aussi obscure car un peu décousue, donc. L'ambition de Dovjenko est particulièrement démesurée, dans l'ampleur visée mais aussi dans la tentative de réconciliation des deux récits nationaux — chose que je n'avais jamais vue au cinéma. Un film soviétique traitant du folklore national en héritage, à travers diverses histoires de filiation, la tradition écrasée par la modernité à grand renfort de figures symboliques, etc. Les époques sont aussi nombreuses que les personnages, le rythme est complètement fou, et classique parmi les classiques, la musique contemporaine est aussi baroque qu'inappropriée, un supplice (je n'ai pas hésité à couper le son cette fois). Méga métaphore de l'âme nationale de l'Ukraine, avec des composantes spirituelles et nationalistes que tiraillent la fibre soviétique. Le questionnement sur les dégâts de la révolution et les spécificités culturelles m'a scotché, au sein d'un film de cette période.

img1.png, déc. 2022 img2.png, déc. 2022 img3.png, déc. 2022 img4.png, déc. 2022 img5.png, déc. 2022

jeudi 01 décembre 2022

Mamma Roma, de Pier Paolo Pasolini (1962)

mamma_roma.jpg, oct. 2022

"À ton âge, la seule femme dont tu as besoin, c'est ta mère." Premier film que l'on peut considérer "normal" que je vois chez Pasolini, faisant suite à 4 tentatives sur une quinzaine d'années marquées par des tonalités hautement subversives, expérimentales, excessives,  […]

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mardi 29 novembre 2022

Live at the Cathedral, de Moon Hooch (2017)

live_at_the_cathedral.jpg, nov. 2022

Moon Hooch était de passage à Toulouse en octobre pour un concert reporté, originellement programmé... la veille du tout premier confinement en mars 2020. L'occasion d'en remettre une couche, après un aperçu de leur premier album, avec cette captation live de 2015 dans la Cathedral Church of St.  […]

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lundi 21 novembre 2022

La Putain, de Ken Russell (1991)

putain.jpg, oct. 2022

"Oh, you got a flat. Need help pumping it up?" Ce film de Ken Russell (un de ses derniers pour le cinéma et le plus récent que j'aie vu, c'est-à-dire 20 ans après Les Diables par exemple) a beau être d'une simplicité presque banale, il se situe dans un alignement — presque parfait à titre  […]

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dimanche 20 novembre 2022

Just As I Am, de Bill Withers (1971)

just as i am.jpg, nov. 2022

Bill Withers, c'est avant tout pour les cinéphiles l'interprète du tube planétaire "Who Is He (And What Is He To You)?" que Quentin Tarantino utilisa dans Jackie Brown. Difficile de faire plus efficace en matière de Soul. Mais c'est aussi l'auteur d'un trio de premiers albums d'une  […]

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jeudi 17 novembre 2022

Muna Moto, de Jean-Pierre Dikongué-Pipa (1975)

muna_moto.jpg, oct. 2022

"Amour, donne-moi ta force, et cette force me sauvera." Quel agréable sentiment de dépaysement à l'occasion de cette tragédie romantique camerounaise ! Ce genre de moment, bien qu'imparfait, alimente une petite série de découvertes devenues extrêmement rares avec le temps et il faut  […]

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lundi 14 novembre 2022

Hello, de Mo'Some Tonebender (2001)

hello.jpg, nov. 2022

Mo'Some Tonebender, c'est un trio japonais de Garage Punk relativement obscur à la formation épurée à l'extrême : guitare-basse-batterie, et tout le monde se colle au chant. Hello est le second album d'une discographie qui en compte une quinzaine entre 2000 et 2015, et c'est de loin le meilleur  […]

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lundi 07 novembre 2022

André et les martiens, de Philippe Lespinasse (2016)

andre_et_les_martiens.jpg, sept. 2022

"Si Michel-Ange l'a fait, pourquoi pas moi ?" Les méandres du sujet de André et les martiens deviennent progressivement tangibles à mesure que la petite heure du documentaire se déroule. Philippe Lespinasse nous embarque dans un voyage assez intime auprès d'artistes appartenant au courant  […]

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jeudi 03 novembre 2022

I Hope You OD, de Bad Mojos (2018)

i_hope_you_od.jpg, nov. 2022

Histoire de pas oublier les fondamentaux : un peu de Punk Garage bas du front par des Suisses en forme. Un album bourrin et sincère, répétitif et débile, emballé en 15 minutes sur 10 morceaux par Voodoo Rhythm. Rien de neuf, rien de technique, mais c'est simple et efficace. Un nouvel album est  […]

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mercredi 02 novembre 2022

Confession d'un commissaire de police au procureur de la république, de Damiano Damiani (1971)

confession_d-un_commissaire_de_police_au_procureur_de_la_republique.jpg, sept. 2022

Corruption de plomb Le cinéma italien des années de plomb est un terreau qui a vu naître pas mal de films contestataires très efficaces, de Dino Risi (Au nom du peuple italien, 1971) à Francesco Rosi (Cadavres exquis, 1976) en passant par Elio Petri (Enquête sur un citoyen au-dessus de tout  […]

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